EVENT PERMANENT ♣ Entre les murs.



 

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Le Sycophante

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MessageSujet: EVENT PERMANENT ♣ Entre les murs.   Mar 14 Mai - 19:45


Procès d'Alistair Knight.


Quand le nom d’Alistair avait été prononcé, l’étonnement était collectif. Même s’il était partagé avec l’envie hargneuse de ne pas laisser cet affront impuni, le fait qu’un chevalier trahisse impunément la royauté était quelque chose d’assez bouleversant pour tout le monde. Ainsi, il existait vraiment des orphelins qui osaient se rebeller.
Alistair avait tenté de s’échapper, mais au fond, il savait que cela allait être bien plus compliqué que ce qu’il paraissait. Et à vrai dire, semer tout un orphelinat entier, pour sauver sa peau, était tout bonnement impossible. Ainsi, ce fût Arthur, son compagnon d’armes, qui le dénicha en premier. Autant dire qu’avec son imposante carrure, ramener le traître à la royauté avait été un jeu d’enfant pour lui.
Mis à genoux devant les trônes du Prince et de la Princesse, le blond resta tête baissée ; il valait mieux pour lui. Alix dévisagea le chevalier, une moue agacée sur son visage de poupon. Elle observa Lucifel quelques instants, attendant qu’il prononce la sentence, avant de se décider à prendre les devants. Elle se leva gracieusement, et descendit de son piédestal, pour se poster juste devant Alistair. « Mon cher Alistair, tout cela me désappointe au plus haut point ! Je pensais que nous pouvions avoir confiance en toi… » Elle soupira longuement, véritablement agacée. « Ne t’en fais point, tu ne perdras pas ton titre, même si tu as définitivement perdu notre estime ! » La fillette se pencha légèrement ; Alistair gardait toujours la tête baissée. Aucune réaction n’était lisible sur son visage, et ce n’était pas sans déplaire à la Princesse. Du bout de ses doigts fins, elle vint lui donner une tape sur le front, l’incitant à relever sa tête. Les yeux dans les yeux, et un sourire grandissant sur les lèvres, elle prononça enfin la sentence. « Emmenez le au pénitencier ! »



La nuit commençait déjà à tomber, sur l’orphelinat, et mieux valait ne pas trop s’attarder en ces endroits, de nuit. Les enfants étaient surexcités : comme la première fois, ils allaient châtier un haut gradé. Une fois encore, ils réalisaient que face au Sycophante, ils dansaient tous sur le même pied. En tête du cortège, Alistair était poussé de tous les cotés, contraint et forcé d’avancer vers le pénitencier. Une fois arrivés, tous les orphelins attendirent le discours du Prince. « Alistair, tu vas être ravi, nous t’avons préparé une punition à ta hauteur ! » A ces mots, un petit groupe de garçons s’avança vers eux, un cercueil sur leurs épaules. Les planches étaient à moitié rongées par les insectes, et ne semblaient tenir que par quelques clous mal enfoncés. Lucifel reprit, un sourire méprisant sur le visage. « Essaie donc de te sortir de ce cercueil ! Tu as bien évidemment la nuit pour y parvenir, mais si j’étais toi, je ne tarderais pas trop dans cette boite. Les remords doivent être affamés, il serait fâcheux d’avoir affaire à eux… » Alix, observant le soleil passé sous l’horizon, donna un petit coup de coude à Lucifel. Il fallait en finir, et vite ; sinon, eux aussi pourraient bel et bien être confrontés aux remords. Le Prince hocha la tête, et aussitôt, une bande d’enfants sauta sur Alistair, le souleva, et vint le déposer dans le cercueil. Bien évidement, le Chevalier se débattit, essayant d’échapper à cette torture ; mais en vain. Les fossoyeurs avaient refermé le cercueil, et commençaient à le descendre dans une fosse spécialement creusée. Alistair était désormais bel et bien prisonnier.
Tandis que des orphelins refermaient le trou, sous des montagnes de terre, Alix se pencha au dessus du cercueil. « Passe une douce nuit, cher Chevalier… » Entre les parois terreuses, comme si Alistair avait entendu les mots de la Princesse, le cercueil s’agita…

CONCRÈTEMENT...

    ▬ Dans ce topic, tu vas devoir rédiger la nuit d’Alistair. Seul toi es autorisé à poster ici. Les règles du rp ne change pas, et tu peux relater le parcours de ton personnage, en autant de post que tu le désires. Tu as un mois pour finir ce topic, mais compte tenu de ton absence, tu pourras commencer tout ça une fois que tu seras de retour parmi nous, évidement !
    ▬ Si tu veux crois en la chance et le hasard, tu peux te servir des dés « Let’s gamble » pour établir le succès ou l’échec de ce qu’entreprend Alistair. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est toujours plus amusant ! A toi de voir pour la suite. (Les infos sur les dés sont disponibles ici.)
    ▬ Parlons maintenant des remords. Je vais lancer le dé trois fois. Si il n’y a aucun remord qui apparaît, tu es tranquille pour la nuit ; si un remord sort, tu auras affaire à un petit groupe (environ 5 ou 6) ; si deux remords sortent, le groupe sera plus conséquent (une quinzaine, environ) ; si trois faces « remords ! » apparaissent, ce sera une vingtaine de remords qui viendront « jouer » avec toi. A toi de voir à quel moment tu veux les faire intervenir, et de quelle manière !
    ▬ D’ailleurs, nous sommes dans la cour intérieure : cela signifie qu’il n’est pas improbable que la Perte vienne te rendre une petite visite !

    Bon courage ♥

    De plus, Andreas Sheppard gagne le droit de donner une mission à quelqu'un via le Sycophante. Il peut utiliser ce bonus à n'importe quel moment. Contacter un admin pour toute question~ Félicitations à lui !

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MessageSujet: Re: EVENT PERMANENT ♣ Entre les murs.   Mar 14 Mai - 20:15

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Alistair L. Knight

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MessageSujet: Re: EVENT PERMANENT ♣ Entre les murs.   Mer 12 Juin - 19:12


La nouvelle lui fit l’effet d’un coup de poing en pleine figure. Alors comme ça, il était démasqué. On savait ce qu’il avait fait. Soit. Il ne regrettait pas son geste. Même s’il était allé à l’encontre des ordres de la Royauté, si c’était à refaire, il le referait. Sans hésiter une seule seconde. Heureusement pour lui, il était seul au moment où son nom avait été hurlé dans les haut-parleurs. Il courut se mettre « à l’abri » dans un des recoins les plus reculés de l’orphelinat, même s’il savait que c’était vain. Qu’on le retrouverait quoiqu’il fasse. Tant pis. Il ne se rendrait pas de lui-même.

Il profita des quelques minutes de répit qu’il avait pour reprendre son souffle et réfléchir. Sur le coup, ne pas dénoncer le gamin avait semblé la bonne solution. Il était chétif, débile même, il n’aurait pas survécu à une punition. Et puis, bon, il n’avait rien fait de très grave. Ce n’était pas vraiment une offense cruelle qui aurait mis en danger le Royauté et l’Aristocratie. Cela faisait-il de lui un mauvais Chevalier ?

Des bruits de pas le tirèrent de ses pensées. Il déglutit difficilement en voyant l’imposante silhouette se profiler sur le pas de la porte. Il était lui-même pas trop mal bâti, mais à côté d’Arthur, il faisait pâle figure. Il se laissa faire, il aurait besoin de toutes ses forces pour la suite. Il ne doutait pas qu’on tenterait de lui faire amèrement regretter ses actes.  

Cependant, la honte l’écrasa quand on le mit à genoux devant le Prince et la Princesse. Les yeux rivés au sol, la mâchoire crispée, il paraissait loin de tout. Même si en réalité, chaque mot, chaque phrase éraflait son égo et sa fierté. Que penserait sa sœur si elle le voyait, là, à genoux, parce qu’il avait pêché, parce qu’il avait failli à ses devoirs de chevalier ? Serait-elle déçue ? Evidemment. Tout comme les personnes qu’il servait et qu’il respectait. Son cœur se serra douloureusement : il avait perdu leur confiance. Que lui restait-il ?

On le traina violemment jusqu’au pénitencier. La douleur physique le laissait de marbre. Les railleries, elles, le touchaient bien plus efficacement. Il se sentait humilié. Dans la confusion de ses émotions, seule restait constante, phare dans la tempête qui écrasait toutes ses pensées rationnelles, sa haine envers celui qui l’avait dénoncé. Andreas. Qu’il n’espère pas de clémence de sa part. Oh, il ne commettrait pas l’erreur de faillir à ses devoirs de Chevalier, mais il le ferait payer. Une grimace déforma son visage. Il venait de se faire un ennemi mortel

Il prêta à peine attention à la Princesse, trop occupé à fulminer contre son délateur. Mais la vue du cercueil le ramena brutalement au présent. Ils… Ils n’allaient tout de même pas… l’enterrer vivant ? Non, non, ce n’était pas possible ! Ils ne pouvaient pas faire une chose pareille, ils le condamnaient aussi sûrement que… que de l’enfermer avec des Remords ! Il se débattit de toutes ses forces, griffant, mordant même. Il parvint même à libérer un de ses bras et à l’abattre violemment sur la pommette de… de qui, d’ailleurs ? Mais on le retint à nouveau. On l’enferma. Il entendit chaque coup de marteau résonner à l’intérieur. Il frappa de toutes ses forces contre le couvercle. Rien. Il tenait solidement. Il sentit brusquement qu’on le faisait descendre, au fond de la tombe que l’on avait spécialement creusée pour lui. Il s’agrippa désespérément aux parois du cercueil, pour s’assurer un semblant de stabilité pendant la descente.

Comment allait-il faire pour s’en sortir ?

Il voyait la terre le recouvrir lentement à travers les planches mal agencées du couvercle. Il se sentait étouffé, lentement, sûrement. Il pouvait presque sentir chaque particule d’humus s’infiltrer dans ses poumons et loger au fond de ses bronches, au creux de ses alvéoles…

Il se força à se reprendre en mains. Il ne pouvait pas mourir. Pas ici, pas comme ça. Un sursaut d’orgueil lui redonna courage : il ne serait pas dit qu’un fichu cercueil vaincrait Alistair. Il était Chevalier, bon sang ! Il redoubla d’effort et frappa de toutes ses forces contre les parois du cercueil. Ses poings martelaient méthodiquement toutes les parcelles qu’ils pouvaient atteindre, recouvraient les planches de sang et de sueur. Ses jambes n’étaient pas en reste : coup de genoux, coup de pieds, tout était bon pour faire céder sa prison de fortune.

Au bout de longues minutes, il finit par se laisser et par s’allonger, les mains reposant sur sa poitrine, qui se soulevait violemment au fil de la respiration erratique du jeune garçon. Il ferma les yeux. Les serra fort, le plus fort possible, pour retenir ses larmes qui menaçaient de couler.

On aurait presque pu le prendre pour un cadavre.

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Alistair L. Knight

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MessageSujet: Re: EVENT PERMANENT ♣ Entre les murs.   Jeu 13 Juin - 18:39


Il rouvrit brusquement les yeux. Il lui avait semblé entendre des… pas. A la surface. Loin au-dessus de lui. Etait-ce des Remords ? Pouvaient-ils le sentir ? Son cœur s’affola, le sang lui battait dans les tempes. Une goutte de sueur froide glissa le long de sa joue pour se perdre dans son cou. Il se força à rester silencieux, il alla même jusqu’à plaquer ses mains sur sa bouche pour éviter qu’on ne perçoive le son de sa respiration. Il tendit l’oreille dans le noir, les yeux écarquillés par la peur. Non, non, il n’entendait plus rien. Mais ça ne voulait rien dire. Peut-être que… la chose attendait en haut du cercueil. Peut-être qu’elle était encore plus patiente que lui et qu’elle savait qu’il était condamné. Peut-être se disait-elle simplement qu’elle n’aurait qu’à déterrer le Chevalier au lever du jour et à le tuer, à le dévorer, à l’écarteler.

La peur l’étreignit violemment, enserrant sa poitrine de ses griffes acérées. Il fallait qu’il sorte de ce foutu cercueil, à tout prix, ou il ne donnait pas cher de sa peau. Si ce n’étaient pas les Remords, ce serait le manque d’oxygène qui l’achèverait. Il recommença à abreuver le bois vermoulu de coups, sentant la masse de terre qui le recouvrait étouffer les chocs de plus en plus faibles de ses poings ensanglantés contre le couvercle. Tant pis pour l’étrange créature qui n’était peut-être que le fruit de son imagination. Il fallait qu’il sorte.

Non, il fallait qu’il se calme. Qu’il respire profondément et qu’il réfléchisse. Il n’arriverait à rien à frapper au hasard contre le cercueil. Il s’épuisait inutilement et il risquait d’alerter les Remords. A moins qu’ils ne soient déjà au courant. Peut-être même étaient-ils en train de creuser en ce moment même… Non, stop. Une chose à la fois, c’était amplement suffisant.

Combien de temps s’était écoulé depuis son enfermement ? Il regrettait de ne pas avoir de montre. Quoique non, il n’aurait pas réussi à lire le moindre chiffre, vu qu’il était plongé dans une obscurité parfaite. Mais au moins, le bruit des aiguilles aurait brisé le silence infernal dans lequel il baignait. S’il n’avait pas peur du noir, le silence l’oppressait.

Il devrait d’abord faire céder le couvercle, d’une manière ou d’une autre. C’était sa seule issue possible. Il regrettait de ne pas avoir de notions de menuiserie, il aurait pu trouver un point de faiblesse, un défaut de fabrication, quelque chose qui lui aurait permis de briser l’unique obstacle entre lui et la liberté. Il fit glisser ses doigts meurtris le long des planches mal assemblées qui formaient la chape. Il lui sembla qu’une des planches était moins résistante que les autres, plus souple. Et plus facile à casser, par la même occasion. Bien. Il débuterait par là.

Il regrettait de ne pas avoir son arme avec lui. Mais on l’avait désarmé avec une facilité déconcertante. Il aurait du mal à se faire respecter par la suite. Abruti, t’as fini de t’inquiéter de ton image, oui ? Commence par t’en sortir vivant, ça te sera nettement plus utile. Allez, haut les cœurs, poltron, casse-moi ce foutu cercueil ! Tout de même, il devrait penser à conserver une seconde arme avec lui, à l’avenir, ou un outil solide. Ça pourrait lui être utile s’il se faisait enfermer à nouveau. S’il ne passait pas l’arme à gauche, bien sûr.

Il inspira profondément et posa ses mains sur la planche rongée par l’humidité. Il en testa la souplesse et en traça doucement les contours. Il repéra une fente dans laquelle il pouvait glisser les doigts. Hum. Il pourrait tirer la planche vers lui grâce à cette encoche, mais il était beaucoup trop à l’étroit pour pouvoir réellement user de toutes ses forces. Bien, il ne lui restait qu’une option.

Il poussa de toutes ses forces contre le couvercle, pile à au cœur de la planche, de son issue de secours.

Dans son impatience, un léger détail lui échappa : les monceaux de terre ne l'écrasaient pas que pour une unique raison. Raison qu'il s'apprêtait justement à briser.

***

Oui et Oui : La planche cède et de la terre entre dans le cercueil.
Oui et Non : La planche cède, mais il reste à l’abri de la terre.
Non et Oui : La planche résiste, mais de la terre entre dans le cercueil.
Non et Non : La planche résiste et il reste à l’abri de la terre.
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MessageSujet: Re: EVENT PERMANENT ♣ Entre les murs.   Jeu 13 Juin - 18:39

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Alistair L. Knight

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MessageSujet: Re: EVENT PERMANENT ♣ Entre les murs.   Mar 29 Oct - 20:56

You don't want to go out in the night. Take my word on that. It's out there.


Il était maudit. Vraiment maudit. Sérieusement, le cercueil ne payait pas de mine quand les orphelins l’avaient apporté. Maintenant, il se révélait plus solide qu’une cage en acier. Il arrêta de pousser comme un forcené sur le couvercle et tenta tant bien que mal de reprendre sa respiration. L’air devenait de plus en plus chaud et embué. Qui sait combien de temps il lui restait avant de suffoquer par manque d’oxygène. Il fallait qu’il sorte. Et vite. Il voulait respirer l’air frais de la nuit une dernière fois avant de mourir. Cette pensée s’imposa dans son esprit et le malmena jusqu’à ce qu’il reprenne entièrement courage.

Bien. Puisque le couvercle refusait de céder – les menuisiers s’étaient surpassé, semblait-il –, il ne lui restait plus qu’à trouver une autre issue. Il décida bon gré, mal gré de s’intéresser aux côtés. Peut-être que s’il parvenait à fragiliser un des coins, il pourrait réussir à s’extirper… d’une manière ou d’une autre. Il n’avait jamais été très souple, mais présentement, il n’avait pas réellement le choix.

Il soupira et fit glisser une nouvelle fois ses mains le long de sa cellule boisée. Rien, rien, toujours rien, juste des planches et… Brusquement, ses doigts s’enfoncèrent dans la terre meuble et humide. Là, une fissure qui avait échappé à sa précédente inspection ! Juste entre le couvercle et le corps du cercueil. Il pouvait même sentir le métal froid d’un clou tordu. Il attrapa solidement la planche et tira de toutes ses forces.

Elle céda d’un coup, dans un craquement formidable.

Alistair s’immobilisa et tendit l’oreille. Le bruit avait-il attiré les Remords ? Il écouta en silence le vent qui soufflait violemment à la surface. Apparemment non. Un soupir de soulagement lui échappa. Il ne se sentait pas d’humeur à affronter quoique ce soit avant même d’être sorti de la terre. Il sentit quelque chose d’humide et de meuble lui tomber doucement sur le corps. La terre commençait à entrer dans le cercueil. Il était temps qu’il se tire d’ici.

D’une main quelque peu tremblante, il ajusta son foulard autour de son visage. Ses narines et sa bouche étaient recouvertes : au moins, il n’aspirerait pas de terre accidentellement, lors de sa remontée. L’ouverture était trop fine pour qu’il puisse s'y glisser, mais elle lui offrait une meilleure prise. Détruire cette boite en bois devenait tout d’un coup bien plus simple. La deuxième et la troisième planche lui demandèrent bien moins d’efforts. Finalement, il se retrouvait avec un passage suffisamment large pour le laisser passer. Bien. Les choses sérieuses pouvaient commencer.

Il ne pensait pas que les orphelins l’avaient enterré trop profondément. La terre lui semblait incroyablement molle et friable. Il glissa sa main à l’extérieur du cercueil : non, en effet, il ne devrait pas avoir trop de mal à se frayer un chemin jusqu’à l’air libre. Du moins, il l’espérait fortement. Il commença à creuser. La terre s’accumulait autour de lui. Il s’arrêta et, après une légère hésitation, glissa une des planches à sa ceinture. Au moins, aurait-il un semblant d’arme pour se défendre, là-haut. S’il réussit à sortir.

Il ne pouvait plus faire marche arrière. Il plongea vers la surface, au risque de rester coincé, là, pour l’éternité.

Il creusa sans répit. Il n’avait pas prévu que la friabilité de la terre lui causerait autant de soucis : au lieu de l’aider à remonter, les mottes s’effondraient sous son poids et il se sentait glisser sans cesse. Le sang lui battait dans les temps de plus en plus violemment : il se sentait proie face à une araignée vicieuse, qui l’attirerait inexorablement vers sa gueule béante et brûlante. Il se débattit de plus belle, dans ce cocon de terre qui l’enserrait délicatement…

Et tout d’un coup, il ne sentit plus rien.

Sa main remuait dans le vide. Aurait-il enfin atteint la surface ? Cette pensée lui conféra un regain de courage et d’énergie. Il agrandit l’ouverture et risqua un regard : rien, il ne vit rien d’autre que l’obscurité. Néanmoins, il sentit un léger courant d’air frais lui effleurer le front. Un sourire victorieux lui barra le visage : il avait réussi ! Il s’était soustrait à l’attraction malsaine du cercueil !

Il s’extirpa tant bien que mal, couvert de terre, noir comme un charbonnier. Il aurait au moins l’avantage de pouvoir se fondre dans l’obscurité alentour. Il leva les yeux au ciel : la nuit était bien entamée. Il ne s’en sortirait pas sans anicroche, il le savait. Mais à présent, il avait la certitude qu’il vivrait… ou qu’il mourrait au combat. Il ne faillirait pas.
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MessageSujet: Re: EVENT PERMANENT ♣ Entre les murs.   Mer 30 Oct - 13:07

Enroulée au fond de son puits, la Perte guettait le moindre son qui lui parvenait, à la fois étouffé et plus sonore, à travers la terre. Dans l'après-midi, elle avait entendu qu'on creusait dans la cour intérieure, plus particulièrement dans un coin de ladite cour où il se passait toujours des choses désagréables pour les pauvres orphelins qui s'étaient fait attraper à faire de grosses bêtises. Pourtant, on creusa seulement et puis ce fut tout. Déçue, la Perte s'était endormie.

Ce ne fut que plus tard dans la soirée qu'elle fut tirée de son sommeil par des cris de joie triomphants et autres huées à l'adresse d'un mauvais pion. La sirène se redressa sur ses bras et tendit l'oreille, excitée. Le bruit du marteau contre le bois lui parvenait, déformé et résonnant, mais elle savait le reconnaître. Puis celui d'une caisse qu'on laisse tomber avec un bruit sourd et enfin celui des pelles qui remuent la terre et qui la tassent. On venait d'enterrer quelque chose – ou quelqu'un vu les protestations apeurées – dans la cour. Peu à peu, le brouhaha cessa à mesure que les orphelins se cloîtraient dans le bâtiment avant l'arrivée de la nuit. Une clé tourna dans une serrure et puis ce fut le silence. La Perte leva la tête vers le ciel déjà sombre. Il ne faisait pas tout à fait nuit mais une lumière pâle et bleu opaque obscurcissait le monde de Cloverfield. Avec un sourire, la Perte s'accrocha au mur du puits pour entreprendre son ascension. Elle mourrait d'envie de voir le cadeau qu'on lui avait laissé...

Dans la cour intérieure flottait constamment une odeur ténue de poisson pourrie qui venait du fond du puits désaffecté. Mais quand la sirène qui vivait dedans – et qui exhalait ce doux fumet de putréfaction – décidait de remonter à la surface, cela se sentait aussitôt car la puanteur ne cessait de croître à mesure qu'elle se rapprochait de l'ouverture de sa demeure souterraine. Avec un immonde bruit flasque et mouillé, la Perte émergea, s'agrippant à la margelle pour se hisser à l'air libre avant de se laisser tomber sur le sol avec un son semblable à celui d'abats d'animaux qui s'écrasent sur un billot de boucher. Le monstre leva sa grosse tête vers le chevalier qui venait de s'extraire de la tombe. Elle le fixait de ses yeux dissymétrique – un dont l'iris était d'une pâleur morbide et l'autre d'une noirceur de cauchemar – tout en se léchant les lèvres d'un air goulu, dévoilant de petites dents pointues et effilées comme des lames de rasoirs. Ses cheveux rêches et ses vêtements étaient maculés de la boue nauséabonde qui faisait disparaître les choses et les gens... Le pire, outre l'odeur, c'était sans doute cette queue molle et marronâtre qui naissait à partir de ses genoux et qui se traînait pitoyablement sur le sol, épaisse et écœurante, de laquelle partaient deux cuisses trop maigres prisonnières dans cette excroissance pisciforme. Déterminé, la Perte rampa lentement vers lui, prédatrice, en se tractant à l'aide de ses bras malingres.

Les chuchotements qui se firent entendre de la perturbèrent pas. De la terre sortirent deux Remords inhabituels qui, à partir de la taille, possédait un corps et une tête de poisson. Ils portaient toujours le vêtement noir et déchiré qui les caractérisait à part que celui-ci était maintenu grâce à une corde avec laquelle ils était saucissonnés. Sur leurs jambes grêles, ils avançaient en oscillant, muets. Un autre, bien plus massif que les Remords habituels, sortit de l'ombre d'un buisson : il arborait une tête de porc et en possédait la carrure. Sans doute que ce Remord-là serait bien plus difficile à battre que les autres. A travers la porte vitrée qui donnaient sur l'orphelinat, on voyait de petites mains taper au carreau : les Remords enfermés dans le bâtiment brûlaient eux aussi de participer au festin... Ce soir, c'était un chevalier à l'étouffée qu'on leur offrait.
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