La solitude est essentielle à la fraternité. [Lune Walker]



 

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Alistair L. Knight

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MessageSujet: La solitude est essentielle à la fraternité. [Lune Walker]   Dim 5 Mai - 16:46

Le chemin avait était assez long. Pas particulièrement éprouvant, ça non. Mais juste long. D’autant plus qu’il remarqua que la fillette s’était endormie sur son dos. Il se sentit mal de ne pas lui avoir donné de réponses, de ne même pas lui avoir dit qu’ils en reparleraient à l’infirmerie. Parce qu’au fond, il avait peur. Il était inquiet et… ça l’effrayait de ne plus avoir le contrôle de la situation. Il soupira, secoua doucement la tête comme pour s’enlever ces pensées moroses de la tête.

Ils n’avaient pas rencontrés de Remords ou de monstres sur le chemin. Ca l’avait particulièrement soulagé. En temps normal, il aurait adoré se mesurer à ces créatures surnaturelles, même si un soupçon de peur nuançait son impétuosité, mais là, non. Pas avec Lune à ses côtés. Il s’en serait voulu à vie si la petite recevait des blessures en plus à cause de son incapacité à la protéger. Un pauvre rire ironique lui échappa : il s’inquiétait pour elle mais ne voulait pas s’engager à la protéger. Quel bel imbécile il faisait.

Il poussa doucement la porte de l’infirmerie et entra. La pièce était vide, il ne vit pas les orphelins qui se chargeaient habituellement de soigner les petits maux quotidiens. Ils étaient sûrement partis se divertir, eux aussi. Après tout, la journée de travail était terminée depuis longtemps. Tant pis, il se débrouillerait tout seul. Et Lune pourrait probablement lui indiquer quoi faire, elle semblait être… abonnée aux mauvais coups. Enfin, ça, c’était si elle acceptait de lui adresser encore la parole. Il fallait qu’il trouve un moyen de détendre l’atmosphère. Il espérait surtout qu’il n’avait pas tout gâché.

Il s’approcha du lit le plus proche et la déposa délicatement dessus, la réveillant doucement au passage. Il ne voulait pas l’effrayer outre mesure. Puis, il examina les plaies qui décoraient ses membres. Il serra les dents : sous la lumière blafarde de l’infirmerie, elles lui semblaient bien plus préoccupantes. S’il remettait la main sur ces vauriens, ils allaient morfler. Il poussa un long sifflement avant de murmurer d’une voix grave « Eh bien, ils ne t’ont pas loupée. »

Il se releva et partit fouiller l’armoire. Ses mouvements étaient saccadés sous le coup de la colère, peut-être un peu trop brusques, même. Il expira longuement, histoire de se calmer. Il sentait bien que son énervement risquait de mettre Lune mal à l’aise et c’était bien la dernière chose qu’il voulait. Il se sentait un peu triste : incapable de faire un choix et de ne pas faire souffrir ceux qu’il appréciait, il fait un bien piètre chevalier. Il finit par trouver ce qu’il cherchait. Des pansements. De quoi désinfecter. Si ces plaies s’infectaient, elle risquait de graves complications et il ne souhaitait ça à personne.

Il revint vers elle à pas lents et posa doucement les objets à ses côtés. Il se sentit gauche. Il ne savait plus trop quoi faire, maintenant. Par où devait-il commencer ?

Il finit par se dire qu’il valait mieux qu’il s’explique sur son mutisme précédent. Qu’elle n’aille pas qu’il la rejette ou quoique ce soit. Ça promettait une conversation assez tendue. Mais elle était nécessaire.

« C’était pas un refus. » dit-il à brûle-pourpoint. Il détourna le regard, fixa le mur, avant d’expliciter ses paroles. « Tout à l’heure, mon mutisme. C’était pas un refus. » Il hésita, avant de reprendre : « C’est juste que… j’ai peur de ne pas être à la hauteur. Je ne veux pas te faire de promesses que je ne pourrais peut-être pas tenir, tu vois. Après tout, un grand frère, c’est censé protéger en tout circonstance » Il accentua particulièrement les derniers mots. C’était bien ça qui l’embêtait. Sans ça, il… il aurait probablement dit oui sans hésiter.
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Levy Bridges

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MessageSujet: Re: La solitude est essentielle à la fraternité. [Lune Walker]   Mer 8 Mai - 12:02

    J'ignorais combien de temps s'était passé depuis que je m'étais endormie. J'avais juste glissé dans les bras de Morphée, dans un sommeil parsemé de rêves que j'oublierais déjà à mon réveil. Rêves... Non, il pouvait plus être qualifié de cauchemar. Pas de ceux qui te terrifient, qui te font gigoter comme si tu essayais d'échapper à un monstre invisible, mais plutôt de ceux qui te rappelaient ton passé, qui marquaient ton visage d'une pointe de nostalgie.
    Du feu... j'avais vu du feu partout, des poutres dégringoler du plafond dès que je faisais un pas, comme si ces mêmes poutres étaient animées d'une volonté propre et voulaient finir ce qu'elles avaient commencé... à savoir : décimer ma famille. Je voyais deux ombres se dresser devant moi, l'air inquisiteur, leurs yeux rouges pleins de reproches. J'étais pétrifiée, j'étais incapable de bouger la moindre parcelle de mon corps. Je fermais les yeux, serrant Bunny fort dans mes bras. Puis je sentis une morsure venant de mon lapin.
    Et je me réveillais le plus naturellement du monde, incapable de me souvenir de quel songe j'avais été prisonnière durant tout ce temps.

    Je papillotais des yeux, observais autour de moi. J'étais allongée dans un lit. Mais ce n'était pas celui du Dortoir, je le sentais. Celui-ci était plus dur, je ne m'y enfonçais pas comme dans le lit où je dormais habituellement. Je jetais quelques coups d’œil autour de moi, qui me permirent de constater que j'étais à l'infirmerie. Il ne m'avait pas fallu bien longtemps pour reconnaître cette pièce, puisque je m'y rendais certainement trop souvent.
    Un long sifflement parvint à mes oreilles. Je regardais la personne penchée vers moi, encore un peu trop endormie pour être capable de la reconnaître. Ce qui était certain, c'est que ce n'était pas l'infirmière.

    « Eh bien, ils ne t’ont pas loupée. »

    Ce ne fut qu'au son de la voix que je réussis à me rappeler des derniers évènements. J'avais été poursuivi jusqu'à la Chapelle, et là... j'avais été sauvé par Alistair. Je poussais un soupir lorsque les derniers souvenirs me revint en mémoire. Oui, je ne m'étais pas loupée... J'étais surprise de m'être simplement endormie, et de ne pas m'être évanouie. Vu les coups que j'avais pris, c'était une chance que j'aie été consciente aussi longtemps. Ce n'était que maintenant que je m'en rendais compte, mais j'avais la tête qui me tournait affreusement, et mes muscles se faisaient dorénavant extrêmement douloureux. J'avais relâché toute cette concentration qui me permettait habituellement d'ignorer la douleur et parfois même de la contrer. Vu ma faiblesse actuelle, je risquais d'avoir du mal à la récupérer, cette concentration.

    « C’était pas un refus. »

    J'observais le garçon d'un air intrigué. Pas un refus ? De quoi parlait-il ? Je peinais à m'en souvenir.

    « Tout à l’heure, mon mutisme. C’était pas un refus. »

    Ah... je me sentis rougir légèrement en me rappelant à quel point ma demande avait été osé. D'ordinaire, je ne demandais pas ce genre de choses. Mais vraiment pas du tout. C'était à se demander ce qui m'avait pris.
    Mais... pas un refus ? Je ne pus malgré moi pas m'empêcher de laisser une lueur d'espoir naître dans mon esprit. Est-ce qu'il m'autoriserait à le considérer comme un grand-frère ?

    « C’est juste que… j’ai peur de ne pas être à la hauteur. Je ne veux pas te faire de promesses que je ne pourrais peut-être pas tenir, tu vois. Après tout, un grand frère, c’est censé protéger en toute circonstance »

    Mon regard s'adoucit en entendant cela. C'était donc à cause de ça qu'il ne m'avait d'abord rien dit...
    Je n'avais rien à répondre à de telles paroles. De toute manière, je n'avais jamais été très forte pour rassurer les gens à travers les mots. Je me relevais donc, difficilement, dans une grimace de douleur, pour me mettre à la hauteur d'Alistair. Je tendis le bras et posais ma main sur la tête du garçon avec un sourire. Je lui caressais les cheveux affectueusement, comme pour lui dire "ne t'inquiète pas, ce n'est pas grave". J'espérais seulement qu'il comprenne mon message...
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MessageSujet: Re: La solitude est essentielle à la fraternité. [Lune Walker]   Ven 13 Sep - 22:54

It's enough for this restless warrior just to be with you.

Il ne put s’empêcher de lui sourire ; ça faisait tellement longtemps que personne ne lui avait témoigné de gestes affectueux. Sa vie avant Cloverfield lui semblait tellement lointaine… Il réprima un soupir et posa son regard lui la jeune fille debout devant lui. Il se sentait mal à l’aise face à cette réaction. Il s’était attendu à tout : un renfermement sur elle-même, un refus de rester en sa compagnie, voire même des mots ou gestes violents. Mais pas cette calme acceptation de ses mots. N’aurait-elle pas dû le traiter d’hypocrite ? Il fronça les sourcils en percevant l’expression de douleur qui déformait son visage.

Il leva une main hésitante et lui caressa tout doucement la joue. Il ne voulait pas l’effrayer ou la brusquer. Il sentait confusément que le moindre faux pas pourrait lui faire perdre la fragile relation qui s’était établie entre eux. « Je… De toute façon, tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement. Dès que je le pourrais, je viendrais te voir. Promis. » Il était parfaitement sincère : il ne prendrait pas le risque qu’elle se retrouve complètement seule dans cet orphelinat, sans moyen de se défendre contre la cruauté des autres habitants. Et… Il fallait bien avouer qu’il commençait à se sentir seul, à toujours se méfier de tout le monde, à toujours chercher les signes d’une révolution. Son rang élevé ne lui offrait que peu d’opportunités quant à une… amitié réelle. Et ça lui pesait quelque peu.

Il laissa retomber sa main le long de son corps et détourna le regard. Dehors, l’obscurité était complète. On pouvait entendre le vent souffler avec violence à travers les fenêtres closes. L’heure du diner était peut-être déjà passée.

« Allez, rassieds-toi et laisse-moi m’occuper de tes blessures », dit-il, en montrant d’un vague geste de la main les bandages qu’il avait posé près d’elle. « Je doute qu’on trouve quoique ce soit pour soulager la douleur, mais au moins, on pourra nettoyer les plaies. »

Il attrapa un morceau de tissu et l’imbiba de désinfectant. L’infirmière n’étant pas là, il s’autorisa à appliquer une dose généreuse : après tout, il se fichait pas mal de faire des économies. Il posa la compresse sur les genoux écorchés de Lune. « Attention, ça va piquer. » Il désinfecta d’une main experte toutes les plaies qu’il aperçut. Après tout, il avait l’habitude de se blesser, turbulent comme il l’avait été plus jeune. Et cette tendance ne s’était améliorée depuis sa promotion au poste de Chevalier.

« Ça va, je ne te fais pas trop mal ? Je sais que c’est pas franchement agréable… »

Le silence retomba à nouveau dans la pièce. Il eut la fugitive impression qu’ils n’étaient plus à Cloverfield, qu’ils étaient juste deux enfants loin de là, un soir normal. Mais ce sentiment s’évanouit bien vite, les menaces des Remords et des monstres s’immisçant dans ses pensées. Il tenta de se changer les idées en lui demandant la première chose qui lui passa par la tête. « Comment vas-tu faire pour réparer Bunny ? » Il n’avait pu penser à rien d’autre. Elle ne s’embarquerait probablement pas dans un long monologue lui décrivant les centaines d’étapes pour le rafistoler, mais elle lui dirait sûrement quelques petites choses… Sûrement.
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MessageSujet: Re: La solitude est essentielle à la fraternité. [Lune Walker]   Sam 14 Sep - 16:34


    Je baissais finalement mon bras, pensant que j’aurais l’air un peu stupide si je continuais à caresser les cheveux dorés du garçon plus longtemps, et me rassis mollement sur le matelas dur, mes mains entourant d’un geste protecteur Bunny. Et j’attendis. Sa réaction, sa réponse. S’il était rassuré et s’il avait compris que je ne lui en voulais pas si on ne pouvait pas devenir frère et sœur. Parce qu’au fond je le savais depuis le début, que c’était impossible. Nous étions bien trop différents : j’étais une rang 7 et lui faisait partie de la Lower Class. Qu’est-ce que je n’aurais pas donné pour être à la même place que lui, à savoir me défendre et ne plus me faire martyriser par mes camarade. J’étais une éternelle envieuse…
    Et malheureusement, j’étais trop faible, trop fragile, trop frêle. Trop timide, trop secrète, trop peureuse. J’étais un ensemble de « trop » et de « pas assez » qui ne me mettaient pas franchement en valeur. Mais je l’assumais. J’étais ainsi et je devais simplement faire de mon mieux pour survivre de cette manière. Je n’aurais jamais su comment m’y prendre autrement, de toute façon.

    J’aperçus du coin de mon œil azur qu’Alistair montait doucement sa main vers moi. Je ne réagis pas, attendant de voir ce qu’il comptait faire. Puis il me caressa finalement la joue avec toute la délicatesse du monde, comme s’il avait peur de me briser en se comportant trop brusquement. En guise de réponse, j’appuyais légèrement ma tête sur ses doigts chauds sans répondre à la phrase qu’il prononça et qui pourtant me réconforta grandement. Ce fut comme un soulagement en moi, comme si mon cœur s’allégeait parce que j’avais enfin l’impression d’avoir quelqu’un sur qui je pouvais compter, quelqu’un avec qui je pouvais me sentir plus détendue et ne plus craindre ni les Remords, ni le Sycophante et sa progéniture, ni les méchants orphelins qui voulaient toujours se défouler sur moi.
    Je me sentais juste bien, là. Toute trace de méfiance s’était envolée comme par magie et je n’essayais même plus de prévoir une issue de secours au cas où il changerait soudainement d’attitude et tenterait de s’en prendre à moi. Car, même paranoïaque comme j’étais, je n’arrivais pas –plus- à l’imaginer capable de faire une telle chose.

    « Allez, rassieds-toi et laisse-moi m’occuper de tes blessures. Je doute qu’on trouve quoique ce soit pour soulager la douleur, mais au moins, on pourra nettoyer les plaies. »

    Je hochais la tête d’un signe positif et obtempérais. Je m’asseyais plus décemment sur le lit, mes jambes tombant dans le vide. J’évaluais mentalement mon état actuel, tout en essayant de contrer la douleur qui se diffusait dans mes muscles.
    J’avais toujours un petit mal de crâne qui passerait sans nul doute avec le temps. Je n’avais pas besoin de gaspiller un cachet pour cela. Mes bandages tenaient bon, pour la plupart du moins. Car certains se desserraient déjà et laissaient à découvert quelques anciennes et parfois vilaines blessures que j’avais subies avant cette soirée. Je sentais la gravité exercer une pression plus puissante sur mon corps qu’à l’accoutumer et mes paupières s’alourdirent, signe qu’une bonne nuit de sommeil ne serait pas de refus. Et un repas chaud, aussi. Quoi que sur ce dernier point, je doutais que cela soit possible : non seulement je récoltais sans surprise les restes des orphelins, mais en plus l’heure de dîner me semblait être passé. Il suffisait de poser mon regard inquiet sur la nuit qui pointait le bout de son nez pour en être quasi certaine.
    Et à cause de moi, le garçon aussi avait loupé son repas du soir…
    Je baissais la tête presque honteusement. A peine rencontré que je lui apportais déjà des problèmes et des soucis. J’étais un cas désespéré…

    Je fus cependant sortie de mes pensées déprimantes pas un avertissement. Le blond s’apprêta à poser le bandage remplit de ce produit piquant sur une de mes blessures… Par habitude, je serrais à la fois ma peluche dans mes bras et mes dents. Même si je venais souvent ici, ce liquide était toujours aussi douloureux, quoi qu’assez efficace. Je me souvenais que lorsque j’étais venue pour la première fois ici, je n’avais pas cessé de gigoter et de pousser des gémissements plaintifs, causant quelques soucis à l’infirmier présent ce jour-là.
    A l’époque, je n’étais pas habituée à me faire mal ainsi. Pas plus qu’à me faire soigner de la sorte non plus. A l’époque, dans le passé, tout était tellement mieux.

    « Ça va, je ne te fais pas trop mal ? Je sais que c’est pas franchement agréable… »

    Un sourire imperceptible qui se voulait pourtant rassurant se dessina sur mes lèvres fines.

    « C’est bon. J’ai l’habitude. »

    Puis le silence se fit à nouveau. Pas un silence tendu, un silence… Normal. Un de ces rares silences pendant lesquelles je ne me contractais pas et n’avais pas l’étrange sensation d’être observée d’un mauvais œil. C’était comme si toute l’ambiance sordide de Cloverfield s’envolait pour laisser place à une atmosphère plus détendue, presque chaleureuse. C’était agréable, et ce malgré les picotements qui parcouraient mes coupures et quelques bleus sous l’effet du produit dont j’ignorais même le nom.

    La voix du chevalier résonna comme un murmure à mes oreilles alors qu’il me demandait comment j’allais m’y prendre pour recoudre Bunny.
    J’observais la méchante mais discrète déchirure de mon lapin d’un œil observateur et méticuleux. Je ne me donnais pas des airs, c’était ce qu’il fallait vraiment faire. Pour choisir la meilleure couleur du fil avec lequel je le réparerais et pour détailler cette défaillance dans le tissu afin de mieux savoir comment la recoudre. C’était assez technique en fonction du matériel apporté, mine de rien. Je mis donc un petit instant de finalement répondre de ma voix fluette :

    « Fils violet et une aiguille. C’est pas dur. » Annonçais-je pensivement.

    Je rajoutais en pensée que le plus dur serait de trouver du temps pour le recoudre. Autrement dit, il faudrait que je finisse en plus vite et sans bâcler mon travail de remettre en état les vêtements apportés par les orphelins avant de m’occuper de mes propres problèmes. Après tout, j’étais un rang 7. Si je me faisais passer avant les autres, ce serait un véritable sacrilège…
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MessageSujet: Re: La solitude est essentielle à la fraternité. [Lune Walker]   Mar 29 Oct - 20:59

You listen to me. You lay one hand on her and so help me god...

Il fronça légèrement les sourcils. Une enfant de son âge ne devrait pas avoir l’habitude de la douleur. C’était… contre-nature. Enfin, presque. Confusément, il sentait que la vie au pensionnat n’était pas facile pour ceux qui n’avaient pas la chance d’avoir un rang élevé. Mais maintenant qu’il se retrouvait confronté à la brutalité de leur quotidien… Il se sentait triste pour elle, même s’il savait qu’il n’y était pour rien. Ou peut-être bien que si, après tout ? Il ne lui avait jamais accordé beaucoup d’attention, elle ne détonnait pas, dans la masse d’orphelins qui peuplaient le bâtiment.

Il se força à penser à autre chose : certes, il ne l’avait pas aidé jusqu’à présent, mais maintenant, maintenant, il la protégerait du mieux qu’il pourrait.

Oui, c’était définitivement ce qu’il allait faire.

Fort de cette résolution, il finit en silence les bandages de Lune, s’assurant qu’ils soient bien ajustés autour de ses plaies. Vu qu’elle était couturière, il y avait peu de chance que ses blessures s’infectent, pas vrai ? Malgré tout, l’inquiétude le taraudait. S’il avait pu s’assurer réellement qu’elle irait bien…

Les raclements des bancs contre le plancher se firent soudainement entendre, bientôt suivis par les bruits de pas précipités de certains orphelins. Des bribes d’exclamations plus ou moins joyeuses leur parvenaient à travers la porte de l’infirmerie. Le dîner était officiellement fini. Il faudrait qu’ils restent le ventre vide, pour ce soir. Oh, pas que ça le dérange, sauter un repas ne l’effrayait pas, mais il s’inquiétait plus pour la jeune fille. Frêle comme elle l’était… Et surtout, vu la soirée qu’elle venait de passer, il aurait aimé  qu’elle puisse se sustenter.

Il lui sourit gentiment lorsqu’elle lui parla de sa peluche. En effet, pour une couturière, rafistoler un bout de tissu empli de coton devait être assez simple. Il ne répondit pas immédiatement, tendant l’oreille pour tenter de distinguer les bruits de pas. Le silence retomba lentement dans l’orphelinat : personne n’était venu dans l’infirmerie et il y avait fort à parier que personne ne viendrait par la suite. Bien. Au moins, ils n’auraient pas à répondre aux accusations de l’infirmière.

« Il te suffira juste de trouver le temps… Plus facile à dire qu’à faire, pas vrai ? »

Il n’était pas naïf, il savait que les rang 7 étaient exploités. Ça lui fendait le cœur – oh, pas au point de le faire changer d’avis sur la royauté, non – mais tout de même.

Brusquement, son ventre émit un gémissement plaintif, signe qu’il n’appréciait pas de rester sans contenu. Il soupira et posa la main sur son ventre. « Allez, tais-toi ! » murmura-t-il à l’organe, bien qu’il sache que ça soit complètement inutile. Une idée incroyablement téméraire et stupide lui trottait dans la tête depuis tout à l’heure, mais il devait rester raisonnable… Il était supposé être responsable… Mais un second borborygme lui fit changer d’avis.

« Tu m’as l’air épuisé… Mais je m’en voudrais de te laisser partir au lit sans avoir rien manger. Je… Tu sais quoi ? Je vais aller chercher de quoi diner à la cuisine, je… je reviens. Reste là, ne bouge pas et n’ouvre à personne, d’accord ? »

Il lui ébouriffa les cheveux et se dirigea vers la porte. Il n’y avait plus un bruit dehors, les cuisiniers devaient être partis. De toute façon, il n’aurait pas à répondre à leurs questions, il était Chevalier, que diable !
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