"Vos désirs sont des ordres." [PV Lucifel]



 

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 "Vos désirs sont des ordres." [PV Lucifel]

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Mya W. Sullivan

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MessageSujet: "Vos désirs sont des ordres." [PV Lucifel]   Lun 3 Sep - 16:54

Mya filait à travers les couloirs de Cloverfield, comme tous les jours. Elle avait été chargée par le Prince de descendre à la cuisine lui chercher un verre de lait et des biscuits frais. C’est donc avec son entrain habituel qu’elle dévala les escaliers menant au rez-de-chaussée. Au passage, elle jeta un regard par les grandes vitres perçant les murs des couloirs, et sourit de toutes ses dents en voyant un soleil aussi radieux que son humeur suspendu dans le ciel bleu dépourvu du moindre nuage. La petite sourit et leva sa peluche en direction de la douce et chaude lumière.

« Tu as vu, monsieur Ib ? Il fait beau ! On pourra sortir tout à l’heure, si tu veux ! »

Laissant échapper un petit rire ravi, elle reprit son chemin en direction des cuisines. En cette fin de matinée, les cuisiniers étaient au travail depuis déjà une bonne heure afin de préparer à manger pour tout ce beau monde qu’abritait Cloverfield. Comme à chaque fois qu’elle mettait les pieds dans une pièce, on dévisagea Mya d’un drôle d’air, certains lorgnant sur le trèfle jaune cousu sur sa robe noire. Et, comme à chaque fois qu’elle entrait quelque part, on s’abstenait de faire la moindre réflexion à son sujet. Après tout, elle avait beau faire partie des plus jeunes et être haute comme trois pommes, elle n’en était pas moins un membre de la Lower Class, et un valet royal qui plus est. Et certains avaient été témoins de ses crises, les rendant encore plus méfiant vis-à-vis de la petite qui, pour l’heure, était toute entière dédiée à sa tâche.
On lui remit un verre de lait ainsi qu’un plat de biscuits à la cannelle tout juste sortis du four. Mya cala monsieur Ib à l’intérieur de sa robe, puis attrapa ce qu’on lui tendait et tourna les talons, s’en retournant à l’étage.
Sur le chemin, elle croisa d’autres orphelins qui fixaient avec gourmandise les friandises qu’elle tenait dans ses petites mains, et dont les effluves sucrées emplissaient l’air partout où elle allait. Elle se sentit mal de ne pas pouvoir leur en donner, mais ces gâteaux-là étaient pour le Prince et personne d’autre. Elle se dit cependant qu’elle essaierait d’aller en chercher de nouveau, au moins pour Ellen. Mya aimait bien Ellen. La jeune fille était gentille avec elle, et la renarde le lui rendait bien. Toute à ses pensées, elle entreprit de gravir les marches et traverser les corridors qui la menèrent enfin jusqu’à l’ancien bureau du directeur Kaufmann. Là, Lucifel l’attendait, assis devant le grand bureau où trônait le micro servant à passer toutes les annonces à l’orphelinat. Mya le voyait tripatouiller quelque chose, mais elle fut bien incapable de dire quoi. Sa petite taille ne lui permit pas de voir ce qui occupait tant son Altesse.
Elle déposa les biscuits et le verre de lait sur le bureau, puis ressortit sa peluche qui vint retrouver sa place au creux de ses bras frêles. La fillette s’inclina en faisant la révérence.

« Je peux faire quelque chose d’autre, monsieur le Prince ? »
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Lucifel J. Sveinsson

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MessageSujet: Re: "Vos désirs sont des ordres." [PV Lucifel]   Ven 16 Nov - 0:56

    Couché en travers de son grand lit, la tête renversée en arrière dans le vide, Lucifel regardait Mya d'un œil torve. Le manque cruel de valets commençait à lui peser. A part elle, Malice et Clarence, il n'y avait pas une seule nouvelle tête, un seul péquenot, capable de le servir couramment ici. Et encore, Mya était la seule valet royale, bien qu'il exploitât aussi les autres. Quelle calamité... Il allait devoir lancer de vastes campagnes de recrutement si cette grotesque situation se poursuivait... Tel qu'il était installé, le garçon voyait Mya à l'envers. Sa petite robe noir, sa petite tête de renardeau, ses grands yeux jaunes,... Tout était sans dessus-dessous mais cela ne changeait rien : c'était encore Mya. Non pas qu'il la détestât, mais il ne lui avait jamais voué une affection particulière. Il la tolérait et c'était déjà quelque chose de grand. Machinalement, il attrapa un petit étui en fer-blanc dans la poche de son short et l'ouvrit. Il en sortit à l'aveuglette une des cigarettes qu'il avait gentiment empruntées – à grands coups d'ordres bien sonnés – à Andreas. Le vice de la cigarette lui était venu dans son Islande natale quand, avec son groupe de suiveurs, ils en avaient volé aux adultes pour montrer aux « grands » – les gosses de quinze ans et plus – qu'eux aussi savaient avaler de la fumée. Oh, il avait toussé, toussé, craché et recraché ses poumons, il avait crapoté, mais maintenant, même s'il fumait très peu, Lucifer faisait presque comme les grands, les vrais. Parfois, ça lui prenait, dans ses moments de lassitude extrême comme à présent. Il tendit la cigarette à Mya, coincée entre son majeur et son index, ordonnant : « Allume. » Mya s'avança, prit la boîte d'allumettes sur la table de nuit et en craqua maladroitement une, s'y prenant à plusieurs reprise avant d'allumer le bout de la cigarette. Lucifer la porta à ses lèvres et inspira avant de souffler la fumée dans une longue expiration. Il intima d'une voix dure et sèche : « Eh bien ? Va me chercher mon goûter, grouille. »

    Il attendit que Mya soit partie pour relever la tête et rouler sur le ventre, posant son menton dans la main qui tenait la cigarette. Lucifel soupira bruyamment en jetant un regard maussade vers la fenêtre. Comme il haïssait ces jours mous et immobiles, ces jours de crachin qui sapaient son énergie et où la seule activité saine semblait être de rester au lit et dormir jusqu'à ce qu'il fasse meilleur... C'était un jour comme celui-ci qu'il était arrivé à Cloverfield, le 4 Octobre 1940. Un jour misérable avec un temps misérable. Pleuvioter, c'était le terme. Tss. Lucifer avait parfois l'impression que tous les jours importants de sa vie étaient encadrés par des pleuviotements. Sauf la mort de son père et son départ d'Islande. A la mort de son père, le temps était lourd et venteux, passionné et sauvage. A son départ d'Islande, il avait fait un grand soleil et les mouettes braillaient tout ce qu'elles avaient pu. Si seulement il avait pu prévoir que sa mère ne monterait pas sur le bateau... Elle l'avait abandonné là, sur un paquebot direction Plymouth, dans une cabine de troisième classe. Et faute d'argent et de crédibilité, il n'avait jamais pu repartir pour Reykjavík. Et quand bien même il aurait réussi, qu'aurait-il fait une fois sur place ? Il aurait fait du stop jusqu'à Djúpivogur, y serait arrivé après des jours et des jours de carriole et de charrette, et puis il aurait frappé à la porte du presbytère et aurait fait un grand sourire à sa mère en lançant un « Me revoilààà ! » ? Non. Elle avait dû déménager. Et quand bien même elle ne l'aurait pas fait, elle aurait préféré le tuer à coups de pelle plutôt que le faire rentrer chez elle...

    Lucifel eu un vif pincement au cœur. Il lui arrivait de pleurer sa mère, de la regretter, de se torturer sur le pourquoi du comment elle ne l'avait jamais aimée. La gorge nouée, Lucifel écrasa la cigarette à demi consumée sur le montant du lit. Il ne les finissait jamais de toute façon. Le garçon se leva et tourna un peu en rond avant de dénouer le ruban vert qui ornait le col de sa chemise et de déboutonner les deux premiers boutons. Il sortit une chaîne garnie de perles de bois espacées de son décolleté : un chapelet. Trop long pour lui, il descendait jusqu'à son bas-ventre et il le rangeait toujours bien à l'abri sous ses vêtements. La croix catholique au bout était montée à l'envers, telle que les disciples de Satan la porteraient. Lucifel n'avait jamais été vraiment sataniste, c'était de la pure provocation envers sa mère qui le haïssait et son père pasteur. Il l'avait bricolée lui-même quand il avait neuf ans et ne l'avait plus quittée depuis. C'était son talisman, ce chapelet.

    Pensif, le Prince marcha sans trop s'en rendre compte jusque dans le bureau du directeur disparu et s'assit derrière le bureau en châtaigner massif avec son plateau incrusté de cuir vert bouteille orné de dorures. Il tripotait nerveusement son chapelet en se balançant évasivement sur la chaise si bien qu'il ne remarqua pas tout de suite que Mya était revenue. En fait, ce fut l'odeur des biscuits à la cannelle – ses préférés avec ceux au gingembre – qui le tira de ses rêveries éveillées. Il leva ses yeux couleur d'orage sur la fillette et se tendit un peu pour la regarder par-dessus le bureau, les sourcils froncés. Elle posa l'assiette de biscuits et le verre de lait – il pourrait se nourrir de ça toute sa vie – sous son nez. Lucifer prit un biscuit et croqua dedans. Il plissa les yeux de satisfaction en sentant la chaleur sucrée du biscuit sur sa langue. Un délice... Il but ensuite une gorgée de lait entier et savoura l'instant, arborant un air serein. Puis il se rappela que Mya était toujours là et il la considéra d'un œil perplexe. Qu'allait-il bien pouvoir faire d'elle ? Là, comme ça, il avait envie de lui demander un truc pourri.

    « Dis-moi, Mya... », hasarda-t-il après un moment de réflexion en mastiquant la fin de son biscuit. « Qu'est-ce que tu disais... » Un sourire mauvais étira ses lèvres sans qu'il ne se rendit compte que sa faute de temps. « … de m'apprendre quelque chose aujourd'hui ? » Il se pencha à nouveau par-dessus le bureau et susurra : « Montre-moi de quoi les filles sont faites. »

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MessageSujet: Re: "Vos désirs sont des ordres." [PV Lucifel]   Dim 30 Déc - 22:06

Depuis que Lucifel était devenu Prince de Cloverfield, il n’était pas rare que certains de ses ordres et de ses envies aient été quelque peu ... étranges pour les autres orphelins, qui n’avaient cependant d’autre choix que de se plier à son bon vouloir et d’agir comme il le souhaitait. Son Altesse demande, son Altesse obtient. C’était la règle, et ceux qui avaient tenté de la transgresser l’avaient payé chèrement. Les quelques valets qui avaient à subir ses frasques plus régulièrement que les autres enfants pouvaient en témoigner : quelques unes de ses demandes étaient bien obscures parfois, voire carrément déplacées pour certaines. Mais encore fallait-il le comprendre avant de tomber dans le piège.
Mya était trop jeune, trop innocente et naïve pour se rendre compte d’un bon nombre de choses encore. Aussi, lorsque le garçonnet lui demanda si elle voulait bien lui apprendre quelque chose, elle sourit de toutes ses petites dents et hocha la tête, serrant sa peluche contre elle, trop contente de pouvoir aider le gamin aux cheveux aussi noirs que les siens.

« Bien sûr, monsieur le Prince ! Que vou ... voulez-vous savoir ? »

Comme souvent, elle tâtonnait encore un peu sur certains mots, certains constructions dans ses phrases, mais gardait toujours le même air enjoué et heureux de rendre service à autrui.
Enfin, cet air resta sur son visage jusqu’à ce que Lucifel fasse sa demande. La petite fille le regarda, un peu perplexe, en clignant ses grands yeux mordorés.

« Monsieur .. ? »

Elle n’avait pas compris pourquoi il lui demandait ça. Après tout, les filles étaient comme les garçons, non ? Faits les uns comme les autres dans la même matière, seuls les détails étaient différents pour que chacun puisse se reconnaître par rapport à son voisin.
Mais le Prince avait demandé quelque chose, et le petit valet avait bien l’attention d’y répondre aussi bien qu’elle le pouvait.

« Les filles sont faites avec ... »

Tirant un peu la langue tandis qu’elle se regardait en réfléchissant, elle désigna ses jolis souliers vernis.

« ... avec deux pieds, et puis deux jambes aussi, comme les garçons. »

Elle cala monsieur Ib contre elle et désigna les membres partant de ses épaules.

« Et pis, il y a deux bras, et pis deux mains. »

Elle montra sa robe, au niveau du torse.

« Et un ventre aussi, et puis là, quand les filles grandissent, c’est plus rond que chez les garçons. »

Elle pointait du doigt sa poitrine encore plate, qui n’avait même pas commencé à se développer. Elle se demandait parfois si, quand elle aurait grandit, elle aurait les mêmes formes que le Sycophante et le Mirage, de jolies courbes élégantes et bien faites. Est-ce qu’elle serait jolie, est-ce qu’elle aurait de plus longs cheveux et est-ce que monsieur Ib grandirait lui aussi étaient des questions qu’elle se posait parfois.
Mya remonta ensuite jusqu’à son visage.

« Il y a un nez, une bouche avec des dents, et puis deux yeux et deux oreilles aussi. »

De sa main libre, la renarde attrapa l’une de ses épaisses boucles noires qui encadraient son visage et retombaient dans sa nuque, frôlant ses épaules.

« Et puis, des cheveux aussi, qui changent de couleur pour chaque fille, comme chez les garçons. »

La petite fille recala sa peluche contre elle et se mordit un peu la lèvre dans un moue toute enfantine tandis qu’elle fronçait les sourcils, l’air très concentrée.

« Et puis ... euh ... »

Elle cherchait ce qu’elle aurait bien pu dire au Prince, ce qui était différent chez les filles de chez les garçons, de quoi elles étaient faites puisque c’était ce que son Altesse avait demandé.

Si seulement elle avait pu comprendre.
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MessageSujet: Re: "Vos désirs sont des ordres." [PV Lucifel]   Jeu 2 Mai - 17:23

    Lucifel observait Mya faire son ennuyeuse leçon d'anatomie en mastiquant son biscuit, ouvrant ostensiblement la bouche à chaque mastication pour appuyer le fait que ce qu'elle disait ne l'intéressait pas. Naïvement, elle énonçait les parties de son corps avec une candeur écœurante, sans voir où il voulait en venir. Mais où voulait-il en venir ? Ça ne l'intéressait même pas de voir ce qu'elle avait entre les jambes. Lucifel s'était toujours éperdument moqué du petit abricot des filles, même de celui de sa mère dont il avait désiré une relation platonique exclusive qu'il n'avait jamais pu obtenir malgré tous ses efforts. Le coude posé sur l'accoudoir de son fauteuil, il tendit la main vers son verre de lait pour le porter à ses lèvres, sans la lâcher du regard. Puis il le reposa avec un bruit mat et lécha soigneusement la moustache blanche au-dessus de ses lèvres. Le Prince reprit alors un biscuit le temps que Mya termine son exploration, avec son air d'innocence, sans savoir elle-même ce qu'elle faisait.

    Lucifel avait déjà vu des filles nues de toute façon. Même des plus âgées que Mya. Avec Oskar, son compagnon de jeu favori alors qu'il vivait encore en Islande, ils s'adonnait souvent à des missions d'infiltration qui les avaient déjà amenés à voir la mère de son compère nue ainsi que quelque couple d'adolescents venus se réfugier dans la paille irritante d'une grande pour s'y ébattre à l'abri des regards – qu'ils croyaient. Tous les gamins du village connaissait ce spot et venaient mater les amants qui faisaient l'erreur de s'y croire en sûreté. Ils étaient là, aplatit dans le grenier à foin pour observer les amoureux qui forniquaient en contrebas, gloussant dans leurs mains et sifflant quelques commentaires irrévérencieux.

    Pour le reste, il était déjà souillé lui-même, mais pas avec une femme. Sur le moment, il n'avait pas trop compris ce qui lui arrivait et comment il en était arrivé là. Il avait eu mal et il avait eu peur, mais il avait fini par en redemander, plus tard, une fois le choc passé. Il s'était rendu compte que ça lui donnait un ascendant certain sur Ezekiel et il ne s'en était pas privé dès lors, bien qu'il ne soit pas du genre à s'adonner si souvent que ça aux plaisirs de la chair.

    Le Prince se mit à bailler et agita la main : « Mya, Mya, laisse tomber, tu me donnes presque envie de pleurer avec tes explications. On dirait une comptine pour les bébés. » Il soupira et se glissa hors de son fauteuil. « Tu connaîtras ça un jour, je suppose. Quoique. » Nouveau soupir. Cette gamine était une trop grande plaie pour pouvoir attraper qui que ce soit dans ses filets, hein ? Lucifel s'essuya la bouche et défit le ruban vert qu'il portait autour du cou, sous le col de sa chemise, avant de déboutonner celle-ci par le haut. Il poursuivit tranquillement : « Cela dit, je peux t'offrir une fleur. » D'un calme olympien, le garçon s'approchait du valet à pas lents tout en poursuivant de se déboutonner. « Non. Comment on dit ? Te donner une fleur ? Te fabriquer une fleur ? … Hm. Non. Te faire une fleur. Stupide langue Anglaise. » Le Prince se planta devant elle en faisant sauter le dernier bouton de sa chemise blanche, révélant sa peau laiteuse tendue sur un torse osseux et un ventre plat. La croix à l'envers qu'il portait en chapelet scintillait paresseusement à la lueur de la lampe et, d'un coup, d'épaule, il rejeta sa chemise pour la faire glisser le long de ses bras minces. La croix oscilla au-dessus de son nombril avant de se stabiliser. La chemise chu sur le parquet ancien et Lucifel regarda Mya dans les yeux, bien droit. Il attrapa fermement son poignet et la tira vers lui jusqu'à se qu'elle se cogne doucement contre son torse nu. De son autre main aux doigts fins, il repoussa sa frange et l'agrippa pour lui renverser la tête en arrière, approchant ses lèvres des siennes. Tout proche d'elle, il murmura : « Et maintenant ? » Le Prince planta ses yeux sombres dans ceux, dorés, de la fillette et susurra tout bas : « Ég gæti tekið þig þar, nú hér, og enginn myndi vita neitt. » Je pourrais te prendre là, maintenant, ici même, et personne n'en saurait rien.

    Le garçon la lâcha et se détourna. A la lueur de la lampe, deux ou trois fines cicatrices presque effacées luisaient légèrement, barrant son dos, derniers vestiges des coups de bâton administrés par Homer Kaufmann de son vivant. « Je plaisante. Viens ici. » Il se dirigea en silence dans la chambre qu'il partageait avec Alix et ouvrit un coffre rangé dans un coin. Il faisait partie de de collection de costumes qui se trouvaient dans les loges du petit théâtre au rez-de-chaussée. Apparemment, le Prince s'en était approprié une partie. Il l'ouvrit et en sortit quelques vêtements qu'il posa sur une chaise. D'un petit bond, il s'assit sur le lit pour retirer ses souliers, ses chaussettes et son short plus à son aise. « Tu vas m'aider à m'habiller. » De la pointe du menton, il désigna les vêtements qu'il avait sorti. C'était une robe, des bas, un chapeau, un corset et des chaussures. Les bas étaient blancs, quoiqu'un peu tâchés, et les souliers étaient rouges et vernis, un peu passés. Le chapeau était également rouge avec de larges bords et décoré d'un ruban et d'une rose en tissu. Quant à la robe, elle était rouge et blanche, de style victorien avec moult froufrou, rubans et jolis nœuds, digne d'une coquette jeune fille de bonne famille. Lucifel sauta à bas du lit, en sous-vêtements, et désigna le corset. « Mets-moi ça en premier et assure-toi de le serrer correctement. Ce sera de ta faute si je ne ressemble à rien dans le cas où tu l'ajusterais mal. »

    Non sans un dernier regard perçant, Lucifel se tourna pour se mettre dos à elle, attendant patiemment qu'elle lui passe le corset. Il bougeait quand c'était nécessaire pour lui faciliter la tâche, retenant sou souffle quand elle serra les liens du vêtements dans son dos. « Plus fort, serre plus fort ! », intima-t-il en rentrant le ventre. Il aimait sentir les baleines lui rentrer presque dans la peau, se sentir étreint, compressé dans ce carcan possessif comme un amour transi... Quand ce fut fait, il regrimpa sur le lit et tendit une jambe frêle et fuselée. « Les bas maintenant. » Il posa les mains en arrière pour se stabiliser et la suivait attentivement du regard, ne la lâchant que pour jeter des coups d’œil fugitif au grand miroir en pied en face duquel il était assis. Machinalement, il tripota son chapeler blasphémateur en fixant son reflet dans les yeux tandis que Mya s'affairait à lui enfiler les bas blancs. N'allait-il pas se transformer en la plus délicieuse des enfants ? Il était assez efféminée pour que son déguisement fasse illusion. Le travestissement était un de ses jeux préférés. Mais il n'aimait pas y jouer seul. Mya ferait l'affaire...

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MessageSujet: Re: "Vos désirs sont des ordres." [PV Lucifel]   Lun 27 Mai - 14:38

Mya s’interrompit au moment même où Lucifel prit la parole à son tour. La fillette rentra un peu la tête dans les épaules, non pas parce qu’elle avait peur d’une quelconque réaction de la part du Prince, mais parce qu’elle n’avait pas su répondre à sa question et qu’elle l’avait ennuyé. Elle s’inclina légèrement.

« Je suis désolé, monsieur le Prince, je ne voulais pas vous a ... aga ... agacer. »

Elle avait eu du mal à se rappeler du mot exact, mais avait réussi à le prononcer sans trop de difficultés. Elle regarda le garçon glisser hors de son fauteuil et se demanda bien ce qu’il avait voulu dire.

« Connaître quoi, monsieur ? »

Elle n’eut pas de réponse à cette interrogation toute enfantine et d’une grande naïveté. A la place, elle écarquilla les yeux et rougit en voyant le corbeau commencer à se dévêtir. Timide et facilement impressionnable, elle était dans cet âge où l’on commence à avoir conscience de son corps et de celui des autres, et elle avait encore beaucoup de mal à appréhender la nudité de quelqu’un. Même ses frères aînés, lorsqu’ils étaient encore en vie, ne s’étaient pas montrés devant elle plus que torse nu, et cela lui faisait déjà monter le rouge aux joues. Alors, se retrouver là, face au Prince de Cloverfield qui plus est, avait quelque chose d’extrêmement gênant pour la petite fille qui ne savait plus où se mettre. Elle n’osait pas reculer, de peur que cela soit prit pour une insulte ou quelque chose de mauvais, mais ne savait pas quoi faire d’autre à part regarder ailleurs. Le visage enfoui contre sa peluche ronde, elle finit tout de même par relever les yeux.
Ses grandes prunelles dorées tombèrent sur le torse pâle et osseux du jeune garçon, sur les os saillants, sur le ventre plat et lisse sur lequel reposait un chapelet monté à l’envers. Mya ne savait pas ce qu’était un chapelet, ni ce que représentait cette croix inversée. Elle ne voyait que le mouvement de balancier imprimé au pendentif impie par les gestes de Lucifel. Redressant légèrement la tête, elle inspira un grand coup pour se donner un peu de courage et releva les yeux. Son regard croisa celui du Prince, qui ne cilla pas une seconde. Puis, sans qu’elle ait vraiment eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il lui saisit le poignet et l’attira à lui.
La petite devint plus rouge encore, mais cette couleur disparu bien vite lorsqu’il passa la main dans ses cheveux noirs et les agrippa pour lui tirer la tête en arrière sans ménagement aucun. Le visage de Mya devint d’une neutralité presque effrayante, et ses yeux bien ouverts révélaient des pupilles dilatées comme celle d’un animal aux aguets et près à bondir. Tout à coup, le Prince avait déclenché en elle quelque chose que sa peluche arrivait d’ordinaire à étouffer. Mais là, dans les tréfonds de son esprit pas aussi net qu’on aurait pu le croire, un instinct et une inhumanité froide s’éveillèrent.

Et maintenant, lui demanda-t-il.

« Et maintenant tu me lâches. »

La phrase avait claqué, calme et glaciale. En cet instant, la petite ne se préoccupait plus le moins du monde de leur différence de classe ou d’âge. Plus de hiérarchie, plus d’autorité, plus rien. Rien qu’un petit garçon qui avait été méchant, qui l’avait rendue bizarre et qui était beaucoup, beaucoup trop proche d’elle.
Elle l’écouta parler dans une langue qu’elle ne comprit pas sans ciller. Pas une fois elle n’avait cligné des paupières depuis qu’il l’avait collée à elle.
Lorsqu’il la lâcha finalement, elle ne pipa mot, serrant monsieur Ib contre elle. Le décor semblait un peu flou, parsemé de tâches de lumières venues des ampoules diffusant une chiche lueur dans le bureau de l’ancien directeur de Cloverfield.
Sans un bruit, elle suivit le souverain dans la chambre qu’il partageait avec la Princesse. Elle le regarda étaler des vêtements sur le sol, et écouta ses instructions sans broncher. Calant sa peluche dans sa robe, elle se saisit du corset et le passa autour de Lucifel. Elle serra les rubans qui maintenaient l’habit fermé, mais visiblement elle ne le fit pas correctement puisqu’il lui intima d’y aller plus fort.
Alors, obéissant à la requête de son suzerain, la petite fille lui enfonça son genou dans le dos pour maintenir le corset en place et tira de toutes ses forces, se souciant peu de briser les vertèbres du garçonnet.
Lorsqu’elle en eut terminé, elle passa aux bas, comme cela le lui fut demandé. Tandis qu’elle glissait l’accessoire d’un blanc passé le long de la jambe maigrelette tendue devant elle, elle ne cligna pas des yeux un seul instant. Elle se mit à parler doucement, d’une voix neutre et mécanique.

« Tu as vu, monsieur Ib ? Il s’habille en robe. Il s’habille comme une fille. Il se prend pour une fille. Mais c’est pas une fille, hein monsieur Ib. Alors, qu’est-ce qu’il est en vrai ? »

Tout en continuant de s’affairer, elle énonça clairement les mots suivants :

« Prince de poussière. »

En cet instant précis, Mya était à l’exact frontière entre son état normal et celui dans lequel elle entrait lors de ses crises. Le petit jeu de Lucifel avait fait vacillé sa raison que la maladie et son séjour à l’hôpital avaient bien amoché, et il ne tenait qu’à lui maintenant de la calmer ou bien de la faire s’enfoncer davantage encore dans sa folie latente.
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MessageSujet: Re: "Vos désirs sont des ordres." [PV Lucifel]   Lun 27 Mai - 16:15

Quelque chose avait changé chez la petite fille et il se surprenait à trouver ça plaisant, intriguant. Lucifel avait toujours aimé susciter des réactions inédites chez les autres, qu'elles soient positives ou négatives, dangereuses ou inoffensives. Or, cette fois, il lui semblé qu'il avait posé le doigt sur quelque chose de tout à fait ravissant. Quelque chose qui tranchait fortement avec ce que Mya lui montrait habituellement d'elle, à savoir pas grand chose ; la fillette étant aussi plate de caractère que de poitrine. Mais là, surgissant des cendres de son immobilisme niais, il voyait poindre une flamme. Le genre qui brûle bien. Et lui, qui n'aimait rien tant que se repaître de la lumière et de la chaleur des autres, dusse-t-il s'y carboniser un peu, voyait une source de distraction – de nourriture spirituelle – non négligeable. Alors il fit comme s'il n'avait rien entendu de sa réponse cinglante et se comporta comme d'habitude – odieusement et égoïstement – sans relever. Du coin de l’œil, pendant que la fillette exécutait ses ordres, il l'observait régulièrement, guettant avidement cette lueur trouble dans son regard, ce frémissement au coin des lèvres, cette ombre sur son visage. Ça lui rappelait un peu la façon dont Oskar changeait lorsqu'il était méchant avec lui, mais en plus sauvage. Quoiqu'une fois, le garçon si paisible et obéissant avait bien failli lui sauter à la gorge un jour où il l'avait trop poussé à bout. Ça lui rappelait la mine déconfite de son pasteur de père lorsqu'il récitait toutes les prières à l'envers et qu'il se signait à l'envers dans le seul but de le faire bisquer. Quand fièrement il scandait, à genoux sur la pierre froide, achevant son Notre Père : « … Xueic xua setê iuq erèp erton. » Avant de conclure : « Au nom du Saint – épaule gauche – Esprit – épaule droite – du Fils – ventre – et du Père – front –. » Mine de rien, il s'était donné un mal de chien à apprendre les prières les plus classiques à l'envers. Pour les autres, il se contentait de commencer par la phrase de la fin et de remonter vers le premier vers. Comme il avait pu se faire châtier pour tous ces affronts... Sveinn l'avait enfermé dans un placard sans lumière jusqu'à vingt-quatre heures parfois, sans la possibilité de subvenir à aucun de ses besoins naturels. Il lui avait bien entendu administré des coups de bâton, de ceinture ou de martinet, à moins qu'il ne l'ai fessé du plat de la main. Il avait été privé de repas, de jeux, parfois même de lit – il dormait alors dans la grange. Mais jamais il n'avait cessé et reprenait ses harcèlements après quelques jours de répit.

La provocation, c'était son truc à lui.

D'autant qu'il n'avait jamais eu un instinct de survie particulièrement saillant. Après tout, il s'était rendu plusieurs fois malade dans son enfance, au mépris du risque de finir par en mourir. Il dansait au bord des falaises et dévalait les éboulements escarpés. Il nageait loin, très loin, dans l'eau trop fraîche de l'océan et des torrents. Et surtout, il avait pris la tête d'un peuple d'enfants désespérés qui, à tout moment, pouvait se soulever et lui faire la peau. Lucifel avait conscience d'être sur le fil du rasoir, mais tant pis. Pour l'instant, il gagnait la partie.

Les yeux mi-clos, il savourait son ton neutre, froid et mécanique. Elle avait l'air d'un automate. Elle avait l'air possédée. Et c'était cette entité latente qui commençait à prendre possession d'elle que Lucifel désirait voir. Il voulait la chatouille un peu. Ou même beaucoup si elle réagissait plus vite que prévu. Étrangement, ses insultes à peine déguisées lui charmaient l'oreille. « Qu'est-ce qu'il est en vrai ? ». Aaah, ça, c'est une excellente question dont la réponse avait souvent fluctué. D'après certain, il était Prince. D'après d'autres, il était un freluquet. Il était aussi un garçon de ferme, un fils de pasteur, un gamin abandonné, un étranger venu de loin, très loin, au nord. Il était victime, il était bourreau. Il était fabuleux, rayonnant, parfait, vif, étonnant. Il était affreux, égoïste, sale, pourri, monstrueux. Alors qu'était-il en vrai ? Peut-être juste un gamin meurtri qui avait cédé à la boîte de Pandore qui, lentement, cicatrice après cicatrice, s'était rapprochée de lui, attendant juste qu'il l'ouvre. Peut-être juste un corps sans âme et sans cœur, marionnette sans vie manipulée par l'énergie de la vengeance. Une petite entité qui, poussée par la cruauté de son existence, avait déclenché quelque chose de grand que seuls les esprits tourmentés comme le sien pouvaient mettre en branle. Au final, peut-être n'était il rien du tout.

Prince de poussière, oui.

Lucifel se surprit à apprécier ce sobriquet. La poussière, c'est la mort, c'est la saleté, elle se laisse porter au gré des courants, elle envahit les maison si on n'y fait pas attention, elle se dépose partout, elle envahit tout, elle dépose son voile terne sur tout ce qu'elle touche. Et même lorsqu'on pense l'avoir éradiquée, elle est toujours là, quelque part, derrière un meuble ou imprégnant les tapis. Alors, quand tout redevient calme, elle reprend son inexorable conquête. « À la sueur de ton front, tu mangeras ton pain, et tu retourneras à la terre, car né de la poussière, tu redeviendras poussière. » La poussière, c'est toute chose. C'est un cycle. Dans ce cas, oui, il voulait bien être Prince de poussière.

Doucement, Lucifel la repoussa du pied et enfila la robe rouge par lui-même. Menu comme il était, il parvint à l'enfiler sans défaire les boutons dans le dos. Là, il chaussa les souliers rouges et se dirigea tranquillement vers la malle. Il y fouilla un bref instant et en sortit une perruque de longs cheveux noirs. Il l'épousseta et la coiffa de ses doigts avant de l'ajuster sur son crâne. Maintenant qu'on pouvait se la visualiser, la coiffure était très similaire à celle de Mya. Lucifel la lissa et la démêla soigneusement avec une brosse à cheveux puis il plaça le chapeau sur sa tête poupine. Satisfait par le reflet que lui renvoyait le miroir, Lucifel s'adressa un large sourire. Ah ! Il manquait quelque chose. Il ramassa le trèfle rouge à quatre feuille qu'il accrochait sur sa poitrine et l'épingla sur la robe à la place qui lui était du. Voilà qu'il était Princesse du Trèfle. Souvent, l'idée l'avait effleurée qu'il puisse être les deux à lui seul... Il écarta vaguement cette pensée d'un geste de main et regarda Mya avec un sourire triomphant. Le garçon souffle, doucereux : « Voilà, on est pareil maintenant. »

Lentement, il s'approcha de son valet et lui susurra à l'oreille : « On est folles toutes les deux. » Alors il attrapa brutalement son visage, pressant ses mains fraîches sur ses joues, et la secoua vivement de droite à gauche en hurlant, théâtral : « Où es-tu, Mya la timbrée, où es-tu ? ! Sors de là, je te l'ordonne ! Jouons, Folie de Mya, jouons !! » Et puisque ces choses-là l'effarouchaient, pour achever de faire sortir la gamine de ses gonds, sans desserrer l'étau de ses mains, Lucifel plaqua brusquement ses lèvres contre celles de la fillette dans ce qui n'avait rien d'un baiser.

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MessageSujet: Re: "Vos désirs sont des ordres." [PV Lucifel]   Mer 29 Mai - 20:03

Le contact des mains fraîches de Lucifel contre sa peau lui fit l’effet d’une décharge électrique. Tous les repères, toutes les digues mentales, toutes les barrières inconscientes de la fillette cédèrent les uns après les autres. Ballottée dans tous les sens, Mya ne pouvait que fixer le Prince de ses grands yeux ambrés, de moins en moins consciente de ce qui était en train de se produire. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle avait envie de lui faire mal.
Très, très envie de lui faire mal.
Et ce fut alors que Lucifel acheva de la perdre. Le moment où les derniers petits filaments de bon sens et de raison se déchirèrent et où l’Enfer se déchaîna. Lorsque les lèvres du garçon entrèrent en contact avec les siennes, le petit valet n’avait plus rien de la gamine enjouée et gentille qu’on connaissait d’ordinaire. Elle était tout à coup beaucoup plus fidèle à son totem ; elle était devenue un renard, mais un renard enragé, comme fou de douleur et livré à ses instincts les plus primaires.
Un grognement animal s’échappa de la gorge de Mya. Reculant sa tête de force, juste assez pour échapper au contact de Lucifel un bref instant, elle ouvrit la bouche et lui mordit la lèvre avec force lorsqu’il la ramena à lui. Le goût du sang envahit sa langue, affolant ses sens. Cette sensation métallique contre son palais et sa gorge lui était particulièrement désagréable, et paradoxalement totalement grisante. Claquant des dents dans le vide, elle essaya de les replanter dans la chair du Prince, désireuse d’en avoir plus, de sentir à nouveau la chair tendre et chaude se déchirer sous sa morsure, parce qu’elle le voulait plus que tout et qu’il ne méritait que ça.

Lorsqu’il la repoussa avec violence, elle roula sur le sol et se redressa en grondant, la lèvre retroussée révélant ses canines de lait désormais écarlates. Une petite rigole d’hémoglobine lui coulait le long du menton, gouttant doucement sur le sol. Sa chevelure noire ébouriffée, sa posture agressive et ses yeux grand ouverts aux pupilles dilatées lui donnaient l’air d’une enfant sauvage prête à passer à l’offensive dans les secondes à venir.
Mya tenait encore monsieur Ib serré dans sa main droite, si fort que ses phalanges en étaient blanchies. Toute son attention était focalisée sur Lucifel. Elle ne cillait plus, elle ne bougeait presque plus, à l’exception de son torse se soulevant au rythme de sa respiration devenue rapide. Elle continuait à grogner comme une bête, un monstre qu’on aurait dérangé dans son sommeil et très mécontent d’avoir été réveillé de la sorte.
Plus la fillette fixait le Prince, plus l’envie de lui sauter à la gorge devenait viscérale. Il lui avait fait mal, il avait été dangereux pour elle et, pire que tout, il avait voulu jouer avec elle d’une bien mauvaise façon. Envolée, la représentation de l’autorité à l’orphelinat Cloverfield. Envolée, la hiérarchie instaurée par ladite représentation. Désormais, il n’y avait plus qu’une petite fille complètement livrée à la schizophrénie latente qui avait planté ses racines profondément dans son esprit, debout devant un petit garçon qui l’avait agacée beaucoup plus qu’il n’était sage de le faire.

Redressant un peu la tête, semblant presque humer l’air, la fillette lâcha un rauque et menaçant :

« Méchant ... »

Soudain, écarquillant les yeux, elle laissa échapper un léger cri de colère.

« Méchant ! Méchant ! Méchantméchantméchantméchantméchant ! MECHANT PRINCE QUI VEUT JOUER AVEC MYA ! »

Poussant un grognement mauvais, elle prit appui sur le sol et bondit. Elle voulait le frapper, le tordre et le casser, lui faire mal encore et encore, jusqu’à ce que tout s’arrête, jusqu’à ce qu’enfin passe la tempête.
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MessageSujet: Re: "Vos désirs sont des ordres." [PV Lucifel]   Mer 16 Oct - 12:01

Lucifel avait souvent embrassé mais jamais avec amour. Qu'est-ce que c'est l'amour ? C'est rien. A quoi ça sert l'amour ? A rien. Ce n'était qu'un vague concept inventé par l'Homme, une formule chimique trompeuse qui naissait dans le cerveau, pour se rassurer et se sentir moins seul. Mais, après tout, l'amour n'était que le piètre déguisement de la pulsion de reproduction mêlé à la peur de la solitude. Dans les baisers de Lucifel, il n'y avait que de l'insolence, de la provocation, de l'impertinence, de l'amertume et de la luxure parfois. Pas si souvent que ça. Le sexe ne l'intéressait pas tant que ça au final. Lucifel était un allumeur. Ce qu'il voulait, c'était plaire, par tous les moyens. Il préférait largement la séduction au passage à l'acte. Mais il n'y avait point de luxure dans le baiser échangé avec Mya de toute façon... seulement de la défiance sardonique. L'adrénaline faisait battre le sang à ses oreilles, dans l'attente de ce qui allait se passer, à la fois exalté, impatient et craintif de ce qu'allait faire son valet. Les penchants masochistes du Prince ne dataient pas d'hier mais ils étaient bien moins connus que son désormais très célèbre sadisme – celui-la même qui faisait de lui un être redouté pour sa cruauté et sa méchanceté gratuite. Pourtant, il n'avait jamais caché le plaisir qu'il ressentait à recevoir des fessées – administrées par son père et plus récemment Hoffman. Ce dernier avait d'ailleurs rapidement renoncé à le punir de cette manière en constatant qu'entre chaque cri de douleur du garçon perçaient des couinements d'excitation. Tordu. Brisé. Rien ne poussait droit chez Lucifel. Pour ça, c'est vrai qu'il avait tout du Démon, du Malin ; il semblait que, tel un fruit pourri jusqu'au noyau, tout fut à jeter chez le gamin. On ne pouvait rien en tirer. Rien de de bon.

Les lèvres de Mya se décollèrent des siennes quand, dans un brusque mouvement d'humeur, elle se rejeta en arrière. Lucifel la força à revenir à lui et les petites dents pointues de la fillette se plantèrent férocement dans sa lèvre inférieure. La morsure arracha un gémissement plaintif au garçon qui sentit douleur et le sang pulser de la plaie. Elle l'avait mordu fort, l'Islandais l'avait repoussée, sa chair s'était déchirée avant qu'il ne la fasse lâcher. Les yeux écarquillés, il vit se dents claquer furieusement tout près de son nez, perles d'ivoire blanc souillées de rouge, avide de le mordre à nouveau. Lucifel ne put détacher son regard de la bouche de Mya, littéralement fasciné par le contraste de l'émail et du sang, de la voracité animale qui la possédait. Une seconde il fut tenté de la lâcher pour se laisser dévorer. Mais au lieu de ça, le garçon rassembla ses maigres forces pour la repousser au loin cette gamin devenue bête sauvage. Elle roula au sol et Lucifel la dévisageait avec des yeux agrandis par une fascination déplacée, tremblant d'excitation. Elle saignait du menton. Non. C'était son sang à lui. Machinalement, le Prince porta ses doigts à sa lèvre toute palpitante de douleur. Il la regarda : ses doigts étaient tachés de carmin. Il émit un petit rire amusé, la lèvre éclatée, le menton et les dents ensanglantés. Comme un prédateur avide, Lucifel tournait lentement autour de la fillette immobile qui bandait ses muscles, prête à lui bondir dessus comme une lionne affamée. Lucifel, lui, était une hyène enhardie par la folie et la couronne qui brillait sur sa tête. La royale hyène ne craignait pas la lionne, elle n'avait jamais craint personne, peut-être trop bête, trop confiante... Ou peut-être qu'elle avait effectivement les ressources cachées de se montrer aussi présomptueuse. La femme aux lèvres bleues lui donnaient de la force et de l'assurance. Et vice-versa. Le Sycophante se nourrissait autant de lui que lui d'elle. Échange équivalent, toujours.

Mya se mit à hurler, s'indignant contre l'audace dont il avait fait preuve en la poussant à bout, en la traitant comme une chose que l'on jette. Ses cris étaient une musique à l'oreille du corbeau qui sentait ses membres fourmiller d'une exaltation grandissante. Elle allait lui sauter dessus. Elle allait lui sauter dessus. Et ils allaient se battre. La perruque brune de Lucifel était échevelée, un peu de travers sur sa tête, et elle achevait de lui donner l'air dément, le visage déformé par l'envie et l'impatience. Le valet se ramassa sur elle-même comme un fauve et bondit, toutes griffes dehors, prête à faire mal. Lucifel l'accueillit à bras ouverts – littéralement – et il fut projeter au sol quand la fillette lui tomba dessus et écrasa son torse sous son poids. Lucifel s’arc-boutant, plantant ses ongles dans les bras du renard pour la chasser, lui décochant de violents coups de pieds. Lui aussi recevait des coups. La perruque chu et Mya lui tira les cheveux à les lui arracher. Avec un grondement de douleur furieuse, le Prince planta férocement ses dents dans son épaules, les refermant sur la clavicule saillante de la fillette. Il serra, serra, comme un chien ronge son os, jusqu'à ce que le poing de la gamine s'abatte trop fort sur son arcade sourcilière qui se fendit.

Le corbeau se dégagea brusquement et tituba en arrière, bien planté sur ses pieds, agité d'un rire nerveux à peine conscient, insane. « Je vais t'enterrer vivante, Mya. Je vais te jeter dans le puits de la Perte. Je vais t'enfermer avec la Propagande et elle étalera tes entailles sur le tapis comme elle l'a fit avec Amity – on voit encore la tache grasse que ses boyaux a fait sur le par terre. Je vais t'attacher sur la souche de courage. Je vais t'enfermer dans un sac rempli d'insectes qui grouillants. Je vais te jeter dans une fosse pleine d'exéments et de rats crevés. Tu seras punie, Mya. » Difficile de savoir s'il était sérieux ou non. L'excitation rendait son choix de vocabulaire douteux, ses conjugaisons et sa grammaire hasardeuse, son accent du grand nord plus prononcé. Comme une provocation de plus pour relancer le combat, Lucifel s'empara d'un encrier sur le bureau et le jeta à la figure du renard.

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