Effrayante cabane [P.V Hashberry]



 

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 Effrayante cabane [P.V Hashberry]

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Gilbert Edwig

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MessageSujet: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Jeu 19 Sep - 20:21

Il faisait froid. L'hiver semblait ne pas être bien loin. Il l'avait laissé à un arrêt de bus. Le petit regardait la voiture s'éloigner. Une question lui vint : "Pourquoi ?" un larme coulait. Il ne savait pas pourquoi. On lui avait persuadé qu'il se ferait des amis et qu'on s'occuperait bien de lui. Mais, il n'y avait personne. Ont sont passé les autres ? Où est le bâtiment ? Sans doute plus loin.
C'est avec hésitation et peur que le petit Gilbert s'engouffrait dans la sombre forêt. Cela lui était apparut comme une certitude ; "C'est par là. "
Serrant une peluche de lapin blanc, il s'avançait lentement et prudemment dans l'obscure et dense forêt. L'air était froid et humide. L’obscurité n'arrangeait rien à la température. L'endroit était étrangement sinistre, trop pour ne pas désirer ne serait-ce qu'une seule seconde vouloir partir en courant. Mais, pourquoi avançait-il toujours ? Il n'arrivait pas à fuir. De toute façon, où aller ? A part dans cette direction ... ?

Après une longue marche, il fatiguait, il voyait enfin le bout de la forêt. Il y avait un sentier, le même que celui qu'il suivait jusque là, au milieux d'un vaste champs. Le ciel était nuageux, il allait pleuvoir. Il commençait déjà à pleuvoir. Quelques goûtes tombaient sur le visage du petit qui fixait le ciel. Il n'aimait pas ça. Il trouvait que ce serait idiot de tomber malade, encore, et d'apporter des ennuis à des gens qu'il rencontrerait à peine, ceux de cet orphelinat.
Il mit sa capuche et commença a courir vers une cabane qu'il avait vu. Il avait manqué de tomber plus d'une fois. Arrivé dans la cabane, il l'observa, dans un premier temps. Elle était toute délabrée. Mais elle servirait au moins d’abri. Après cela, il s'avançait ver un coin. Il s'assit dans ce coin et se blottit dans sa veste trop grande essayant vainement d'avoir un peu plus chaud. Il attendrait que la pluie se calme avant de repartir à la recherche du bâtiment supposé l'accueillir.

Il était sur le point de dormir. Mais le froid le maintenait éveillé, malgré lui. Il quitta vite son état de rêverie en voyant la porte de la cabane s'ouvrir. Cette porte peinait à tenir debout d'ailleurs, elle risquait de tomber au moindre coup de vent trop fort ...
Il figeait son regard sur la personne qui était entré. Il ne trouvait rien à dire, il avait peur. Pourtant, aucune raison d'avoir peur ! Cette personne était aussi un enfant, probablement perdu. Il restait silencieux, toujours assit et bien blotti dans le large tissu qui le couvrait. Il voulait demander " Qui tu es ? " mais aucun son ne sortait de sa bouche. Rien.

Gilbert était loin de s'imaginer que l'orphelinat n'était pas comme ce qu'on lui avait dit, il ne se doutait de rien. Comme il ne se doutait pas que cette personne lui était en réalité supérieure. Même s'il avait un peu peur d'elle, il espérait encore que cette personne lui viendrait en aide et le guiderait. Ou bien, ils retrouveraient le chemin ensemble. C'était comme ça qu'il imaginait la suite des évènement. Mais rien ne se passe toujours comme on le pense.
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Hashberry Hole

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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Ven 20 Sep - 8:44

Spoiler:
 



Lorsque Hashberry émergea de sa torpeur, Lucifel était encore englué dans la sienne. Enfoui dans un sommeil profond, le corps étalé sur le lit, il ne s’éveilla pas lorsque son Fou déserta la couche en se dirigeant vers la fenêtre. Hashberry n’avait pas cessé d’être attiré par les fenêtres, même lorsqu’elles ne se révélaient plus le seul point de convergence entre lui et le réel. Il aimait les fenêtres, les vitres, ces surfaces singulières qui permettaient de contempler le monde sans avoir à le subir, à le connaitre. Beaucoup de choses tout à fait banales fascinaient Hashberry Hole.
Comme il était nu – Hashberry n’était pas vulgaire, il ne voyait simplement aucune honte à se trouver dans le plus simple apparat – le Rossignol attrapa une chemise ample à la teinte vaguement brunie, qu’il enfila gracieusement avant de lisser du plat de la main ses longs cheveux platinés. Cette activité ne le captiva pas bien longtemps, et il finit par déserter la chambre avec un dernier regard mi-tendre mi-amusé pour son Prince.

Ses affaires trainaient encore dans le couloir. Il ne se rappelait même pas les avoir ôtés. Il avait dû avoir chaud, ou simplement éprouvé un brusque désir de liberté. On ne saurait dire. Il ne se souvenait jamais de ce genre de détails.
Hashberry enfila ses culottes noires, noua son nœud et ajusta ses bretelles. Il aurait été tenté de demeurer pieds nus mais des échardes parsemaient le parquet rugueux de l’orphelinat, et bien qu’il appréciât parfois de se piquer les doigts à l’aide d’épingles, les douleurs qu’il n’avait pas choisi d’expérimenter ne lui étaient pas très agréables. Il se chaussa donc de ses bottines vernies, celles qu’il ne savait pas lacer. Il n’était pas tôt, contrairement à ce qu’il aurait pensé. Lucifel et lui s’étaient offert une grasse matinée. Ils avaient veillé tard, aussi.
Les orphelins s’activaient tel des fourmis en cadence, transportés par la même docilité, la même aspiration à être irréprochable et invisible. Certains pestaient sur leurs camarades, des hauts rangs dégradaient leurs inférieurs, d’autres encore médisaient tout bas, l’expression délicatement dérangée. Une journée ordinaire dans l’Orphelinat Cloverfield.

Hashberry n’avait rien à faire – ses activités dépendaient somme toute de celles de Lucifel – et il eut l’idée de se promener, car aucune autre ne lui venait à l’esprit. Il aurait pu s’adonner à la confection de ses masques ou de ses poupées. Mais il avait envie de fruits. Il avait envie de sucré, de juteux.
Entendons-nous. Il n’était pas réellement censé avoir le droit de faire ce qu’il s’apprêtait à faire. Cependant, non seulement personne n’avait encore pris la peine de le lui rappeler, mais il ne savait résister à cet appel qui ne lui avait été interdit qu’une seule et unique fois – cette fois-même qui l’avait expédié en ce lieu damné. Hashberry se permit donc, comme chaque fois, de récolter pour lui seul quelques baies, quelques fraises des bois trouvées au hasard, au gré de sa promenade. Ses lèvres blanches souillées de rouge, les doigts tachés, Hashberry Hole parcourait la forêt dense qui encerclait l’orphelinat, sautillant gaiment sans cesser de chanter tout aussi gaiment. On aurait dit le parfait modèle du Petit Chaperon Rouge, insouciant et jovial tandis qu’il s’enfonçait dans les bois obscurs… Mais Hashberry n’avait pas peur du Loup. Il n’avait peur de rien, Hashberry. Après tout, pour lui, rien n’était vraiment vrai.

La pluie vint perturber ce moment de grâce. Hashberry n’en fut pas trop troublé, il se contenta de rire aux éclats en levant la tête, dansant en cercle sur le chemin. Il tirait la langue pour essayer d’attraper quelques gouttes.
Il finit cependant par frissonner de froid – il avait certainement froid depuis longtemps mais ce genre de sensation peinait à gagner sa conscience – et, apercevant la cabane délabrée au bout du chemin, il courut s’y mettre à l’abri. Il prit toutefois le temps d’attraper au passage quelques fraises.

Une fois à l’intérieur, ruisselant de pluie, il ne prit même pas la peine de regarder autour de lui. Il entreprit simplement de dévorer un à un les fruits rouges qu’il gardait dans sa paume. Ce ne fut que lorsqu’une sorte de petit bruit plaintif se fit entendre qu’il consentit à lever la tête. Il sourit légèrement.
Une petite silhouette pâle et repliée se tenait recroquevillée dans un coin. C’était un garçon, mais son air candide et tétanisé ne le rendait pas trop laid. Hashberry écarta ses cheveux dégoulinants de pluie et fixa de ses grands yeux noirs le visage craintif de l’enfant. C’était drôle, on aurait dit un petit animal pris en cage. Un petit lapin. Oh, mais d’ailleurs, n’était-ce pas…

– C’est un lapin ? demanda-t-il de sa voix douce et bizarre, à peine audible.

Il s’approcha comme un spectre, glissant sur le sol. Hashberry dévisagea le petit garçon avec intensité, peu préoccupé du malaise que cela pourrait provoquer. Il le contempla de haut en bas, de bas en haut, de cet air fixe et halluciné qui évoquait tant celui d’une poupée. Il souriait un peu plus. Manifestement, sa découverte le ravissait.
L’enfant était frigorifié. Il tremblait, grelottait. Il était si pitoyable ainsi enveloppé dans sa veste trop grande ! Hashberry avait envie de lui faire un bisou. A la place, il caressa tendrement les cheveux du garçon, puis dit d’une voix plus basse encore :

– N’aie pas peur… Pourquoi es-tu ici ? Tu te caches ? Moi je suis Hashberry, le Fou. Tu veux une fraise ? Ouvre la bouche.  

Puis, une éventualité plus délectable encore lui apparut.

– Oh, mais par hasard… Est-ce que tu viens d’arriver à Cloverfield ?

Il s’apprêtait à jubiler. Pour un peu, il en aurait tapé des mains en gloussant, comme lorsque Lucifel et lui s’adonnaient à leurs jeux.


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Gilbert Edwig

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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Ven 20 Sep - 16:39

Il regardait la personne étant entrée dans la cabane, l'enfant. C'était un enfant, lui aussi. Il ne semblait pas avoir remarqué Gilbert qui était toujours aussi apeurer. Ce n'était pas trop l'enfant qui lui faisait peur. Mais, il était presque certain qu'il y aurait prochainement de l'orage. Hors, il déteste ça. Il a toujours eu peur des orages. Et des tempêtes trop violentes.
Cependant, cet enfant lui étant inconnu ne le rassurait pas tellement. Comme s'il avait un mauvais pré-sentiment. Sans s'en rentre compte, Gilbert lâcha un petit bruit plaintif. S'en apercevant, il cachait la moitié de son visage derrière la peluche que lui avait fait sa sœur. L'inconnu l'avait remarqué. La façon dont il le fixait l'effrayait et l'intimidait.
Il semblait ensuite avoir remarqué la peluche, il avait demandé si c'était un lapin. Gilbert s'était contenter de hocher doucement la tête pour confirmer.
Puis, l'inconnu s'approchait de lui en le fixant toujours. Une fois assez proche, il posa sa main sur les cheveux de Gilbert et les lui caressa avec tendresse. Ce qui étonna le jeune garçon.


N’aie pas peur… Pourquoi es-tu ici ? Tu te caches ? Moi je suis Hashberry, le Fou. Tu veux une fraise ? Ouvre la bouche.  

"Le Fou" ? Pourquoi donc un tel titre ? Cela était peut rassurant, dit comme ça. Lorsque le nommé Hashberry parla de fraise et en proposa au jeune albinos, il hocha la tête et, comme demandé, il ouvrit la bouche.
Là, Hasheberry lui posa une autre question.


Oh, mais par hasard… Est-ce que tu viens d’arriver à Cloverfield ?

Cloverfield. Ce nom était familier à Gilbert. On lui en avait déjà parlé. Au bout d'un moment de réflexion, il se souvenait que c'était le nom de l'orphelinat qu'il cherchait depuis tout ce temps. Il eu alors enfin l'occasion de parler. Il le devait, surtout. Car, si cela ne tenait qu'à lui, il serait resté muet.

- Heu, oui je viens d'arriver. Mais ... Heu, je ne trouve pas le bâtiment... Mon nom est Gilbert Edwig. Tu veux bien me donner une fraise ?

Il avait répondu avec une petite voix. Il ne parlait jamais fort, en même temps. La fin de sa phrase, sa question, se faisait plus hésitante et sa voix diminuait de plus en plus. Il mourrait d'envie de recevoir une fraise. Mais , il n'osait que rarement demander quelque chose à quelqu'un. Même si, à la base, c'était Hashberry qui avait proposé le fruit rouge.
Comme Hashberry semblait connaître le bâtiment, Gilbert pensait qu'il pourrait le guider voire même l'aider à s'intégrer et à s'entendre avec les autres enfants ! Il semblait gentil. Cette pensée était naïve. Mais, pouvait-on reprocher cela à Gilbert ? Il ne pouvait pas savoir, en même temps. Il ne pouvait pas se douter de ce qu'il se passait. Personne venu de l'extérieur ne pouvait vraiment savoir.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Lun 23 Sep - 21:20



Le sourire de Hashberry s’était figé sur son visage, comme si son expression eût été cirée, pétrifiée. Il pencha un peu la tête sur le côté en écoutant le garçonnet parler. Qu’il était mignon ! Il tremblait un tout petit peu, Hashberry sentait les vibrations tandis qu’il lui tapotait délicatement le crâne. Ses cheveux étaient très clairs, ils lui rappelaient les siens.

– La maison est là-bas.

Maison.
Il se détourna du petit Gilbert et s’approcha d’une des étroites fenêtres sales et embrumés sur lesquelles s’écrasaient une multitude de gouttelettes. Au loin, par-delà les arbres au bout du sentier, se dressait l’austère bâtiment de l’orphelinat Cloverfield.
C’était une chose curieuse de se dire que Gilbert était ignorant, inconscient de cette réalité qui venait partout de le happer. Le piège s’était déjà refermé sur lui. Une douce mélancolie assaillit le cœur paisible de Hashberry, tandis qu’il observait à présent ce visage candide et apeuré. Apeuré, déjà ? Si tu savais, si tu savais ce qui t’attend… Hashberry sourit. Il le guiderait. Lui qui était toujours la poupée de tout le monde, il avait trouvé sa poupée à lui.

Revenant vers Gilbert, toujours pelotonné dans un coin de la cabane, il lui fit signe d’ouvrir la bouche et fourra une fraise à l’intérieur. Le garçon, tout en mastiquant le fruit juteux, ne cessait de le fixer avec incertitude. Il devait être complètement désemparé en ce lieu étranger. Hashberry tenta de se souvenir de sa propre venue, mais cela faisait si longtemps… Cloverfield était vite devenue son foyer, sa réalité, son seul destin.
Comment annoncer, à présent, qu’il en serait bientôt de même pour le petit Gilbert ?

– Tu aimes ? Il faut que j’en garde pour moi. Si tu en veux d’autres, il faudra les mériter.

Il imposa un petit silence afin que ces paroles imprègnent bien l’esprit du nouvel arrivant.

– Gilbert, dit-il en murmurant presque, se penchant sur Gilbert en fixant de son regard cendré les yeux craintifs du garçon. Je sais que tu penses que tu es dans un orphelinat. Tu penses qu’il y a des adultes qui s’occupent des enfants. N’est-ce pas que tu penses cela ?

Il sourit un peu plus en voyant le garçon acquiescer en silence.

– Dis-moi, Gilbert. Quel est le pire cauchemar que tu ais jamais fait? Veux-tu me le raconter ?

Sa voix était sifflante, un chuchotement doux mais un peu sinistre, comme si quelque chose grondait à l’intérieur de ce murmure. Il s’assit sagement aux côtés de Gilbert, prêt à écouter sa déclaration. Il posa ses mains sur ses genoux joints. Puis il ajouta finalement, et sa voix évoquait maintenant le bruissement de feuilles d’arbres agitées par le vent :

– Tu me raconteras aussi celui du lapin. Je t’écoute, Gilbert.



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Gilbert Edwig

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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Mar 24 Sep - 19:57

Gilbert ne quittait pas Hashberry des yeux. Il se dirigeait vers la fenêtre et montrait la direction du bâtiment. Gilbert ne se sentait pas la force de se lever pour aller vers la fenêtre pour regarder. Il l'avait nommé "maison". Ce détail avait intrigué le jeune garçon qui se demandait pourquoi son interlocuteur l'avait appelé maison et non orphelinat. Etait-ce si bien, là-bas ? Puis, Hashberry donna une fraise au jeune frileux.

Tu aimes ? Il faut que j’en garde pour moi. Si tu en veux d’autres, il faudra les mériter.

Cette dernière phrase sonnait bizarre pour Gilbert. D'un côté, cela semblait évident. Pour acquérir quelque chose, il faut le mériter. Mais pourquoi Hashberry lui sortait ça maintenant ? Sans doute voulait-il garder toutes ses autres fraises, ce qui ce comprenait. C'était tellement bon...
Hashberry continua a se montrer mystérieux ... Il lui affirma connaître ses pensées sur le bâtiment les énumérant, prévision exacte, Gil' avait acquiescer tout simplement. Cela sonnait bizarre, une fois de plus. Comme si ce que Hashberry avait énoncé était le parfait contraire de la réalité, donc ce que pensait Gilbert serait faux ? Cela éveilla d'avantage l'inquiétude du jeune albinos sur le lieux où il allait se rendre.
Enfin, le mystérieux garçon aux fraises demanda à Gilbert quel était son pire cauchemar et s'il voulait bien le raconter. Aussi celui du lapin. C'était assez enfantin comme dernière question, cependant, nous parlons d'enfants, justement. Il fallait donc que Gilbert se souvienne de son pire cauchemar. Mais il n'arrivait pas à trouver pire que la réalité, le jour où il a vu sa maison sous les flammes. Il voulait trouver un vrais cauchemar a raconter mais, il était rare que Gilbert ne se souvienne de ses songes.


- Euh, je ne m'en souviens pas ... je me souviens rarement de mes rêves.

Gilbert parlait toujours d'une petite voix peut audible. Comme s'il avait peur d'être trop présent, il préférait rester discret. Après avoir répondu cela, il ne savait plus quoi ajouter, il serrait son lapin plus fort, comme s'il avait peur que Hashberry ne le lui vole.
Il n'a toujours pas de nom, d'ailleurs, mon lapin.
Cette pensée lui était venue spontanément. Mais, avant d'y réfléchir, il voulait donner une réponse à Hashberry.

- Par contre, je peux te dire ce qui me fais le plus peur...

Il détestait ne pas pouvoir répondre à quelqu'un. Alors, il s'arrangeait pour donner une réponse autre mais proche de la question de départ. Il pensait que cela arrangerait la personne ayant posé la question, en l'occurrence, Hashberry.
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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Mer 25 Sep - 15:48



La pluie commençait à cesser. Hashberry Hole en fut quelque peu contrarié, car il savait que l’intimité isolée qui le liait à Gilbert en serait compromise. Hashberry disposait certes de bien des privilèges – moins du fait de son rang que de l’attachement que Lucifel lui témoignait – mais il n’avait pas le droit de confiner un nouvel orphelin dans une cabane afin d’être le seul à pouvoir en profiter.
C’était le Baron qui s’occupait des dernières arrivées. Albert accueillerait le petit pâlot ingénu de son flegme tranquille, ouvrant devant lui les portes d’un monde insoupçonné, abominable. Le monde de Cloverfield. Hashberry ne pouvait s’opposer à cette loi, ainsi étaient les choses à l’orphelinat. D’ordinaire, il ne se préoccupait guère des nouveaux venus, chacun était égal et indissociable à sa perception. Mais Gilbert était sa trouvaille, son jouet. Il aurait voulu le garder pour lui tout seul.

Hashberry se releva gracieusement, faisant face au garçon de toute sa hauteur – qui était somme toute peu conséquente, Hashberry étant particulièrement fluet pour un enfant de douze ans. Il prenait un air grave, vaguement inquisiteur. Ses culottes courtes noires – presque toujours noires – étaient tâchées de rouge, comme son chemisier ample et fripé. Pourtant, une certaine allure, une présence particulière se dégageait de sa frêle silhouette. Il était sale et élégant, déjanté mais digne.

– Tes peurs changeront, ici.

Sa voix était beaucoup moins douce que précédemment. Il se voulait fatal, menaçant. Il voulait voir la crainte dans les yeux de Gilbert. Lui-même ne savait très bien pourquoi… Peut-être n’était-ce que pour pouvoir le rassurer ensuite, installant ainsi une dépendance inconsciente dans l’esprit confus de sa victime. Il voulait que Gilbert le voie comme un bienfaiteur, un maitre, une bouée de sauvetage dans cet océan d’épouvante. Rien que pour sentir ses doigts tremblants désespérément agrippés à son bord…

– Crois-tu que tu as connu la pire des peurs ? Non, non. Non non non… Gilbert.

Il se mit à nouveau à sourire, à sa manière de pantin possédé.

La peur gronde comme l’orage, elle fera de vous son otage ; la peur est ici seule loi, la peur aura raison de toi. ♫

Il agitait les mains tout en chantant. Il se tut soudainement, plaquant ses paumes contre les jours de Gilbert :

– Non Gilbert, souffla-t-il. Il y a des choses ici que tu n’as même pas pu imaginer dans tes pires cauchemars. Il y a des monstres, sous les masques. Tu es tout seul ici. Il n’y a personne pour te rassurer. Nous sommes tous seuls.

Il se remit à chanter, tournant sur lui-même, en répétant cette ultime phrase : Nous sommes tous seuls, nous sommes tous seuls, nous sommes tous seuls…

Il se tourna enfin vers l’enfant silencieux et, reprenant ce ton autoritaire abyssal, il ajouta :

– Vois-tu cet insigne ? Il désigna du doigt le trèfle à trois feuilles jaune qui indiquait son appartenance à la Lower Class. Je fais partie de l’Aristocratie. Je suis le Fou. Je donne au Prince des rires et des plaisirs. C’est mon rôle. Je suis au-dessus de toi. Cela signifie que… Que tu dois toujours m’obéir. Toujours.

Il reprit en pointant son index pâle en l’air, comme pour annoncer la phase la plus essentielle de sa déclaration :

– Mais surtout, surtout au Prince, Gilbert. Ne lui parle jamais. Tu n’as pas le droit. Pour l’instant, tu n’es rien Gilbert. Tu n’es rien du tout

Cette idée sembla le réjouir car il se mit à pouffer allégrement en fermant les yeux.

– Allons, allons. Il se rassit. Quelle était cette peur que tu voulais me confier ? Crois-tu qu’elle puisse être pire que celle qui dort ici ?

Et tout en étirant ses lèvres fines, dévoilant ses petites perles blanches, il fourra une autre fraise dans la bouche de Gilbert.


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Gilbert Edwig

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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Mer 25 Sep - 17:49

Gilbert l'écoutait. Plus le garçon aux fraises parlait, plus il avait peur. Il serrait encore plus fort sa peluche à tel point qu'il ne pouvait pas la serrer d'avantage. Il cachait la moitié de son visage derrière le lapin blanc. De quoi parlait-il ? Un prince ? Des monstres ? Cela était trop effrayant pour être intriguant. Dans quel endroit bizarre était-il tombé ? Le médecin avait-il fait exprès ? Peut-être ne pouvait-il pas savoir. Et s'il savait ? Il voulait donc à se point se débarrasser du petit garçon aux cheveux blancs ? C'était réussi. Il écoutait le "monologue" de Hashberry jusqu'à la fin. Il avait finalement reçu, à sa plus grande surprise, une autre fraise. Il la mangeait lentement. Puis, il répondait à la question posée par son interlocuteur. Il répondait toujours d'une voix basse.

- Je ne crois rien ...

Il baissait le regard, ayant déjà admit le fait qu'il n'était rien à côté du garçon aux fraises et rien à côté de tout les autres enfants. Cette idée était vite encré en lui comme une habitude. Il n'a jamais été autre chose que rien, au fond. Toujours trop faible par rapport aux autres.
Concernant la question posé, Gilbert se demandait tout de même ce qu'il y avait de si redoutable. Il avait peur de tant de choses aussi. Des orages, des fantômes, du feu ... De la mort, entre autre. Alors, qu'elle(s) peur(s) supplémentaire apporterai ce lieux bizarre et déjà assez effrayant ? Peut-être ne ferait-il qu'éveiller constamment des peurs déjà existantes chez le jeune albinos.


La tempête, enfin, la pluie semblait se calmer. J'avais moins froid. Mais j'avais toujours peur. Je devais maintenant répondre à l'autre question de Hashberry et lui donner mes peurs. Mais, elles étaient trop nombreuses, j'avais décider de n'en donner que quelques unes. Les plus effrayantes.

- J'ai peur des tempêtes. Du feu aussi. Et je n'aime pas trop la hauteur...

Cette réponse suffisait. Il ne voulait pas dire avoir peur de la mort. Il n'osait plus trop regarder Hashberry désormais qu'il savait pour cette étrange hiérarchie. Il ne savait plus trop comment se comporter. Déjà qu'il était intimidé par sa présence dès le début ... Alors qu'il commençait à avoir moins peur il apprend que Hashberry peu lui donner des ordres et que s'il fait ça, Gilbert devra obéir. Cette idée l'angoissait. Il devait donc obéir à tout le monde ? Il s'y ferait. Il craignait déjà le lieux avant de savoir ce qu'il s'y passait, ce qu'avait annoncer le garçon des fraises n'avait en rien arranger la chose. La pluie s'était calmée. Cela signifiait-il que Gilbert serait conduit là-bas et devrait déjà faire face à tout cela ? Il ne se sentait pas prêt. Il voulait fuir. Il aurait dû fuir dès l'arrêt de bus. Pourquoi ne l'avait-il pas fait ? Pourquoi ? Le voici coincé désormais. Si seulement il n'y avait pas eu cet incendie. Il serait encore chez lui à attendre que chaque saison passe pour redécouvrir à chaque fois chacune d'elle avec sa sœur. Il aurait pu revoir l'arbre, les coquelicots, le parc ... Ici, il ne reverrait jamais ces paysages qui lui étaient si rassurant. Le temps était comme figés en ces ces lieux qu'il visitait en présence de son aînée. Elle était si gentille, seule sa présence rassurait Gilbert. C'était grâce à cela qu'il avait réussit à grimper l'arbre.

Maintenant... Je regrette. J'aurais dû le grimper, cet arbre ! Monter un peu plus haut, avec elle. J'aurais au moins dû essayer. Mais, j'avais eu trop peur. J'avais refuser de grimper avec elle voir les fleurs plus hautes et la vue sur la plaine et la maison qui semblait déjà bien petite de là.
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Hashberry Hole

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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Lun 30 Sep - 19:28



Plus Hashberry toisait le petit nouveau, plus l’évidence de son prochain rang lui apparaissait importante. Gilbert était absolument misérable. Il était craintif, soumis, prudent… Tout ce que Hashberry n’avait jamais su être. Non par révolte ou orgueil, d’ailleurs, son cœur était seulement impénétrable à de telles émotions. En dehors des Remords laids et sales, Hashberry ne redoutait pas grand-chose. Il ne craignait même pas le délaissement du Prince. Il ne se le représentait pas. Car Hashberry Hole ne savait pas imaginer l’avenir.
Il ne vivait que dans l’instant présent, tout juste capable d’appréhender l’heure, le jour suivant. Voilà pourquoi l’absence de temps, les caprices des horloges,  l’enfance figée qui régnaient à Cloverfield ne l’avait jamais vraiment perturbé.

– Tu feras un très bon rang 7, répondit-il, l’expression très légèrement dédaigneuse.

La faiblesse manifeste de Gilbert avait quelque chose d’agaçant. Aucun sourire ne venait fleurir sur ses lèvres, presque aussi pâles que les siennes mais tellement plus molles, affaissées. Aucun éclat de malice, d’allégresse, ne venait embraser son regard. Certes, Hashberry avait pris le soin de l’effrayer – nous ne pouvons qu’admettre devant l’évidence qu’il aimait cela – mais enfin, n’avait-il pas aussi eu la délicatesse de lui offrir des fraises ? De le prévenir, de lui assurer sa présence ? Ne s’était-il pas montré agréable, de bonne compagnie, en chantant gaiement sous ses yeux ?
Gilbert le fade restait immobile, enserrant son lapin jusqu’à lui en tordre le coup. Hashberry était contrarié. Il fronçait ses minces sourcils crayeux, l’air boudeur. Puis il alla s’adosser contre le mur, plus loin, croisant les bras.

– J'ai peur des tempêtes. Du feu aussi. Et je n'aime pas trop la hauteur...

Tilt.
Hahberry tourna brusquement la tête vers Gilbert, qui le fixait toujours de son expression anxieuse et un peu niaise. Un sourire de petit démon bourgeonna au coin de sa bouche.

– Du feu ?

Hashberry tâta instinctivement ses poches, mais sa précieuse boîte d’allumettes n’y était pas. De toutes façons, avec cette pluie, elle aurait été détrempée… Vaguement déçu, il ajouta d’un ton un peu absent, atonal :

– Pour la hauteur, tu n’as pas à t’en faire. Sourire. Tu es vraiment, vraiment tout en bas.

Il émit un petit rire enfantin, posant ses doigts sur ses lèvres. Puis…

– Gilbert. Attends-moi. Je reviens.

Sans même attendre de réaction, Hashberry gambada vers la porte et prit congé sans rien ajouter. Il fila comme le vent jusqu’à l’Orphelinat, le regard scintillant. Alexiel, le Duc, manqua de le percuter mais d’un gracieux mouvement non moins vif, Hashberry parvint à l’éviter sans même le frôler, ne recevant en retour qu’un regard courroucé. Il monta à l’étage en direction du dortoir de l’Aristocratie – après tout, c’était encore sa chambre officielle – et se dirigea vers son placard. C’était de loin le plus garni de tous, encombré de vêtements en pagaille que le petit Fou ne savait pas plier, de jouets, de poupées parfois démembrées, de masques, de parures, d’objets en tous genres – coffrets d’épingles soigneusement alignées, bocaux remplis d’insectes plus ou moins morts, et bien sûr les boites d’allumettes.
Hashberry Hole se saisit abruptement de son trésor et, l’agitant un instant prêt de son oreille comme si c’eût été une mélodie des plus délectables, Hashberry referma les portes de son placard et repartit aussi promptement qu’il était venu.

Dans le couloir il croisa le compte Andreas, qu’il prit le soin de ne pas regarder car l’adolescent était un des rares individus de Cloverfield à l’effrayer quelque peu. Sautillant tel un cabri, il quitta à nouveau l’enceinte de l’Orphelinat pour rejoindre la cabane.

Gilbert l’avait attendu patiemment. Il semblait s’être légèrement détendu. Mais fort était de constater qu’il ne daignait pas lâcher ce lapin.

– Gilbert.

Il fit signe au garçon de venir jusqu’à lui. Non satisfait de la distance que Gilbert s’employait à installer entre leurs deux corps, il le tira par la manche jusqu’à ce qu’il fût extrêmement près. Leurs nez se touchaient presque.
Puis il glissa sa petite main blafarde dans sa poche et en sortit la boîte d’allumettes. Ignorant la crainte qui agitait le regard rougeâtre de son camarade, il en craqua une avec une dextérité qui en disait long à la fois sur sa pratique et sur l’exaltation que lui procurait ce geste.

– Il ne faut pas avoir peur, Gilbert, murmura-t-il sans cesser de fixer l’éclat de la flamme consumant la brindille.

Lorsque le feu vint à lui lécher les doigts, il lâcha l’allumette sans même une grimace de douleur. Il tendit ensuite la boite à Gilbert et lâcha dans un souffle :

– A ton tour. Fais-le, ou je ne te protègerai pas.

Et Hashberry Hole souriait d’un air si tendre, si innocent, que l’être le plus stoïque en aurait été ébranlé.


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Gilbert Edwig

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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Lun 30 Sep - 21:43

Il attendait en se disant que tout irais bien. Il attendait en se disant qu'il s'en sortirait en restant aussi silencieux et invisible qu'il savait déjà le faire. Il se persuadait qu'il n'y aurait pas grand chose à craindre s'il restait bien sage. Pourquoi donc Hashberry avait porté plus d'importance à la crainte du feu qu'à une autre ? Qu'était-il allé chercher ? Gilbert devait-il se méfier du garçon aux fraises ? Il eu vite fait de penser qu'ici, c'était de tous le monde qu'il devrait se méfier. Peut-être n'aurait-il pas dû révéler ses craintes. Pourquoi a-t-il fallut que ce soit le feu ? L'élément lié directement à la mort de sa famille, ce à cause de quoi il était ici, pourquoi Hashberry y avait porté un intérêt ? Préparait-il une mauvaise blague ? Cela ne présageait rien de bon pour le jeune albinos.

En attendant, il analysait les mots de Hashberry. Vraiment tout en bas ? Rang 7 ? Il ne saisissait pas très bien mais il pensait pouvoir conclure qu'il devrait obéir a tous le monde. Il desserra sa peluche de lapin. De toute façon, il n'avait plus grand chose à perdre, à part la vie. Et ce lapin, le seul bien qu'il lui restait de sa famille emportée par les flammes. Il essayait de se détendre, d'avoir moins peur, de ne plus penser au froid. Il avait hâte et peur du retour du garçon aux fraises. Ce type était rassurant et angoissant à la fois. Impossible de savoir si on devait le craindre ou lui faire confiance.

Au retour de Hashberry, Gilbert savait déjà un peu mieux cacher sa crainte. Le garçon aux fraises le tira vers lui et sortit une boîte d'allumette. Il en craqua une et regardait la flemme, il chuchotait au jeune garçon de ne pas avoir peur, mais cela ne fonctionnait pas. Gilbert s'en était éloigner et malgré lui, il ne parvenait pas à quitter la flemme des yeux, comme ce jour-là. Il la fixait, impuissant, comme ce jour-là. Le jeune garçon qui tenait l'allumette ne pouvait pas mesurer ce que représentait ce souvenir pour le petit albinos. Il voulut fermer les yeux, mais il revoyait la scène ; les flammes entourant la maison, papa qui essaie d'entrer pour sauver maman et la grande sœur, vainement. Il se mit à trembler, puis la flemme s'éteignit. Hashberry avait lâcher l'allumette au moment où le feu menaçait de lui brûler les doigts. Gilbert était encore figé, il regardait le reste du bout de boit brûlé qui traînait au sol lorsque Hashberry lui tint une allumette.


- A ton tour. Fais-le, ou je ne te protègerai pas.

Il tourna son regard ver Hashberry. Du sadisme a l'état pur. Il savait qu'il avait besoin de cette protection promise comme il se rendait compte petit à petit qu'il se trouvait dans une impasse et que ce lieux serait pour lui un horrible cauchemar qui n'aura de fin que dans de nombreuses années. Il approchait sa main de la boite qui lui était tendue... Puis il l'écarta aussitôt.

- Je ne peux pas ... C'est sans doute lâche mais c'est comme ça.

Au fond de moi je ressens une étrange colère. Comment a-il osé se jouer comme ça de ma phobie ? Sans même savoir ce que cela représente ?! Je sens que mes yeux son humide, je ne m'en étais pas rendu compte plus tôt. Je revois maintenant la scène dès que je ferme les yeux. Soit je vois la flemme que tenait Hashberry, soit la flemme qui a détruit ma maison et ma vie... Je baisse la tête pour qu'il ne voit pas mon visage misérable. Ma voix, toujours étouffé, se vide cependant de beaucoup d'émotion lorsque je lui dis cela, bien qu'elle soit toujours tremblante.

- Cela t'amuse de jouer avec la peur des autres ?

Je le sais, je lui suis inférieur... Mais, ce qu'il a fait demeure peu pardonnable. Même s'il ne pouvait pas savoir. Et puis au fond, cette question est toute bête, mais elle fait mal au cœur quand il s'agit d'y répondre du moins, c'est mon cas.

Il relève la tête, son regard est curieux, triste et en colère. Une colère contenue contre lui-même et non contre Hashberry, alors que cela l'aurait dû. Sa voix, quant à elle, restait faible, comme lui.

- Est-ce que tu as vu tes parents mourir ou courir vers la mort ? Ou, as-tu été abandonné ici car on ne voulait plus de toi ?

Il pouvait parfaitement se permettre de juger, car le jeune albinos avait connu ces deux situations. Le décès de la famille et l'abandon, cela fait beaucoup dans une vie d'enfant, non ?
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Hashberry Hole

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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Lun 7 Oct - 18:21



– Cela t'amuse de jouer avec la peur des autres ?

Hashberry pencha encore un peu la tête et prit un air concentré, la bouche légèrement tordue. Il semblait réfléchir à la question. Du fait qu’il agissait toujours d’instinct, sans jamais s’interroger sur ses propres aspirations, il ne s’était jamais demandé s’il aimait faire du mal – ou du bien. Le fait est que beaucoup de choses amusaient Hashberry Hole. Il aimait prendre soin de Gilbert autant que de le torturer. La question formulée par ce dernier ne pouvait donc recevoir la réponse concise et catégorique qu’elle semblait attendre.

Il ne répondit ainsi pas, contrarié par le ton grave et dramatique employé par le garçon.
Et cela ne fit qu’empirer, creusant ainsi le froncement qui s’était formé au-dessus de son nez. Gilbert n’était vraiment pas drôle.

– Pourquoi tu gâches tout ! s’écria alors Hashberry en reculant brusquement, laissant une étincelle de salive rageuse fuser de sa bouche. On s’amusait bien ! Pourquoi tu parles de ces choses !

Sa voix était devenue aigüe, éraillée, une contrariété évidente vibrait en elle. Presque une détresse. Hashberry empoigna ses cheveux filasses  de part et d’autre de son crâne en fermant les yeux. Quelque chose, complexe et indéfinissable, le submergeait. S’avançant d’un pas vers Gilbert, toujours immobile et anobli de son indignation, il le poussa des deux bras. Gilbert chancela, les yeux exorbités, et Hashberry lui lança un regard luisant de haine.

Profitant de la gaucherie de son camarade, le Rossignol s’empara du lapin cotonneux que l'autre tenait à la main. Rejetant vaguement sa tignasse emmêlée en arrière, il replia ses doigts cireux autour du cou de la peluche flasque, déclarant d’un timbre caverneux :

– Tu craques une allumette. Ou. Je lui. Brise. Le. Cou.


Oh oui, Hashberry connaissait la mort. Fascinante et impérieuse, magnifique et infaillible dans son habit glacé. Il l’avait touché, senti, approché. Il avait dormi dans ses bras, senti son odeur, il s’était même accommodé à ta fatalité. Oh certes, il n’avait jamais été en mesure de la comprendre, d’en tracer la logique dans les méandres de son esprit. Ainsi était faite la conscience de Hashberry. La mort, c’était quand on avait emporté le corps pourrissant de sa mère loin de lui. Au fond, il s’en fichait bien qu’un cœur palpitât en elle.

La deuxième question était encore plus confuse. Mais cette fois-ci, c’était son but, son intérêt que Hashberry ne comprenait pas. Il n’avait jamais été affecté, ni même intéressé de savoir si sa présence était désirée ou simplement tolérée. L’idée qu’on ne voulût pas de lui était absolument étrangère à ses préoccupations. Il avait toujours su, sans chercher à y remédier, qu’il était une charge, un poison pour sa belle-mère. La plus grande part de son être s’en moquait, et une autre partie s’en réjouissait. En quoi aurait-il dû souffrir qu’on ne souhaitât plus s’encombrer de sa présence ?
A l’inverse, la faiblesse de sa marâtre s’était révélée deux fois plus manifeste lorsqu’elle avait décidé de l’envoyer à l’orphelinat. Elle l’avait abandonné. Elle avait abandonné. Elle avait lâché les armes, abdiqué, admis sa défaite. La présence de Hashberry à Cloverfield était l’ultime preuve de sa puissance.

Et puis, il y avait Lucifel. Lucifel qui prenait soin de lui, avec qui il partageait rires, caresses et jeux plus ou moins innocents. Il n’était pas abandonné ici. La mort ne le touchait pas. Son ambassadrice, le Sycophante, était la plus gracieuse créature qu’il eût jamais connue – à égalité avec sa mère, bien entendu. Il ne partageait aucune des souffrances ou des craintes de son interlocuteur.

Son trouble était double, triple, multiple. Il n’entendait rien aux insinuations bizarres et tragiques dans lesquelles se complaisait Gilbert. Il le méprisait.

– Tu veux qu’il meurt, lui aussi ?

Ravivé par sa puissance – lui ne craignait plus la mort, Gilbert en était encore affecté et affaibli – il sourit à nouveau, puis éclata d’un rire perçant et frénétique.

– C’est le nouveau jeu. lâcha-t-il entre deux secousses hilares. Ici, c’est un grand jeu. Tu dois respecter les règles. Ça sert à rien de parler des parents et de la tristesse. Tout le monde s’en fout. Et même, ce sera pire. Tu ne peux pas être faible. Ou tu mourras. Tu te feras écraser. Comme ça.

Il tapa du pied par terre faisant mine d’écraser un insecte, en émettant un bruit spongieux.


– Alors, tu joues ?


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Gilbert Edwig

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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Lun 7 Oct - 19:35

Gilbert regrettait déjà ses mots, mais il était trop tard pour quelconque regret. Il avait été poussé, était tombé d'ailleurs. Il regardait sa peluche que lui avait volé Hashberry. Le garçon aux fraises avait décidé de prendre le lapin en otage. Le petit albinos aurait tant aimé avoir la force et le courage de le récupérer et même au-delà de ça, la force de se battre dans un tel monde de cruauté. Hashberry lui ordonna de craquer une allumette sans quoi il "tuait" le lapin. Gilbert tremblait de peur, il avait vite été remit à sa place de moins que rien, ce qu'il était en ce lieux. Il se redressa, restant assit par terre. Il regardait son interlocuteur avec crainte.

C’est le nouveau jeu. Ici, c’est un grand jeu. Tu dois respecter les règles. Ça sert à rien de parler des parents et de la tristesse. Tout le monde s’en fout. Et même, ce sera pire. Tu ne peux pas être faible. Ou tu mourras. Tu te feras écraser. Comme ça.


Gilbert restait silencieux, il ne voulait pas répondre. Il ne voulait plus répondre. Hashberry parlait d'un jeu cruel, un jeu qui n'aurait probablement pas de fin autre que la mort ou la souffrance. Il demanda à Gilbert s'il jouait. Le jeune albinos se leva, il saisit la boite d'allumette la main tremblante. Il n'osait plus regarder son interlocuteur, ni même sa peluche. Il fixait le paquet, silencieux. Il l'ouvrit et saisit une allumette. S'il jouait ? Avait-il le choix, de toute façon. Il devait jouer. Il n'avait pas d'autre possibilités.

- Ta question n'est pas très utile ... Elle ne laisse pas beaucoup de chois, voir aucun...

Tu n'as qu'à te souvenir du temps où, avec elle, vous admiriez les flammes des bougies. En ces temps-là, tu n'avais pas peur. Ta crainte est survenue après le décès de tes parents, mais est-ce vraiment de la crainte ? Ou juste une façon de ne plus voir la réalité... Ils sont mort, et cet élément qui te réchauffait l'hiver et te fascinait est lié à ces morts, il en est la cause.
Te souviens-tu ? De ce jour .. Où elle t'a dis " Regarde cette flamme, tu pense quoi quand tu la vois ? " Tu n'avais pas réussi à répondre. Elle t'a souris et t'a dis : " Cette flamme, elle est comme la vie. Elle nait, et elle meurt après un certain temps de vie. Nous aussi, un jour, on sera morts. Comme grand-père. "
Ta peur ne disparaîtra qu'un instant, mais cela te suffira...

Il prit longuement son souffle se persuadant que ce feu n'est qu'un simple élément et non un lien vers le passé. Il craque l'allumette, évitant de regarder la flemme, voilà une solution.

- Je l'ai fais.annonce-t-il d'une voix faible, écartant la flamme de lui le plus possible. Euh ... L-libère-le maintenant ...

La chaleur de la flamme se rapprochait des doigts du jeune garçon pyrophobe. Sentir cette chaleur au bout de ses doigts l'angoissait, car il en connaissait l'origine. Il n'osait pas s'approcher de Hashberry pour réclamer sa peluche et restait distant, craignant le prochain "jeu" de ce garçon. Craignant tout simplement ce garçon. Le feu se rapprochait de plus en plus, petit à petit. Qu'allait faire le garçon aux fraises ? Qu'allait-il dire ? De plus en plus, depuis longtemps déjà, Gilbert se demandait si ce monde était seulement fait pour lui, s'il y avait sa place. Cela l'attristait souvent de constater à quel point il était faible face à la vie et sa cruauté. La flamme était maintenant trop proche des doigts du jeune garçon, elles lui brûlaient presque les doigts. Cela était venu si soudainement qu'il avait lâcher l'allumette encore flamboyante. Très vite, il l'écrasa pour qu'elle n'enflamme pas la cabane faites principalement de bois. Il calma son souffle qui s'était accéléré durant la chute de l'allumette, le risque qu'elle brûle tout l'endroit. Maintenant, c'était pour son lapin qu'il avait peur... Il voulait tant le récupérer et voir Hashberry lui serrer la gorge comme il le faisait de lui plaisait pas. C'était le seul bien matériel qu'il lui restait de sa famille.
Il osa s'approcher d'un pas du garçon aux fraises.
Il sentait qu'il devait s'excuser, il n'avait pas vraiment de raison de le faire ... Mais il était comme ça, il s'excusait toujours et se sentait coupable pour peu de choses. Là, c'était de la colère de Hashberry qu'il culpabilisait. Il se lança ainsi dans des excuses qu'il prononçait d'une voix toujours aussi faible, comme si sa gorge s'enrouait, probablement à cause du froid causé par l'air hivernal.


- Euh, aussi ... Je suis désolé de t'avoir énervé ... "
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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Ven 11 Oct - 13:57



Hashberry tentait de contenir cette jubilation ardente qui bouillonnait dans ses entrailles, tandis qu’il observait les doigts tremblants de Gilbert s’emparer de l’allumette. Il avait envie de crier, de sauter sur place. Il devait se forcer pour ne pas joindre ses mains en un battement frénétique, tant elles semblaient s’attirer l’une l’autre comme deux aimants.
Il ne savait comprendre la détresse profonde de Gilbert. Les choses profondes, ou plutôt la profondeur des choses, n’atteignait pas Hashberry. Il pouvait avoir peur, souffrir même, mais il était si peu conscient de ses propres sentiments qu’il aurait été incapable de le dire, de l'exprimer normalement. Il était brut, instinctif, incapable de réflexion. Par exemple, en cet instant, il n’aurait su dire ce qui provoquait en lui une excitation si intense à la vue du frêle Gilbert tenant dans sa main une flamme tremblotante.

Un petit gloussement, sourd et régulier, secoua faiblement ses épaules. Le flamboiement attirait son regard comme un papillon de nuit envoûté par la lueur d’une lanterne. Il ne remarquait même pas le visage concentré, déconfit, de son camarade, qui luttait pour garder cette brindille redoutable au creux de ses doigts. Pourtant, il est certain que cette sensation de pouvoir, de domination comminatoire, ce sentiment de provoquer le danger, la peur, était source de jouissance pour lui. il se délectait de voir sa délicate victime enveloppée de son fil sinistre, dans sa toile brodée d’effroi. Il crispait ses doigts nerveux contre le corps lâche du lapin, puis il se mit à le mordre sans cesser de sourire bizarrement en ricanant très bas.

Lorsque le feu s’éteignit brusquement, que l’allumette tomba et que le doux crépitement de la flamme dévorante s’évanouit dans un souffle humide, Hashberry se sentit soudain très vide. Il fut même triste, et il demeura immobile, impassible, tenant encore le lapin entre ses petites perles blanches.

– Euh, aussi… Je suis désolé de t’avoir énervé…

Hashberry le fixa d’un air absent, le regard creux, vague. Il se sentait fatigué. Il avait l’impression de sortir d’un manège endiablé, et le sol fixe et plat qui soutenait ses pieds ne lui convenait pas. Lentement, il arracha le lapin flasque de sa bouche et le regarda un moment. Il lui caressa le crâne avec douceur, puis le rendit à Gilbert qui l’attrapa avec fébrilité. Il avait l’air si jeune, si malingre. A ses côtés, Hashberry, qui était pourtant particulièrement chétif pour son âge, avait l’impression d’être imposant. L'impression pourtant, seulement l'impression.

Tout à coup, un frisson glacé lui parcourut tout le corps. Il avait froid. Ses cheveux trop longs n’avaient pas encore séchés. Il sortit un peigne de sa poche – les poches de Hashberry révélaient bien des surprises – et, s’asseyant en tailleur à même le sol, il tendit sans le regarder l’ustensile à Gilbert. Puis il lui fit signe de s’asseoir derrière lui.

– Coiffe-moi, intima-t-il d’une voix fluette, presque joviale. Nous dirons que je suis le Prince – Lucifel – et toi le Valet – Mya – ; comme ça, tu t’habitueras. Tu as l’air très fragile, il vaut mieux que je te prépare. Pourquoi tes cheveux sont-ils si clairs ? On va se moquer de toi. Je te préviens. Je te montrerai mes poupées. Je vais en faire une comme toi. Avec les cheveux clairs. Je la donnerai au Sycophante.

Il s’esclaffa brusquement, emplissant la lugubre cabane de son rire puissant et délirant.

– Je suis bête, tu ne sais même pas qui est le Sycophante !




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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Ven 11 Oct - 19:44

Il avait rattrapé sa peluche, vérifiant que le tissu n'avait pas été déchiré par les dents de Hashberry. Heureusement, aucun "dégât" ne semblait visible mise à part que la peluche faite main était toute froissée et plus mole, un peu plus. Gilbert la serra aussitôt contre lui, ravi de l'avoir retrouvée. Il regarde le "cadavre" de l’allumette se demandant si tout cela est enfin terminé. Après un instant de silence, le jeune garçon aux allumettes se mit à parler. Le petit albinos ne saisissait pas bien de quoi il parlait ... Lucifel ? Mya ? Qui sont ces personnes ? Des poupées ? Pourquoi diable se moquerait-on de ses cheveux blancs ? Elle avait affirmée qu'ils étaient très beau, ses cheveux ! Que pouvait être le Sycophante ? Cela évoquait à Gilbert le nom d'un démon. Cela lui fit peur.
Il se sentit honteux de penser qu'Hashberry était fou. Mais, avait-il tord ? On ne pouvait pas lui reprocher cette pensée ... Enfin, Gilbert décida d'exécuter la demande de son interlocuteur et de le coiffé. Même s'il s'était demandé si Hashberry ne pouvait pas le faire lui-même. De ce qu'il avait comprit, il devait obéir à tous le monde ici. De ce qu'il avait comprit, il n'était rien, ici. Il saisi le peigne et se mit derrière Hashberry. Silencieusement et docilement, il le coiffa. Même Hashberry ignorait qui était ce Sycophante. Un démon, c'était presque certain dans l'esprit du jeune garçon aux cheveux aussi blancs que la neige. Alors qu'il passait le peigne dans les longs cheveux du garçon donneur de fraises et de peur, il se remémorait les mots prononcé par celui-ci, se souvenant alors qu'il lui avait posé une question sur ses cheveux avant de prévenir que l'on se moquerait de lui. Premièrement, Gilbert se demanda pourquoi il n'avait guère prêter attention à ses yeux rouges, couleur peu commune. Puis, il se souvint qu'Hashberry avait constater que Gilbert était faible. Il décida alors de lui répondre. Parlant toujours d'une voix faible, il ne parlait jamais fortement. Du moins, trop rarement.


-Tu m'as demandé pourquoi mes cheveux étaient aussi clairs ... C'est parce que je suis malade de naissance. Il existe une "sorte" d'humain aux cheveux blancs et aux yeux rouges ayant une faible santé, et fort peu de force... C'est ainsi qu'on me l'a expliqué.

Cette explication était la plus claire qu'il pouvait donné. Elle était presque digne d'un dictionnaire. Ainsi, le jeune Fou avait sa réponse.
Gilbert s'appliquait beaucoup dans la tâche que lui avait confier son faux ami. C'était la première fois qu'il coiffait quelqu'un d'autre que lui-même ou sa sœur. Sa mère se faisait coiffé par leur père, normal pour un couple. Ses parents se disputaient rarement, avant.  

Pourquoi a-t-il fallu que tout se détruise comme ça ? J'ai tout perdu d'un coup, pour me retrouver en ce lieux en moins que rien, sous-fifre des autres, esclave d'enfant plus âgée et peut-être même plus jeunes que moi. Existe-t-il un "destin" dans ce monde ? Si c'est le cas ... C'est un être, non, une chose cruelle. Mais, même un monstre ne pourrait pas écrire d'histoire pour tous les êtres vivants qui existent. Donc, il n'existe pas, ce destin. S'il avait existé, est-ce que tout aurait été différents ? Savoir ne me servirait à rien, de toute façon. Je sais que c'est fichu... J'ai tout perdu, cet hiver. Il m'a trop enlevé, trop prit. Vraiment, je déteste cette saison.
J'ai encore un espoir. C'est risqué, mais je peux jouer avec les mots de Hashberry. Il m'a dit que si j'allumais la flamme, il me protégerait. Je dois conter sur ça. Je n'ai pas le chois, de toute manière. Peut-être le fera-t-il sans que je n'ai à lui rappeler ... Ce serait vraiment bien. Car, je n'ose plus trop lui parler... 


Gilbert ralenti jusqu'à arrêter le geste qu'il effectuait en coiffant Hashberry.

- Il n'y a plus de nœuds. constata-t-il Veux-tu que je continu quand même ? préféra-t-il demander.
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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Ven 18 Oct - 20:21



Hashberry restait assis à même le sol, en tailleur. Gilbert le coiffait avec soin, tandis que sa tête tombait légèrement en arrière, tiraillée par les petits coups de peigne que le garçon devait donner afin d’arracher les nœuds. Hashberry ne savait pas réellement se coiffer. Généralement, il faisait semblant, passait ses doigts entre les mèches, ou alors Lucifel s’en chargeait. Parce que Lucifel aimait bien s’occuper de lui comme un bébé, comme une poupée. C’était l’un de leurs deux jeux favoris. L’autre étant d’incarner la maman de Lucifel.

Ce jour-là, Hashberry ne jouait pas en compagnie du Prince. Il se distrayait doucement, paisiblement aux côtés de Gilbert, qui était l’opposé complet du Corbeau. Même ses cheveux étaient aussi clairs que ceux de Lucifel étaient noirs. Un peu distrait mais écoutant tout de même les mots tremblotants du garçon, Hashberry traçait des cercles humides sur la poussière recouvrant le sol. Des gouttes d’eau glacées tombaient dans sa nuque blanche, mais il n’y prêtait pas vraiment attention, trop obnubilé par son activité. Gilbert parlait d’une maladie, de faiblesse, de manque de force, et Hashberry, sans en comprendre réellement la raison, en était irrité, accablé même. La gravité de son compagnon le mettait mal à l’aise. Il parlait un langage étranger à sa connaissance et qui sonnait désagréablement à l’oreille. Même la peluche de Gilbert avait l’air déprimée.
C’était terriblement ennuyeux.

Hashberry poussa un profond soupir à l’exagération tout à fait saisissable. Lorsque Gilbert eut achevé sa tâche, il secoua les épaules puis la tête en arrière afin de faire onduler ses cheveux encore humides, amusé par cette sensation. Il resta un moment la bouche ouverte, le crâne rejeté, observant le visage triste de Gilbert à l’envers.

– Ha ha… Gilbert… Gilbert, regarde-moi. Ha ha ha… Tu es tout retourné.

Il se laissa alors tomber sur le sol, s’étalant de tout son long sur le parquet pourrissant de la cabane. Il était toujours frigorifié, ses lèvres ayant d’ailleurs pris une teinte violacée, mais cette sensation n’était pas encore assez intense pour qu’il la réalisât pleinement.

– Je ne peux plus me relever, Gilbert. dit-il en tendant les bras devant lui, agitant ses doigts en signe d’impatience. Aide-moi.

Gilbert l’empoigna timidement et tâcha de le redresser, tandis que Hashberry, de fort mauvaise volonté, s’employait soigneusement à demeurer inerte et lourd de tout son poids. Gilbert était perturbé, incapable dans son ingénuité de comprendre la logique de Hashberry. Il n’y avait d’ailleurs rien à comprendre. Il n’y avait d’ailleurs pas de logique.

– Oh, merci. finit-il par lâcher lorsqu’il fut sur pied, toujours dans les bras de Gilbert, un bras derrière son cou. Mon prince charmant… gloussa-t-il avec un air empreint de malice.

Il posa alors ses lèvres froides sur celles du petit albinos, plaquant son visage contre le sien pendant un moment qui dut sembler très long à Gilbert. Il s’écarta ensuite brusquement de son étreinte, hurlant d’un rire grinçant en pointant du doigt la silhouette raide et tétanisée du garçon.

Puis il secoua à nouveau sa chevelure satinée, et dit d’une voix guillerette :

– Ah, quel beau travail, Gilbert. Ou devrais-je dire, Mya ! Je suis fort satisfait de votre ouvrage. Il pouffa un instant, avant de reprendre son sérieux, une expression chagrinée passant sur sa figure. Quel dommage que tu ne puisses pas être un Valet… Je voudrais que tu sois mon Valet… Mais Lucifel ne voudra jamais. Quand je ne suis pas assez sage, il me punit. Mais… au fond… nous sommes amoureux.

Une lueur flamboyante naquit dans ses prunelles tandis qu’il soufflait ces confidences – ou ces affabulations  – à l’adresse de Gilbert. Puis, comme pour masquer sa déception, il déclara tout en promenant ses doigts sur le mur rugueux :

– Mais enfin, de toute façon je suppose que tu es trop faible. Un Valet doit être assez fort. Je connais ta maladie. J’ai déjà vu des lapins avoir ça. Peut-être que ta mère était une lapine.

Il adressa un sourire sardonique à Gilbert. Il savait que cette dernière remarque le blesserait. Mais sa conscience s’arrêtait là. Il ne pouvait concevoir pourquoi ni dans quelle mesure l’injure marquerait Gilbert. Il n’en était pas capable.

– Alors, tu ne vois rien ? Car je sais que les gens comme toi ne voient presque rien. Est-ce que tu vois de quelle couleur sont mes cheveux ? Est-ce que tu vois combien j’ai de doigts ?

Il tendit sa main, repliant quelques doigts, vers Gilbert qui se tenait à quelques mètres de lui.

– Réponds correctement, ensuite tu pourras me poser toutes les questions que tu veux. Je connais tout sur l’orphelinat. J’étais le préféré du directeur.

Ajouta-t-il avec une fierté triste.



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Gilbert Edwig

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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Sam 19 Oct - 12:21

Hashberry s'était laissé tomber et demandait au petit de l'aider à se relever. Gilbert avait eu l'intérieure envie de refuser et de profiter de la flemmardise de son compagnon pour s'en aller. Cependant, malgré ce désir, il saisit les mains du Fou et l'aide, avec toute la force qu'il pouvait mettre, à se relever. Il fut surprit du baiser qu'il avait reçu et n'avait pas la moindre idée de comment réagir, il restait figé. Il fut aussi frustré qu'Hashberry l'ai renommé, il ne voulait pas de ce nom même si ce n'était que le temps d'un jeu dans lequel il avait été mené sans pouvoir refuser. Il ne comprenait pas pourquoi il se faisait nommé Mya, ce nom appartenait-il à quelqu'un ou bien sortait-il de l'imagination de son interlocuteur. Il n'avait même pas envie de savoir en vérité, il voulait juste qu'Hashberry arrête. Il n'écoutait même pas qu'à moitié ce que disait Hashberry, il pensait qu'il aurait dû partir, qu'il n'aurait pas dû aller là où il est allé, qu'il aurait dû suivre la route où est parti le médecin et trouver une ville, se débrouiller au lieux de chercher cet orphelinat qui deviendrait sa prison. Il n'aurait pas rencontré Hashberry, aurait peut-être trouvé meilleur refuge.

-  Je connais ta maladie. J’ai déjà vu des lapins avoir ça. Peut-être que ta mère était une lapine.  

Gilbert avait reporté son attention sur les paroles de son interlocuteur, jugeant qu'il parlait trop pour ne pas être un minimum écouté. Il se figeait net, comment osait-il dire cela ? Même si le but avait été de rire, cela n'avait rien de drôle ! Il se retenait de s'énerver, de toute manière il ne pouvait pas faire regretter à Hashberry ses mots. Il avait bien vu que ce garçon se fichait pas mal de sa souffrance. Il serra un peu plus fort son lapin en peluche, respirant lentement pour reprendre son calme. Il parvint à retenir une larme de colère qui allait couler de son œil. Il écoutait toujours son interlocuteur même s'il avait l'air absent. Il se forçait à l'écouter même s'il ne voulait plus rien entendre de ce que pourrait lui dire cet enfant. Hashberry fit remarquer qu'il savait que les personne souffrant d'albinisme voyait peu. Ainsi il fit un "test" à Gilbert lui demandant la couleur de ses cheveux et le nombre de doigts qu'il montrait. Il n'avait pas envie de répondre et restait un long moment silencieux, encore blessé par les mots d'Hashberry. Puis il regarda les cheveux du garçon qu'il trouvait de plus en plus bizarre, de plus en plus diabolique. Le blond de ses cheveux était tellement clair que Gilbert les voyait tout aussi blanc que les siens. Il distinguait mal les couleurs trop claires. Il regarda ensuite les doigts que montrait Hashberry, il en voyait trois.

- Je ne vois pas très bien la couleur de tes cheveux .. Je les voix blanc. Quant à tes doigts, j'en distingue trois...

Je n'avais jamais prêter tant attention à mes problèmes de vue avant. C'est assez léger, j'arrive à lire, j'ai juste un problème avec les couleurs et les lumières trop fortes. Je m'attends déjà à ce qu'il se moque de moi. J'évite à nouveaux son regard désormais que j'avais passer du temps à le regarder pour essayer de distinguer l’exacte couleur de ses cheveux. L'envie de partir a été remplacée par l'envie d'avoir la réponse à mes questions. Je ne sais pas encore vraiment ce que je vais pouvoir demander, mais je trouverais bien de bonnes questions à poser. Comme ce qu'il risquera de m'arriver là-bas. A l'orphelinat.
Maintenant que j'ai répondu, j'aimerais savoir si c'est correct.


- Euh, dis, j'ai bien répondu ?demanda-t-il, soucieux.

Gilbert trouvait Hashberry étrange et effrayant. Il redoutait de plus en plus ce que risquait de lui demander ce garçon. Il ne savait pas s'il pouvait lui faire confiance ou non. A cause de cela, il demeurait intimidé par le jeune Fou.
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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Lun 4 Nov - 14:16



Hashberry était si convaincu que Gilbert se méprendrait sur le nombre de ses doigts qu’il fut à la fois déçu et dérouté devant la réponse exacte énoncée par l’albinos. Il mit brusquement sa main derrière son dos et éprouva le désir impulsif d’ajouter quelques doigts afin de changer la donne, car le succès d’un garçon si faible lui était désagréable, irritant. Comme une sensation de démangeaison. Mais c’était trop tard. Et le regard rond et pur de Gilbert était trop envahissant. Une drôle d’impression accaparait le cœur de Hashberry, qui n’était pas accoutumé à l’agacement ou tout autre type de contrariété. Mais, bien qu’il ne fût pas bien en mesure de s’en rendre compte, ce qui le fâchait le plus à propos du petit Gilbert Edwig, c’était sa tendance tenace à ne jamais rentrer dans son jeu.

Hashberry, qui se considérait lui-même, à présent, en position d’échec et de repli, baissa la tête en laissant tomber ses bras maigres le long de son corps. Ses cheveux embroussaillés retombaient devant son visage. Il ressemblait encore davantage à une poupée, inconsistante et asthénique, complètement lâche. C’était là une façon singulière mais efficace d’exposer son désappointement. Cette habitude datait du temps où il demeurait auprès de sa belle-mère, et à l’époque il l’alternait avec son penchant pour l’apnée. Couper sa respiration jusqu’à virer à l’écarlate était une autre tendance appréciée par Hashberry Hole.

Toutefois pour l’heure, Hashberry devinait que ses tentatives se révèleraient, comme toutes les précédentes, vaines. Gilbert était tout ce qu’il n’était pas. Les mots qu’ils se lançaient rebondissaient sur l’autre comme un boomerang. Stérile.
Le Rossignol poussa une longue plainte, entre chant macabre et gémissement apathique,  courbant les épaules sans lever la tête. Il avait un peu envie de griffer quelque chose. Quelqu’un.
Sans répondre à la question de Gilbert du fait que l’éventuelle réponse lui déplaisait, il finit par lâcher d’une voix forte, presque criarde :

– Je vais tout t’expliquer. Car ça se voit que tu comprends rien !

Hashberry se mit alors à parcourir le plancher grinçant, le corps quasiment plié en deux. Il ressemblait réellement à un jouet détraqué. Brusquement, il s’empara d’une petite chose noire et agitée qu’il tenailla entre deux doigts, l’approchant tout près de son visage cireux. Un cafard.
Revenant à grands pas vers Gilbert, qui semblait avoir reculé, lui, de plusieurs pas, il le saisit par le col et l’entraina au centre de la pièce où il lui intima de s’asseoir.
En tailleurs sur le sol, l’insecte frétillant toujours entre ses doigts recourbés, le petit Fou sortit de sa poche sa boite d’allumettes, l’ouvrit avec les dents d’un geste maitrisé et fouilla à l’intérieur. Il en sortit une épingle à peine rouillée, qu’il montra à Gilbert de la même manière que les prestidigitateurs exposent à leur audience certains de leurs instruments. Puis, toujours aussi brusquement mais non sans une précision redoutable, il transperça le cafard et l’empala à même le plancher. L’insecte se débattait vainement, offrant aux enfants un spectacle absolument pathétique qui n’émut pas Hashberry. L’habitude, peut-être.

– Ça, c’est toi. Tu comprends ? Gilbert, est-ce que tu comprends ?

Il empoigna fermement le menton de son camarade, serrant les dents en fronçant les sourcils. Puis, sans le lâcher des yeux, Hashberry abattit soudainement son bras à son côté, faisant sursauter le garçon. Un second insecte remuait entre ses ongles sales. Toujours sans lui adresser le moindre regard, Hashberry – il fixait toujours Gilbert – le perfora avec cette dextérité étonnante qui semblait chez lui parfaitement innée.  
Il reproduisit le geste plusieurs fois, capturant les insectes imprudents qui avaient l’audace ou l’inconscience de s’approcher trop près de sa main experte. Chaque fois, il sortait une aiguille de sa boite d’allumettes et les épinglait devant lui, exposant à Gilbert un tableau des plus sordides, mais qui dans sa logique était à la fois ludique et instructif. Il réussit ainsi à dresser une véritable hiérarchie, ordonnée et complète, en fonction des emplacements et des espèces de chacun des insectes cloués au sol. Une véritable œuvre d’art, en somme.

– Ecoute-moi bien, Gilbert. Ici, ce sont les orphelins comme toi. Il balaya de son doigt pâle la ligne de cafards grouillants qui représentait le bas de la pyramide. J’ai bien évidemment choisi les plus laids et les plus misérables. C’est normal. C’est logique, Gilbert. Non ? Hashberry adorait le mot « logique », ce qui en l’occurrence était assez cocasse. Ensuite, il y a les moins bas que toi. Disons que, si toi tu es… une merde, de la merde, eux ils sont… de la boue !

Il se força à ne pas rire, mais juste parce qu’il voulait faire le professeur sérieux devant Gilbert.

– Ce sont les cloportes. Après, les punaises. Ils sont pas grand-chose, mais quand même. Plus que toi. Peut-être… de la terre, du sable. Après, les gendarmes. Tu les vois ? Rouges et noirs. Chaque fois, il pointait un nouveau groupe d’insectes épinglés. Les chevaliers. Ils font régner l’orde. Hashberry ne savait pas prononcer le mot « ordre ». Ici, c’est moi. Le Fou. Je suis beau. Il désigna un moustique à la teinte légèrement bleutée. Le moustique était déjà mort, mais il ne semblait pas l’avoir remarqué. Les cousins. C’est les Valets. Serviteurs. Les perce-oreilles sont les grands. Les aristocrates. Comme Alexiel et Albert. Regarde : un, deux, trois. Avec leurs femmes. Le plus gros, c’est Andreas. Il fait peur, hein ? Il fait peur, Andreas. Et enfin, cette coccinelle est Alix. La plus belle, n’est-ce pas ? Une princesse. Elle est belle. L’araignée c’est Lucifel. Je sais que l’araignée n’est pas vraiment un insecte, parce que Eleveira me l’a dit un jour, mais je trouve que ça ressemble, et puis l’araignée a plus de pattes alors je me dis qu’elle peut être reine des insectes. Comme Lucifel est prince de nous. Et les adultes, c’est tous les insectes morts qu’il y a sous le plancher. En fait, je ne sais pas s’ils sont morts. Mais ils ne sont plus là, c’est presque pareil. Ils doivent dormir quelque part. Comme ma maman.

Il se tut un instant en respirant profondément, lentement. Il observait son tableau d’insectes, absorbé, satisfait.
Puis, tout à coup, il se mit à arracher les aiguilles qui maintenaient les bestioles prisonnières pour ensuite les écraser de sa paume-même de façon frénétique. Ses traits étaient crispés sous la tension excitée et sauvage que lui procurait une telle action. Sa main s’abattait avec force et vélocité sur le parquet râpeux, écrabouillant les pauvres créatures en souillant sa main d’un jus brunâtre.

Lorsque l’ensemble des insectes, y compris l’araignée, fut réduit en bouilli, Hashberry contempla ce carnage le souffle court et haletant, un bourdonnement sourd vibrant dans ses tempes. Il essuya ses mains sur ses culottes courtes, striant le tissu noir de quelques taches luisantes. Puis il dit, les joues rosies par l’échauffement, le regard fiévreux :

– Voilà. C’est comme ça, Cloverfield. Que veux-tu faire, maintenant ?





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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Sam 9 Nov - 12:31

Gilbert attendait sa réponse avec curiosité, s'était-il trompé ? Hashberry semblait faire une mine déçue, qu'est-ce que cela voulait bien dire ? Qu'il avait juste ou qu'il s'était trompé ? Le petit albinos fut surprit lors que son interlocuteur baissa la tête et laissa tomber ses bras comme s'il était une marionnette dont on avait cessé de tirer les ficelles. Après un instant de silence rythmé par les soupirs plaintifs du garçon blond, celui-ci se mit à parler haut et fort, il criait presque. Il disait qu'il allait tout expliqué à Gilbert qui semblait ne pas avoir comprit. Ne pas avoir comprit quoi ? Sur le coup, il n'avait pas comprit, vraiment. Il vit ensuite Hashberry parcourir la pièce, le dos courbé, il n'avait pas l'air bien, du moins pas très net. Gilbert le regardait avec intrigue et crainte, qu'arrivait-il soudain à ce garçon ?! Il le vit ensuite saisir quelque chose et le regarder attentivement avant de revenir vers lui. L'albinos se figeait et reculait de quelques pas avant de se figer malgré lui. Il prit peur lorsqu'Hasberry le saisit par le col et le traina au centre de la vielle cabane. Gilbert le regardait s'assoir et mit un moment avant de faire de même.

Ça, c’est toi. Tu comprends ? Gilbert, est-ce que tu comprends ?

Le sentiment de peur et d'angoisse grandissait lorsque, sans lui laisser le temps de répondre, Hashberry avait fermement saisit le menton de Gilbert comme pour obliger le petit à le regarder. Il était tétanisé, ayant honte et peur de penser que son interlocuteur était fou. Il achevait les insecte un a un, ils mouraient sur le coup, c'était mieux. Mais cette scène macabre ne servit qu'à apeurer le jeune garçon aux cheveux blancs neige. Il écoutait tant bien que mal les explications de ce garçon fou, essayant de ne pas étouffé la voix de celui-ci avec ses pensées, son désir de fuite mais aussi sa respiration qui s'était accéléré. La hiérarchie était assez simple, tout ce qu'il avait à retenir c'était qu'il était en dessous de tout et qu'il devait respecter les gens portants le noms cités qu'il savait pertinemment qu'il les oublierait.
Comme si ce qu'il avait fait avant ne suffisait pas, Hashberry s'était mit à écraser les insectes, demandant ensuite à Gilbert ce qu'il voulait faire. Le petit restait un long moment silencieux, encore paralysé par la peur. Ce qu'il voulait ? S'enfuir, partir loin, très loin ! Mais il n'osait pas bouger, même pas le dire.


- J-je ne sais pas ... Je n'ai pas d'idée non plus.

Il restait ensuite silencieux, calmait petit à petit son souffle affolé, tentait au mieux de rester calme. La vue des corps écrasés des insectes lui donnaient presque la nausée. Il n'arrivait pas à s'enlever l'image d'Hashberry qui les exécutait un a un, eux qui n'avait rien fait, eux qui étaient mort juste parce qu'ils n'étaient rien aux yeux de ce garçon, comme aux yeux de tous. D'où venait cette horrible hiérarchie de la nature, d'où venait la hiérarchie de Cloverfield ? Sans doute un jeu enfantin servant à amuser ceux qui se trouvaient au sommet de la pyramide.
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MessageSujet: Re: Effrayante cabane [P.V Hashberry]   Jeu 14 Nov - 18:49


Gilbert était une loque.
Hashberry ne supportait plus la mollesse dans son corps, dans sa voix, dans ses yeux. De brusques désirs de l’écraser aussi nettement que les insectes élançaient son cœur. Il ressentait des pulsions sordides et nerveuses, l’incitant à vouloir peindre de rouge la figure trop lisse de Gilbert.

Il avait été si gentil, si patient avec lui ! Il l’avait rassuré, il l'avait inclus dans ses jeux, il lui avait témoigné confiance et affection. Il l’avait instruit, préparé. Même embrassé sur la bouche ! Et tout ce que Gilbert savait faire en retour, c’était d’émettre ces bégaiements vains, fades. Je ne sais pas, je n’ai pas d’idée, je ne sais pas, je suis un pauvre petit enfant abandonné.
Ah, s’il avait eu affaire à Lucifel, ça ne se serait pas passé comme cela ! Hashberry avait l’esprit assez aérien, assez tangible pour ne pas se laisser trop atteindre par les attitudes irritantes des « enfants faibles ». Mais si même lui commençait à perdre patience, il n’osait imaginer comment son Prince aurait réagi face à tant d’apathie. Peut-être l’aurait-il simplement tué.

Hashberry soupira. Il fit signe au garçon de se relever, ce que le garçon fit, puis il s’avança prestement vers la porte. Il l’ouvrit très grand, d’un coup sec et vaguement théâtral. L’autre attendait la suite, serrant son lapin aussi flasque que lui entre ses bras repliés. Ses yeux roses ressemblaient à deux boutons brillants, et Hashberry eut envie de les lui arracher.
Oh, à quoi bon ? Même en tant que poupée, Gilbert ne serait pas drôle.

– Tant pis. Si tu ne veux rien savoir d’autre, on y va. C’est l’heure.

Son ton était à la fois sec et sentencieux. L’allure grave, le menton légèrement relevé, Hashberry désigna l’extérieur du doigt. Il attendit que Gilbert passât la porte avant de le pousser dans le dos en serrant les dents.

– Allez, dépêche-toi Gilbert ! Tu ne veux certes pas être en retard pour ton arrivée ! Allez Gilbert, allez !

Et tout en vociférant, Hashberry ne cessait de bousculer Gilbert de tous côtés, le pressant lorsqu’il était trop lent, le freinant lorsqu’il accélérait l’allure. Il en avait marre de lui, il était las et irrité, mais se trouvait à la fois confus et chagriné de perdre son nouveau jouet. De toutes façons, il ne comptait pas le lâcher. Une fois que Gilbert aurait passé la porte de l’orphelinat, il serait toujours un peu à lui. Il y veillerait.

Sur le chemin, Hashberry s’autorisa à cueillir, de nouveau, quelques baies trop mûres qu’il engloutit sans prendre la peine d’éviter de se salir. Il en eut bientôt plein les mains, plein la bouche, le jus pourpre dégoulinant sur ses joues et son menton. Cela ne faisait qu’alimenter son aura légèrement frappée. D’ailleurs, Gilbert lui-même le considérait d’un air suintant l’horreur.
Cela fit rire Hashberry qui pouffa, projetant ainsi quelques gouttes de jus sur le visage déconfit du garçon. Et sur son lapin.

– Oh pardon ! dit-il, mais on ne pouvait que constater à quel point cette phrase manquait de justesse. Remarque, ça lui va bien, tu ne trouves pas ? Il manque de couleur, ce lapin, qu’il est triste ! Il est si triste, Gilbert, regarde. Si triiiiiste. Attends. Regarde.

Le Fou plaqua ses mains souillées sur la figure molle de la peluche, barbouillant la surface cotonneuse du liquide épais et poisseux. Il rit à nouveau, d’un rire lent et monotone, contemplant sa propre création. C’était en toute sincérité qu’il trouvait le lapin bien plus joli. Il ne faisait pas semblant, pour embêter son camarade. Il songeait réellement qu’il venait de sublimer l’allure du compagnon de Gilbert.

– Tu en veux ? proposa-t-il en mettant ses doigts gluants sous le nez du garçon.

Devant le refus manifeste de Gilbert, il haussa les épaules et suça seul l’ensemble de ses dix doigts, reprenant sa marche en sautillant tel un gai cabri.


La porte de l’orphelinat, sombre et massive, fit sensation auprès de Gilbert. Hashberry le vit secoué d’un frisson, étreignant son lapin plus fort contre lui.

– Tu as peur ? C’est ça ? Ou tu as froid ?

Le Rossignol peinait bien à définir ses propres sentiments. Il était fort incapable de comprendre ceux qui habitaient les autres.

– C’est quoi ton Totem ?

Gilbert lui répondit de sa voix éteinte. Il ne le savait pas encore. Bien sûr. Hashberry fronça les sourcils, puis plaça sa main sur son menton d’un air exagérément réfléchi.

– Hm, cela ne me dit rien qui vaille la peine.

Il venait de confondre et de mélanger trois expressions, mais le résultat sembla le séduire car il adopta une mine encore plus excessivement sérieuse.

– Je pense que tu seras une sorte d’animal rampant. Comme… Un ver de terre ! Sais-tu, Gilbert, que je suis un oiseau ? Et sais-tu, Gilbert, que les oiseaux mangent les vers de terre ?

Le rire de Hashberry Hole fusa dans l’air comme un coup de tonnerre. Sans cesser de rire, il tourna les talons et s’en alla gaiement, joyeusement, gracieusement. Il dansait, bondissait, tournoyait, emporté par sa propre allégresse. Quand même, il s’était bien amusé.

Spoiler:
 
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