Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]



 

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 Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]

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Levy Bridges

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MessageSujet: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Jeu 18 Avr - 9:51

    Voilà pourquoi je détestais passer par la cour intérieure.
    Parce que c’était toujours ici qu’on me chopait pour se défouler un peu.

    Le soleil n’allait pas tarder à se coucher, et déjà quelques teintes rosées peignaient le ciel. Il n’y avait eu que peu de nuages ce jour-ci, et il avait fait beau. Raison pour laquelle, lors de mon temps libre, j’avais décidé de faire une petite promenade autour de l’orphelinat, toute seule, afin de prendre un peu l’air. Il restait encore au moins une heure et demi avant que le dîner commence. De toute manière, je n’étais pas pressée : on me servirait forcément en dernier. Mais je n’aimais pas rôder hors du bâtiment lorsque la nuit approchait, aussi j’avais pris mes précautions et avaient décidé de rentrer assez tôt. En passant par la cour intérieure, bien évidemment. Je n’avais pas vraiment le choix si je voulais pénétrer dans l’orphelinat. Et puis, il allait falloir que je passe par l’infirmerie pour demander à ce qu’on refasse mes bandages. Celui au bras et à la jambe commençait à se défaire, et j’étais incapable d’en refaire un toute seule. Seuls le pansements à mon index tenait encore le coup.

    Et c’était là que j’avais croisé ce petit groupe de garçons. Ils étaient trois. Je devinais à leur taille qu’ils étaient plus âgés que moi. La question sur leur rang ne se posa même pas : ils n’avaient aucunes blessures apparentes, alors ils ne pouvait qu’être supérieurs à moi. Deux d’entres eux possédaient des cheveux châtains, l’un avec des yeux bleus foncés, l’autre avec des yeux verts pommes. Le dernier était blond et avait des yeux noisette. Ils parlaient entres eux d’un air assez renfrogné. En vue de leur humeur, je décidais de me faire toute petite et discrète, espérant ne pas me faire repérer. Mais une tâche grise qui tenait une peluche aussi grosse, c’était difficile à louper. Le garçon aux yeux verts me repéra, et en informa aussitôt ses camarades. Il y eut un grand moment de silence, pendant lequel plus personne ne bougeait. Seule une petite brise osait encore souffler.
    Ils s’approchèrent de moi à pas lent. Je connaissais leur regard vengeur, je ne le connaissais que trop bien. C’est pourquoi je détalais aussitôt.

    Contrairement à ce que j’avais espéré, ils me poursuivaient avec beaucoup de hargne. Si je me faisais attraper, je ne donnerais pas cher de ma propre peau. Je me bénis simplement d’être aussi rapide, quoi que cela suffisait tout juste à garder à distance mes poursuivants. Evidemment, ils étaient plus grands et plus âgés que moi. Je serrais Bunny dans mes bras, et tentais encore d’accélérer ma course.
    Quelques minutes plus tard, j’arrivais, essoufflée, à la Chapelle. J’ignorais comment diable j’avais pu atterrir ici, mais je m’en fichais royalement. J’entrais à l’intérieur, fermais la porte derrière moi pour essayer de gagner du temps, et cherchais une cachette des yeux, affolée. Tout était cassé ou poussiéreux ici, je mis donc un peu plus longtemps que prévu à trouver quelque chose de convenable. Autrement dit : sous un banc. J’avais déjà trouvé bien mieux, mais là, je n’avais plus le temps. Je me faufilais en dessous, prenant soin de choisir celui qui était le plus éloigné et le plus à l’abri des regards.

    Des pas retentirent, et j’entendis les garçons pénétrer à leur tour dans la chapelle, essoufflés. Ils se murmurèrent quelques mots inaudibles, et avancèrent dans ce qui semblait être ma direction. Je me recroquevillais sur moi-même, priant pour qu’ils ne me trouvent pas. Juste cette journée, j’aurais aimé être tranquille. C’était vraiment trop demandé ?
    Une ombre se dressa au dessus de moi.

    -Bouh !

    Je ne me souvenais pas avoir fait un bond aussi phénoménal en guise de sursaut depuis bien longtemps. Je ne l'avais vraiment pas vu venir. Dans une tentative vaine, je tentais de m'échapper. Le blond me prit par le bras sans aucune délicatesse, et cria à ses amis qu'il m'avait trouvé. Lorsque ceux-ci arrivèrent à son niveau, l'enfant me jeta brutalement à terre. Je me tenais prête à encaisser les coups. Même habituée à de telles situations, c'était toujours aussi douloureux.
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Ven 19 Avr - 0:02

Il faisait doux. Pour une fois. La journée avait filé à toute allure, les heures s’étaient succédé sans qu’il s’en rende réellement compte. Et voilà qu’il flânait dans la cour, sans vraiment prêter attention aux alentours. Alexiel lui avait signifié qu’il n’aurait pas besoin de ses services pour le moment, quelques minutes auparavant. Il avait donc décidé de profiter des derniers rayons de soleil : ils se faisaient tellement rare à Cloverfield qu’il aurait été idiot de laisser passer cette opportunité. Ça changeait de la brume et de la pluie. Un temps plus clément, pas mal de temps libre… Oui, il était définitivement de bonne humeur.

Il inspira profondément l’air pur et jeta un coup d’œil au manoir. Il semblait presque moins glauque, voire… accueillant. Il ne se souvenait plus de ses impressions à son arrivée. En même temps, il fallait avouer que son soudain abandon par celle qu’il considérait sa mère l’avait profondément ébranlé. La beauté des lieux était alors le cadet de ses soucis. Mais maintenant qu’il s’était intégré, qu’il avait une place, un poste, des responsabilités, maintenant qu’il était quelqu’un qui savait s’occuper de lui, il commença à apprécier le décor, le charme traditionnel du bâtiment.

La clameur qui commença à s’élever dans la cour le tira de ses pensées. Se retournant, il remarqua que les orphelins se dirigeaient vers l’orphelinat. La journée de travail s’était donc achevée. Il les observa avec beaucoup de curiosité : son poste ne lui avait jamais demandé trop d’effort, mais il savait qu’il n’en était pas de même pour les autres. Certains trainaient des pieds, trébuchant tous les trois mètres. D’autres arboraient diverses blessures et contusions. Oui, il était vraiment privilégié, il s’en rendait compte. Mais… N’était-il pas au service de l’autorité ? C’était normal qu’il soit avantagé, après tout.

Chassant ces pensées de son esprit, il reprit sa route, descendant jusqu’aux étables et s’amusant de voir les animaux sur le point de s’endormir. Le soleil continuait sa route et s’enfonçait de plus en plus derrière l’horizon. Il se décida finalement à rentrer : le coucher de l’astre solaire provoquait également la chute de la température. Il ne manquerait plus qu’il attrape froid. Un spectacle inhabituel attira son attention. Il aperçut au loin, des silhouettes qui couraient vers la chapelle. Quatre, très exactement. En y regardant mieux, il se rendit compte qu’il s’était trompé : une des ombres fuyaient devant les trois autres. Se pourrait-il que les Remords aient de nouveau frappé ?

Ses yeux brillèrent d’excitation et d’impatience. Aurait-il enfin l’occasion de se frotter aux Monstres et de prouver sa valeur ? Il se mit à courir dans leur direction, main sur le pommeau de l’épée qui battait son flanc gauche. L’air frais lui brûlait les poumons, ses cheveux blonds l’aveuglaient quelque peu, mais il s’en fichait : quelqu’un avait désespérément besoin de son aide. C’était tout ce qui importait. Il arriva enfin au niveau de la Chapelle et s’engouffra dans le bâtiment, prêt à dégainer son arme. Essoufflé, il analysa la situation avec rapidité…

Il retint un grognement déçu. En guise d’adversaires, voilà qu’il faisait face à trois orphelins faméliques. Où étaient donc ses Remords ? Puis, il vit la jeune fille, au sol, le blond qui venait de la projeter au sol et qui s’apprêtait à la rouer de coups… Rectification qui avait commencé à la rouer de coups. Il vit rouge. Littéralement. Il se précipita vers les enfants et s’interposa.

« A trois contre un, quelle belle brochette de lâches vous faites », déclara-t-il, d’un ton méprisant. Il ne sortirait pas son épée, ils ne la méritaient pas. Toutefois, il attrapa le blond et lui mit un coup dans la mâchoire, le projetant au sol. « Alors, on fait moins les malins quand on s’attaque à quelqu’un de son niveau ? » ricana-t-il, se tournant vers les deux autres. « Eh bien, qu’est-ce que vous attendez, allez-y, venez, attaquez-moi ! Histoire que je vous foute la raclée de votre vie ! »

Il ne sut pas vraiment ce qui convainquit les trois orphelins de déguerpir : son trèfle jaune, son épée, le fait qu’il soit plus grand et mieux bâti qu’eux ? Peut-être les trois à la fois. Il haussa les épaules devant tant de couardise et se pencha vers la fille, encore au sol. Il l’examina et remarqua les nombreuses blessures. Il se maudit de ne pas être arriver plus tôt. Il aurait pu lui éviter un bon nombre de bleus. Peut-être.

« Hey, petite, tout va bien ? Tu as mal quelque part ? » lui demanda-t-il, d’une voix inquiète.
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Ven 19 Avr - 10:35

    Ca faisait mal. Vraiment.
    Ces trois orphelins n’y allaient pas de mains mortes, ils avaient dû avoir une très mauvaise journée. Mais je ne me posais guère plus de questions à ce propos, peu intéressée par la vie dure que pouvait mener des enfants qui se défoulaient sur moi. Au lieu de quoi, je mettais toutes mes forces à contracter mes muscles, afin de mieux encaisser chaque coup. Si cela diminuait quelque peu la douleur, je savais que la véritable souffrance viendrait après ce remue-ménage : je serais presque incapable de me lever après cela. Car leurs torgnoles étaient violentes, irréfléchies. Si je ne m’étais pas recroquevillée sur moi-même et mon lapin en peluche, si je ne me protégeais pas le visage de mes bras, celui n’aurait pas été plus épargné que le reste de mon corps.
    Les enfants en vinrent même à faire une pause, épuisés. Il ne devait pas avoir l’occasion de souvent se défouler sur quelqu’un, cela se sentait. Ce qui ne les empêchait pas de le faire avec une ardeur déconcertante. Néanmoins, ce temps libre me permit de remarquer que la porte de la Chapelle était entrouverte. Je plissais les yeux, juste un instant, avant de pousser un gémissement plaintif. C’était une chose étrange que la porte soit entrouverte, puisqu’en entrant, les trois garçons avaient refermé la porte derrière eux. Je ne l’avais certes pas vue, mais plutôt entendu quand j’étais cachée. Ce qui voulait dire que… quelqu’un d’autre avait pénétré ici… ? Non. Ca devait être mon imagination. J’avais un marteau piqueur dans la tête après tout, et je n’arrivais plus à réfléchir correctement. Il se pouvait que je me trompe. Et mieux valait que ce soit le cas, sinon je n’aurais pas donné cher de ma peau si jamais celui ou celle qui était entré se joignait à la partie.

    Les orphelins s’apprêtèrent à me ruer à nouveau de coups, mais une ombre se dressa devant moi. Ma vision, encore un peu floue à cause des larmes qui coulaient sur mes joues, ne me permit pas de détailler cette personne correctement. Tout ce que je parvenais à voir était qu’il était plus grand, semblait plus robuste que ceux qui lui faisait face.

    « A trois contre un, quelle belle brochette de lâches vous faites »

    Ces mots me surprirent, et les actes qui suivirent, au moins dix fois plus. Je papillotais des yeux, et parvins à discerner un poing qui partait dans qui semblait être la mâchoire du blond. Malgré moi, je ne pus empêcher un petit sourire. Bien fait pour lui.

    « Alors, on fait moins les malins quand on s’attaque à quelqu’un de son niveau ? Eh bien, qu’est-ce que vous attendez, allez-y, venez, attaquez-moi ! Histoire que je vous foute la raclée de votre vie ! »

    Il suffit de quelques secondes aux deux garçons encore indemnes pour déguerpir, et une petite de plus pour que le blond se relève et prenne la poudre d’escampette. Je poussais un soupir de soulagement, et fis un rapport dans ma tête de mon état.
    J’avais très, très mal à la tête, et elle me tournait encore fortement. J’avais des bleus un peu partout, principalement sur les bras, un peu moins sur les jambes. Quant au ventre, il s’en sortait plutôt bien : Bunny, que j’avais placé sur cette partie de mon corps avait permis d’atténuer les coups portés à cet endroit. Je m’en voulais presque de l’avoir laissé se faire endommager pour moi, mais je n’avais pas vraiment eu le temps de bouger. Au pire, si je lui trouvais quelques déchirures, il me suffirait de le recoudre : je n’étais pas couturier pour rien tout de même. Je notais également que ma respiration était encore irrégulière, que j’avais besoin de reprendre mon souffle. Ma vision était revenue à la normale, même si je dû me frotter les yeux comme lorsque je venais de me réveiller pour parvenir à ce résultat.

    Je profitais de ma vue retrouvée pour détailler celui que je pouvais maintenant considérer de sauveur. Sauf s’il voulait de moi comme souffre-douleur personnel. Quelqu’un m’avait déjà sauvé de la même manière, et je lui avais stupidement accordé ma confiance les quelques minutes qui avaient suivi, pour ensuite découvrir qu’il voulait simplement être le seul à se défouler sur moi. Ce qui était certain, c’était que j’avais retenu la leçon. Je restais donc sur mes gardes, au cas où.
    Le garçon était en effet assez grand, il devait bien avoir une tête de plus que moi à vue d’œil. Il avait les cheveux lisses, blonds, et bien coiffés. Ses yeux fins possédaient une étrange couleur dorée, un peu effrayante, mais qui lui allait bien. A en voir ses habits presque impeccables, sa peau claire et sans saleté, et plus particulièrement son épée –que je ne pus m’empêcher de fixer avec effroi-, je devinais qu’il n’était pas un Orphelin comme nous tous. Ou il faisait partie de la Haute noblesse, ou il était membre de la Lower Class. En vue de son « joujou » sacrément dangereux, je penchais pour la deuxième solution.
    Il s’adressa à moi d’une voix inquiète.

    « Hey, tout va bien ? Tu as mal quelque part ? »

    Fidèle à mon mutisme, je ne répondis par aucun mot. Mais je secouais la tête de haut en bas pour lui répondre que oui. Je voulus même me lever toute seule pour le lui prouver, mais, manque de chance pour moi, la grimace que je fis à cet instant dû me trahir. Je retombais presque mollement sur le sol, dans un nouveau gémissement de douleur, léger mais bien audible. Je me mordis la lèvre inférieure, me maudissant intérieurement d’avoir voulu jouer à la fillette forte et résistante. Je n’étais ni forte ni résistante. Juste suffisamment coriace et accrochée à la vie pour ne pas baisser les bras malgré toutes les tourmentes que je subissais chaque jour.
    Néanmoins, par politesse, je me présentais. Je me désignais à l’aide de mon index, et prononçais un mot, un seul. Je ne le remerciais cependant pas encore. Je voulais d’abord être certaine de ses intentions. C’était plus fort que moi, je ne pouvais m’empêcher d’être méfiante et parfois même paranoïaque à l’égard des autres enfants.

    « Lune. » Ma voix timide mais douce résonna un peu dans la Chapelle, avant que le silence revienne.

    Je désignais ensuite du doigt le garçon, d’un air interrogateur, une manière à moi de demander son prénom. C’était la moindre des choses.
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Alistair L. Knight

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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Ven 19 Avr - 18:16

Il l’observa avec alarme, suivant attentivement ses tentatives pour se relever. Instinctivement, il tendit la main vers la frêle jeune fille, lorsqu’elle retomba sur le dallage froid, mais s’arrêta à mi-chemin. Il laissa retomber son bras à côté de lui, avant de s’accroupir à ses côtés. Elle n’avait pas l’air très rassurée. Il faisait si peur que ça ? Pas étonnant qu’on est voulu de lui dans les rangs de la chevalerie, dans ce cas. Un petit sourire vint étirer ses lèvres à cette pensée : l’image de Lucifel entouré de quatre gorilles était assez amusante, il fallait l’avouer. Il reporta son attention sur la jeune enfant. Elle avait pleuré, les traces de larmes étaient encore évidentes sur ses joues.

Quel idiot il faisait ! Il l’avait vu se faire tabasser et il avait osé lui demander si elle avait eu mal. Evidemment qu’elle a eu mal, abruti. Ça t’arrive souvent de poser des questions aussi stupides ? Elle était salement amochée, c’était indéniable. Il serra les poings : il aurait dû venir plus vite. S’il retrouvait ces trois gosses, il ferait de leur vie un enfer. Il expira profondément : le plus important pour le moment, c’était la jeune fille, pas ses projets de vengeance.

« Lune. »

La voix timide le sortit de ses pensées et le ramena à la réalité. Il suivit d’un air perplexe les gestes de son interlocutrice. Pourquoi ne voulait-elle pas lui parler ? Elle n’avait tout de même pas peur de lui à ce point, si ? Enfin, il venait de la sauver ! Ce n’était quand même pas pour la frapper juste après. De toute façon, il avait des principes, il évitait autant que possible de lever la main – ou l’épée – sur les filles. Sauf que ça, elle ne le savait pas, réalisa soudainement le chevalier. Et vu les coups qui ornaient ses membres, elle devait faire partie des rangs les plus bas : six, voire sept. Souffre-douleurs des autres. Il comprenait mieux, d’un coup. Comme quoi, réfléchir pouvait être utile.

« Lune. C’est un joli prénom. Moi, c’est Alistair », répondit-il avec un sourire chaleureux, pour la mettre en confiance. « Tu sais, en général, il est d’usage de remercier la personne qui te sauve » indiqua-t-il en lui faisant un clin d’œil, pour lui signifier qu’il ne lui en tenait pas rigueur. Au fond, il s’en fichait totalement, qu’elle le remercie ou pas. Mais il voulait juste détendre l’atmosphère, surtout qu’il avait surpris le regard affolé qu’elle avait jeté à son épée. « Eh, t’inquiète pas, je ne te ferais aucun mal. » dit-il en riant un peu, le cœur serré. Il compatissait au sort qu’elle avait subi. Il aurait aimé lui éviter ça.

Il ne voulait pas parler de ses blessures, pas tout de suite. Elle avait l’air suffisamment apeurée comme ça, autant y aller en douceur. Il finit par s’asseoir en tailleur, prenant ses aises. Comme ça, ils étaient tous les deux au même niveau. Un autre gage de bonne volonté et de ses intentions de paix. Une masse duveteuse attira son regard. Une peluche. Pas mal d’orphelins en possédaient une, seule source de réconfort dans leurs longues journées de travail et parfois même de persécution.

« Jolie peluche ! Elle a un nom ? » demanda gentiment le jeune garçon, pour continuer à discuter. Il ne se sentait pas très à l’aise à être aussi… aimable. Ça faisait longtemps qu’il n’avait plus pris de le temps de consoler quelqu’un. Un courant d’air frais venait de la porte qu’il avait laissée ouverte. Il frissonna mais ne se donna pas la peine de se lever pour aller la fermer. Tant pis, il ferait ça plus tard.
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Ven 19 Avr - 19:11

    Par habitude, j’évitais le regard du garçon, fixant un peu bêtement le sol, et en profitant d’ailleurs pour observer les dégâts qu’avaient pris ma peluche. Rien de trop grave, à première vue, il faudrait simplement prendre le soin de la laver et de recoudre deux trois déchirures par ci par là. Pour certains, cela aurait presque pu paraître surprenant que j’inquiète plus de mon doudou que de moi-même, surtout que ma douleur au crâne et même sur tout le reste du corps était encore récent, et que c’était loin d’être facile à supporte. Mais j’étais tellement habituée à ce traitement, et si peu que mon lapin me serve d’amortisseur. Même si, ironie du sort, c’était efficace, je ne comptais pas le réutiliser de la sorte. J’y tenais trop pour le risquer à d’éventuels dégâts irréparables.
    Pendant une fraction de seconde, je levais les yeux vers l’enfant, observant le sourire chaleureux qu’il m’adressait. Bien que toujours méfiante, ce petit détail attira mon attention et me mis plus à l’aise. Un peu.

    « Lune. C’est un joli prénom. Moi, c’est Alistair »

    Alistair… Joli prénom aussi, même si je ne l’avais jamais entendu auparavant. Je ne lui retournais pourtant le compliment que par un petit sourire discret, à peine perceptible. Il n’avait pas l’air sincèrement méchant, mais je savais qu’il y avait de sacrés bons comédiens à Cloverfield. Je ne baissais pas ma garde et me tenais prête à prendre mes jambes à mon cou dès que je sentirais quelque chose de mauvais venir.

    « Tu sais, en général, il est d’usage de remercier la personne qui te sauve » rajouta-t-il en un clin d’œil

    Mes joues virèrent au rouge pivoine, pendant que je fuyais à nouveau son regard. Allez Lune, un petit effort, un seul petit, pensais-je.

    « Je…hum…Merci… »

    Bon. Pas très concluant comme effort, mais d’un certain point de vue, l’orphelin pouvait se montrer chanceux de m’avoir entendu prononcer plus de deux mots, même si on ne pouvait pas encore considérer cela comme une phrase.

    « Eh, t’inquiète pas, je ne te ferais aucun mal. »

    Cette phrase eut pour effet de provoquer un petit déclic dans ma tête. Je levais les yeux, osais fixer Alistair plus de quelques secondes en hochant la tête, puis observais à nouveau le sol poussiéreux et peu intéressant. J’accordais beaucoup d’importances aux mots et aux actes, les deux formant un ensemble qu’il ne fallait pas négliger. Le fait de prononcer de tels mots m’avait, d’une certaine manière, rassurée quant à ses intentions à mon égard. Je ne changeais pourtant pas de comportement, mais parus certainement plus à l’aise. L’enfant s’assit en tailleur, juste en face de moi. Par instinct je me redressais et reculais un peu, un tout petit peu, de façon à garder une distance entre nous. Je ne pouvais pas m’en empêcher, c’était dans ma nature de reculer quand quelqu’un s’approchait, de ne pas me laisser toucher facilement, de ne pas sortir plus d’un mot à la fois, si ce n’était aucun. Ce n’était pas contre lui, c’était juste des habitudes que j’avais prises, par précaution. Pour survivre dans ce monde que je pouvais aisément qualifier d’Enfer.

    « Jolie peluche ! Elle a un nom ? »

    Le garçon désigna alors ma peluche. Mon regard s’adoucit légèrement. Le fait qu’il s’y intéresse me réconfortait dans l’idée qu’il n’avait peut-être pas de mauvaises intentions. Peut-être.
    Mon visage fut à nouveau éclairé d’un petit sourire.

    « Bunny. »

    Puis, lentement, très lentement, je tendais ma peluche à l’orphelin. J’étais encore pleine d’hésitations et de doutes à son sujet, ce que je faisais là était en quelque sorte un test qui lui était adressé. Je lui proposais de la prendre dans ses mains pour mieux la regarder, privilège que personne n’avait pu obtenir jusqu’à présent de mon gré. En fonction de sa manière de la tenir, de l’observer, même s’il ne lui faisait rien de mal, j’allais pouvoir le juger avec plus d’exactitude. Juste pour savoir si cela valait le coup de faire des efforts avec lui. Je restais cependant prête à reprendre mon lapin si jamais il lui infligeait un mauvais traitement, capable de le lui arracher des mains, voir même de m’attaquer à lui si nécessaire. J’étais prête à tout pour ma peluche, cela, beaucoup d’enfants en étaient conscients et restaient assez…compréhensifs, là-dessus.
    J’espérais seulement qu’Alistair se dépêcherait de prendre Bunny. Pas que je sois spécialement pressée, mais le simple fait de bouger chacun de mes muscles me faisait mal, raison pour laquelle je risquais de rester coincée ici un bout bon de temps. Peut-être même jusqu’à ce que la nuit tombe. Rien que d’imaginer cette solution me terrifiait : la nuit, tout était tellement dangereux, je pouvais tomber sur n’importe qui… ou n’importe quoi qui pourrait m’attaquer très facilement. J’espérais avoir assez de force pour me traîner jusqu’à l’orphelinat. Je jetais d'ailleurs un petit coup d’œil par la porte par laquelle se faufilais quelques courants d'air froids, et remarquais avec soulagement que j'avais encore du temps avant que la nuit tombe.
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Sam 20 Avr - 22:56

Bleus. Ses yeux étaient bleus. Elle l’avait regardé. Enfin. Certes, elle avait baissé les yeux tout de suite après, mais quand même. Il se sentait fier de cette petite avancée. Il pressentait confusément que sa timidité excessive était une sorte de protection. Peut-être n’avait-elle d’autres moyens de se défendre que de passer inaperçu. Ça se tenait. Il décida de continuer sur cette lancée : qui sait, peut-être parviendrait-il à obtenir une phrase complète, au lieu d’un simple mot agrémenté d’un geste. Toutefois, il entrevit bien que s’il insistait trop, elle se braquerait, chose qu’il ne voulait pas.

Il remarqua le mouvement de recul lorsqu’il s’assit, un peu trop près apparemment. Il ne fit aucun commentaire. Il n’y avait rien à dire, au fond. Il se demanda brusquement s’il n’avait pas été incroyablement chanceux d’avoir entendu le son de sa voix. Qu’importe. Il ne lui tenait pas rigueur de sa méfiance, au contraire, après ce qu’elle venait de vivre, c’était normal qu’elle réagisse comme ça. Il ne comprenait pas pourquoi les orphelins s’en prenaient comme ça, aux plus faibles. Ou du moins, aux rangs inférieurs. Il secoua la tête, dépité.

« Bunny. »

Il avait bien fait de lui parler de sa peluche. Son expression trahissait à quel point elle y était attachée. Comme quoi, il ne s’en tirait pas trop mal, finalement. Il hocha la tête, signe qu’il aimait bien ce nom. Pas forcément très original pour un lapin, mais qui sonnait agréablement aux oreilles. Ses yeux s’agrandirent de surprise quand elle lui tendit la peluche. Elle… elle acceptait qu’il prenne Bunny ? Sa surprise laissa place à un sentiment de joie mêlé de fierté : il se sentait presque privilégie, en fait. Comme si on l’avait jugé digne de recevoir ce petit gage de confiance. Il en aurait presque dansé d'extase. Même s’il se doutait bien qu’elle se méfiait encore, au moins, acceptait-elle sa présence à ses côtés.

Il attrapa délicatement le lapin et après une courte hésitation, le plaça sur ses jambes croisées. Il détailla la peluche, effleurant du bout du doigt les quelques déchirures, séquelles du passage à tabac. Malgré tout, le tissu était doux au toucher. Et maintenant, que devait-il faire ? Il n’allait tout de même pas rester sans rien faire, à… à attendre dieu sait quoi, si ? Il retint un soupir : il n’avait jamais joué avec des peluches : lui avait été du genre à courir partout et à tout casser. Un vrai gamin turbulent. Mais du coup, pas de jouet, et jamais de peluche. De toute façon, les peluches, c’est pour les filles, pas les chevaliers, qu’il clamait quand il était enfant. Toujours était-il qu’il ne voyait même pas comment s’y prendre. Il se souvint brutalement que les plus jeunes de l’orphelinat s’amusaient en général à parler avec leur jouet. Il faudrait qu’il pense à remercier Mya et sa peluche, tiens. Il prit son courage à deux mains : il avait vu bien pire que ça, après tout.

« Salut, Mr. Bunny ! » dit-il en souriant. Il se sentait parfaitement ridicule, assis par terre à discuter avec un être inanimé. Au moins, ils étaient seuls dans la chapelle. « Je vois que toi non plus, t’as pas été épargné… Il va falloir que tu ailles te faire soigner chez les couturiers, je suis sûr qu’ils pourront te rendre comme neuf. » Il se retint d’ajouter qu’il aurait sûrement besoin d’un bon bain, aussi, se doutant que Lune n’avait pas accès à ce genre de privilège. Il regarda la peluche quelques secondes avant de détourner le regard vers son interlocutrice.

« Et toi aussi, Lune, tu devrais aller à l’infirmerie. » ajouta-t-il à voix basse, presque un murmure, la regardant droit dans les yeux. Enfin, la frange, vu qu'elle avait à nouveau baissé les yeux. Elle lui semblait tellement fragile qu’il se demandait comment elle faisait pour être encore consciente. Que faire ? Avait-elle assez de forces pour se trainer jusque là-bas ? Une chose était sûre : quoiqu’il arrive, il s’assurerait qu’elle reçoive les soins appropriés. Ou, à défaut, les soins nécessaires. Genre, quelques bandages, déjà. Mais, pour tout ça, il ne fallait pas trop tarder. « Tu crois que tu peux te lever, dis ? »
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Dim 21 Avr - 10:52

    J’observais avec beaucoup d’attention Alistair prendre délicatement ma peluche dans ses mains. Il la détailla un petit temps, pendant lequel je le fixais discrètement pour essayer de décrypter les expressions de son visage. Il caressa ses déchirures du bout des doigts, presque comme s’il craignait de les agrandir. Il resta longuement ainsi, mon lapin sur ses jambes, à le regarder sans rien faire. Puis il prit finalement la parole, un sourire aux lèvres. Il semblait un poil embarrassé.

    « Salut, Mr. Bunny ! »

    Quelle fut ma surprise lorsque je l’entendis prononcer ces mots. Il… parlait à Bunny ? Je papillotais des yeux, et relevais inconsciemment la tête vers le garçon. Il lui parlait. Je m’étais attendu à beaucoup de types de traitements sur ma peluche de la part de l’enfant, mais certainement pas à ce qu’il lui parle ainsi. Oh, pas que je trouvais cela étrange. Il m’arrivait moi aussi de lui parler, mais cela restait rare, étant donné mon mutisme. Ce qui était certain, c’est qu’en agissant ainsi, il venait de faire une grande prouesse à mes yeux, qui avaient eu pour effet de faire envoler une bonne partie de ma méfiance à son égard d’un seul coup, comme par magie. Malgré moi, un sourire plus franc et visible que les précédents se dessina sur mon visage. Je pus cependant retenir un rire. Je le trouvais amusant... juste un peu. Car il semblait presque gêné de parler à mon lapin. Il ne devait pas faire cela souvent, conclus-je.

    « Je vois que toi non plus, t’as pas été épargné… Il va falloir que tu ailles te faire soigner chez les couturiers, je suis sûr qu’ils pourront te rendre comme neuf. »

    J’attirais l’attention de l’orphelin en me désignant moi-même de l’index, l'air toujours amusée.

    « Couturière. Me faut juste du matériel. »

    Six mots à la suite. Miracle de ma part, même si ces dits mots ne formaient pas encore une phrase à part entière, mais les petits morceaux les plus importants, qui donnait à mes paroles un sens plus ou moins compréhensible en fonction des efforts faits. C'était la première fois depuis bien longtemps que je parlais autant en l'espace de quelques minutes. Une chose qui ne se reproduirait certainement pas de si tôt, même si je croisais à nouveau le garçon. Car cette fois-ci, nous serions en public, et mon mutisme n'en serait que plus buté, sans aucuns doutes. Et puis, en public, voir quelqu'un de mon rang en compagnie d'un membre de la Lower Class... ça risquait d'attirer bien des regards. Tout ce que je n'aimais pas.
    Alistair planta ses yeux dans les miens, ce qui me fit condamner les miens à fixer le sol poussiéreux de ce bâtiment.

    « Et toi aussi, Lune, tu devrais aller à l’infirmerie. »

    Je lui lançais un petit coup d’œil discret. J’étais bien d’accord avec lui, surtout que je n’aimais pas trop rester ici. La chapelle n’était guère un endroit rassurant dans lequel j’avais envie de m’attarder, cela était certain. Il émanait de cet endroit une atmosphère effrayante, sans compter que cette chapelle tombait en ruine, puisqu'il n'y avait plus les adultes pour l'entretenir. Et même si on essayait de le faire nous-même, ce serait impossible : on avait déjà à faire avec Cloverfield, et nous n'avions pas les compétences nécessaires pour remettre un bâtiment aussi usé par le temps en ordre. De plus, le cimetière n'était pas loin d'ici. J'imaginais déjà le pire à ce propos, comme des morts nous encerclant soudainement, sortant des dalles de pierre qui servait de sol à ce lieu sacré. Plus vite nous serions partis, mieux je me porterais. Je ne pouvais m'empêcher de lancer de temps à autre des regards inquiets autour de moi. Paranoïaque ? Oui, totalement. Doublée de ma nature peureuse, cela faisait un sacré duo à ne pas rater pour les sadiques.

    « Tu crois que tu peux te lever, dis ? »

    Je le regardais furtivement, mais suffisamment longtemps pour qu’il puisse remarquer mon air désolé. Puis je secouais la tête de droite à gauche, d’un signe négatif. Non, je ne pourrais pas me lever maintenant. J’avais déjà épuisé presque toutes mes forces dans la course-poursuite, puis en résistant aux coups que ces trois garçons m’avaient portés. De plus, j’avais encore très mal un peu partout dans mon corps, plus particulièrement sur les bras, et un peu plus sur les jambes. Je savais que tenter de me lever serait inutile et que je m’écroulerais aussitôt : je le sentais. Du coup, j’allais rester ici un petit bout de temps… Sauf si… s’il me portait. Mais je chassais rapidement cette idée de ma tête. Un membre de la Lower Class, porter un enfant de rang sept ? Non, tout bonnement impossible. Ce serait même la situation inverse qui serait susceptible de se produire, et encore. On ne demandait jamais rien à des enfants d’aussi bas rangs, parfois même on les ignorait royalement. Je trouvais d’ailleurs que c’était mieux ainsi. J’avais déjà assez à faire avec tous les autres orphelins qui me prenaient comme souffre-douleur...
    Nouveau coup d’œil à travers la porte. Le soleil disparaissait petit à petit à travers l'horizon. Une petite bouffée de stress montait en moi. J'aimais bien la nuit, tant que c'était pour dormir. J'aimais bien observer la lune et les étoiles, depuis la fenêtre de mon dortoir. Mais tout cela, alors que j'étais dehors... mieux valait que je n'y pense même pas. J'allais me faire des frayeurs toute seule.
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Lun 22 Avr - 23:20

Ils perdent du temps pour une poupée de chiffons
et elle devient très importante.

Oh.
La surprise l’envahit, bien vite remplacée par un sourire chaleureux. Comme quoi, le ridicule ne tuait pas. Mieux, il pouvait servir à gagner la… peut-être pas confiance, mais du moins une certaine tolérance, de l’autre. Tout ça en discutant avec une peluche. Il devrait peut-être faire ça plus souvent. Ou pas. Il avait, quand même, une réputation à tenir : qui prendrait au sérieux un Chevalier qui parlait à des objets inanimés ? Quoique. Il pourrait peut-être faire croire qu’il est gentil pour mieux surprendre et attaquer.

Il chassa ces pensées. Il délirait complètement. Probablement la joie d’avoir fait sourire la jeune fille et de l’avoir amusé. Ainsi, elle ne devait plus trop penser aux abrutis qui l’avaient prise pour cible. Et puis, ce procédé était malhonnête, bien trop sournois à son goût. Il était partisan de la manière franche et directe. Il détestait les coups en douce.

« Couturière. Me faut juste du matériel. »

Il la fixa quelques secondes, hébété, avant de se fendre d’un large sourire. Il était heureux de voir qu’elle se sentait enfin suffisamment libérée en sa présence pour dire une si longue phrase. Ainsi, elle était couturière. Elle pourrait sans problème recoudre son lapin ou ses vêtements, dans ce cas. C’était une bonne chose, il sentit un léger poids s’enlever de sa poitrine. Il s’en serait voulu si elle n’avait pas eu de moyens de réparer cette peluche à laquelle elle tenait tant. Couturière… Ils seraient sûrement amenés à se recroiser un de ces quatre. En même temps, tout le monde se connaissait au moins de vue, dans l’orphelinat.

« Parfait, dans ce cas ! » se réjouit-il, sincère.

Il frissonna à nouveau. Décidément, la chapelle était loin d’être accueillante. De plus, le soleil continuait sa course inexorable et la luminosité baissait de plus en plus. Ils feraient bien de partir d’ici le plus vite possible. Mais pour ça, il fallait qu’elle puisse marcher. Ce qui semblait peu probable, maintenant qu’il y pensait. Mais il lui restait un vague espoir qu’elle avait repris suffisamment de forces pour se soulever du sol. Si elle se mettait debout, elle pourrait s’appuyer sur lui et ils quitteraient enfin cet endroit. Qui, vraiment, ne lui inspirait pas confiance.

Il croisa le regard désolé de Lune. Il s’en doutait, à vrai dire. Son intuition fut confirmée par le signe de dénégation de l’enfant. Donc non, elle ne pouvait pas se lever. Il lui fit un sourire qui se voulait rassurant.

« T’inquiète pas, va, on va trouver une solution. »

Il réfléchit rapidement. En fait, la réponse au problème était assez simple. Il lui suffisait de la porter. Il la jaugea du regard. Elle ne devrait pas être bien difficile à transporter, même avec sa peluche. Comme ça, il pourrait s’assurer qu’elle reçoit des soins corrects à l’infirmerie, vu qu’il l’emmènerait d’abord là-bas. Oui, c’était une bonne idée. Maintenant, la question qui se posait : se laisserait-elle faire ? Certes, elle avait l’air bien plus à l’aise en sa compagnie maintenant qu’au début, mais… mais c’était peut-être trop lui en demander. Il jeta un autre regard à l’extérieur. Bien, il ne lui restait plus qu’à lui demander : qui ne tente rien n’a rien, après tout.

« Si tu veux… si tu veux, je peux te porter. » bégaya-t-il doucement. Il ne voulait pas vraiment l’effrayer. « Enfin, si ça ne te gêne pas. Comme ça, on pourra partir assez rapidement de la chapelle. » ajouta-t-il d’une voix plus assurée. Il était tout de même censé être le plus âgé, celui qui prend les choses en main.
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Mar 23 Avr - 16:47

    J’observais le paysage caché derrière la porte. Celui-ci se faisait plus lugubre au fur et à mesure que le soleil finissait sa course dans le ciel, comme si les morts n’attendaient que sa disparition pour sortir de leur tombe et s’attaquer aux imprudents encore dehors à une telle heure. Les imprudents, autrement dit, nous. Je voyais déjà beaucoup de scènes traverser mon esprit, des scènes horribles et terrifiantes, que je ne préférais même pas essayer de décrire. Je déglutis. La peur marquait peu à peu mon visage. Je voulais rentrer. Pas à Cloverfield. Je voulais rentrer chez moi, retrouver mes parents, retrouver une vie normale… comme si tout cela n’avait été au final qu’un mauvais rêve. Mais ce n’était pas un mauvais rêve. C’était pire. C’était un cauchemar.
    Et il était impossible de s’en échapper.

    « T’inquiète pas, va, on va trouver une solution. »

    Je retournais à la réalité, m’évadant de ces odieuses scènes que provoquaient mon imagination et ma paranoïaque un peu trop développés. Les paroles d’Alistair me réconfortèrent quelque peu. Depuis longtemps, très longtemps, je me sentais enfin plus à l’aise, je me sentais enfin mieux… Sa présence à mes côtés était rassurante. J’avais l’impression que plus aucuns dangers ne pouvaient m’atteindre tant qu’il serait près de moi. J’allais même jusqu’à me demander pourquoi je restais encore aussi méfiante à son égard. C’était presque méchant, vu tous les efforts qu’il semblait faire pour gagner sa confiance. Mais c’était dans ma nature, je ne pouvais pas m’en empêcher. Et puis, c’était en étant méfiante et craintive que j’étais parvenue à m’en sortir jusqu’à aujourd’hui. Péniblement, certes, mais j’étais en vie. Je n’avais jamais eu affaire au Sycophante, pas plus qu’aux Remords. C’était le principal.

    « Si tu veux… si tu veux, je peux te porter. »

    Je fus incapable de m’empêcher de lever la tête pour fixer avec de gros yeux ronds le garçon. Est-ce qu’il… se fichait de moi ? Il paraissait au moins aussi gêné que moi, je pensais donc que non.

    « Enfin, si ça ne te gêne pas. Comme ça, on pourra partir assez rapidement de la chapelle. »

    Je baissais les yeux, me mordant la lèvre inférieure. Mon cerveau était en train de cogiter. D’un côté, l’idée de sortir de cet endroit me plaisait énormément. D’un autre côté… se faire porter par un membre de la Lower Class ? Impossible. C’était un privilège réservé à ceux qui faisaient partie de l’Aristocratie, et encore… Jusqu’à présent, je n’avais que notre Roi pour se faire porter de la sorte. J’hésitais beaucoup… pouvais-je me permettre d’être traitée presque comme une princesse ? J’exagérais peut-être un peu la situation, mais depuis le temps qu’on avait pas été aussi gentil avec moi… Cela me faisait tout drôle. Et puis, j’avais peur d’être trop lourde pour lui.
    Finalement, je pris ma décision. J’ignorais si j’allais le regretter par la suite, pourtant je préférais largement cette option plutôt que de servir de nourriture pour les Remords… ou pour une créature encore plus dangereuses et vorace encore.

    « D-d’accord… »

    Je sentis le rouge me monter aux joues. Rien qu’à l’idée de monter sur son dos, ou d’être portée comme un chevalier le ferait avec une princesse, j’étais extrêmement gênée. Je me faisais sûrement des histoires pour un rien, il ne ferait que me porter. Mais tout de même.
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Jeu 25 Avr - 0:40

« D-d’accord… »

Un léger soupir de soulagement lui échappa. Il fallait avouer qu’il s’était un peu inquiété. Qui sait, elle aurait pu refuser pour plusieurs raisons. Par… par fierté, tiens. Ça aurait possible. Lui, à sa place, aurait refusé, il n’aurait probablement pas admis qu’il puisse avoir besoin d’aide. Au moins, la fillette était plus sensée que lui. Il lui rendit sa peluche et se releva. Epoussetant d’un geste distrait son pantalon, il fit quelques pas pour dégourdir ses jambes. Et aussi pour réfléchir à comment il allait la porter.

Sur le dos ou dans ses bras ? Il envisagea d’abord de la prendre dans ses bras. Mais il se ravisa, ce ne serait pas particulièrement pratique pour lui. Si jamais ils étaient attaqués en chemin, des fois que les Remords se sentent d’humeur taquine, il aurait besoin de sortir rapidement son épée. Or, si elle était dans ses bras, il faudrait qu’il la pose en veillant à ne pas lui faire mal. Trop de temps perdu, mauvaise idée. Donc, le dos.

« Bon, je vais te prendre sur mon dos, ce sera plus simple, d’accord ? Comme ça, j’aurais les mains libres pour ouvrir les portes, tout ça. » déclara-t-il, d’une voix assurée. Il omit de préciser que c’était plus les dangers qu’ils risquaient de rencontrer qui le préoccupaient que l’ouverture des portes. Il ne tenait pas à l’inquiéter outre mesure, elle avait eu suffisamment d’émotions fortes pour la soirée.

Il réalisa soudainement qu’il n’avait pas pris en compte Bunny, la peluche de la fillette. Maintenant qu’il y pensait, elle était assez volumineuse. Et bien sûr, elle refuserait de s’en séparer ou de la laisser ici, le temps qu’il l’emmène en lieu plus sûr. Evidemment. Donc, il faudra qu’il la porte aussi. Il réfléchit un instant. Le poids ne devrait pas être un gros problème. Par contre la place que la peluche prenait était peut-être plus problématique. Que faire ?

« Hum, pour Bunny… Tu as le choix, soit c’est toi qui la portes, soit c’est moi. Il faudra que tu le tiennes bien, par contre, hein, qu’il ne tombe pas. Ça risquerait d’être compliqué pour moi de le ramasser, après, si je t’ai sur le dos… Sinon, je la prends et je te la rends quand on arrive. » affirma-t-il pensivement. En se frottant le menton, il repensa aux dangers qui rôdaient dans l’orphelinat. « En fait, non, il vaut que ça soit toi qui prenne Bunny. Je préfère garder les mains libres. »

Ce détail étant réglé, il s’approcha de Lune et s’accroupit juste à ses côtés et lui présenta son dos. « Vas-y, grimpe. » Il la regardait par-dessus son épaule, un sourire encourageant aux lèvres. Il avait tendu un bras pour la retenir si jamais elle tombait ou simplement si elle avait besoin d’aide pour se relever. « Et surtout, hésite pas à me serrer fort, faudrait pas que tu glisses » ajouta-t-il avec un clin d’œil malicieux.

Il était heureux de quitter les lieux. L’obscurité naissante ne lui inspirait absolument pas confiance et son imagination lui faisait voir mille formes plus dangereuses les unes que les autres dans l’ombre. Il savait que les Remords sortaient dès la tombée de la nuit, mais il espérait vraiment que rien ne viendrait perturber leur retour. Pas qu’il ait peur ou quoique ce soit, non, pas du tout. Mais il ne voulait pas que Lune prenne d’autres coups dans l’histoire. Il ne doutait pas qu’il serait à la hauteur, mais défendre quelqu’un de ces saletés s’avérait en général un exercice périlleux. Surtout quand les dites saletés saisissaient la moindre ouverture pour attaquer. Oui, le plus tôt ils partiraient, le mieux ça sera.

« Ca y est ? Préviens-moi quand je peux me lever. Et dis-moi si tu as trop mal pour que je te prenne sur le dos. Ça ne me gène de te prendre dans mes bras, tu sais. » murmura-t-il calmement, ne laissant pas paraitre son anxiété.
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Jeu 25 Avr - 13:39

    Il y avait quelques jours, si on m’avait dit que quelqu’un serait aussi gentil et prévenant avec moi, je n’y aurais tout simplement pas cru. Pourtant, la preuve était bien là. Alistair été bien l’un des premiers enfants à avoir été aussi généreux et patient envers moi. Et sincèrement. D’après ce que j’avais pu comprendre, il ne se fichait absolument pas de moi, il n’essayait pas de m’entourlouper ni même de me manipuler. S’il le faisait, c’est que c’était un excellent comédien. Vraiment. Et rares étaient ceux qui jouaient aussi bien la comédie, sans laisser le moindre indice filtrer pour prouver qu’ils n’étaient en réalité pas sincères. Je ne pensais pas que le garçon soit de ces personnes, au contraire. Il avait l’air d’être quelqu’un d’honnête. J’espérais seulement que je ne faisais pas une lourde erreur en lui accordant ma confiance.
    Oui. J’avais finalement –et enfin- décidé de lui faire confiance. Bonne ou mauvaise idée ? Seul le temps me le dirait.

    « Bon, je vais te prendre sur mon dos, ce sera plus simple, d’accord ? Comme ça, j’aurais les mains libres pour ouvrir les portes, tout ça. »

    Je récupérais Bunny et le serrais fort contre moi. Je baissais encore plus la tête qu’à mon habitude, pour essayer de cacher mes joues roses. J’étais tellement gênée à l’idée qu’on me porte que je ne pouvais m’empêcher de rougir. Ca allait sûrement passer quand je m’y serais habituée, au bout de quelques minutes perchées sur son dos. Mais en attendant, j’avais l’impression d’être aussi rouge qu’une tomate.

    « Hum, pour Bunny… Tu as le choix, soit c’est toi qui la portes, soit c’est moi. Il faudra que tu le tiennes bien, par contre, hein, qu’il ne tombe pas. Ça risquerait d’être compliqué pour moi de le ramasser, après, si je t’ai sur le dos… Sinon, je la prends et je te la rends quand on arrive. »

    Je réfléchis un instant. Bunny, je pouvais très bien le porter, ce ne serait pas le poids qui m’embêterait. Plutôt sa taille. Il fallait avouer qu’avoir une grosse peluche pouvait être rassurant quand j’étais anxieuse, apeurée, que j’avais besoin de réconfort. Mais quand il s’agissait de la transporter, j’en savais quelque chose : ce n’était pas des plus pratiques. Mais je préférais encore que ce soit moi qui le prenne. Les paroles prononcées par Alistair qui suivirent me confirmèrent cette idée. Encore une fois, pour garder les mains libres. Il était certain que ce serait ainsi plus pratique pour l’orphelin d’ouvrir les portes et d’interagir avec les objets du décor ou que savais-je d’autre. Quoi que non. Pas que savais-je d’autre. Il ne fallait pas que j’aille me faire à nouveau quelques scènes d’horreur à ce sujet. Après tout, quelques rayons du soleil filtraient encore dans le ciel, n’est-ce pas ? Nous avions du temps avec que les Remords décident de pointer le bout de leur nez…

    Le membre de la Lower Class s’accroupi sur le sol, me regardant avec son petit sourire rassurant. Il avait même tendu le bras afin que je puisse m’y accrocher si besoin. Et nul doute que j’en aurais besoin.

    « Et surtout, hésite pas à me serrer fort, faudrait pas que tu glisses »

    Je fis un effort titanesque pour bouger. Je m’appuyais sur le sol à l’aide de mes mains, et me levais péniblement. Mes jambes tremblaient, j’étais à peine stable. J’avais beau m’accrocher au bras d’Alistair, je tombai presque sur son dos lorsque je voulus m’y installer ‘en douceur’. Loupé, visiblement. Je lui murmurais un petit « Désolée » tout timide, à peine audible. Je ne savais même pas s’il m’avait entendu.
    Je tentais de me positionner de façon à ne pas trop sentir mes articulations grinçantes et mes muscles douloureux. Quand je finis de gigoter péniblement sur lui, je passais mes bras autour de lui pour mieux tenir, tout en prenant soin de ne pas l’étrangler.

    « Ca y est ? Préviens-moi quand je peux me lever. Et dis-moi si tu as trop mal pour que je te prenne sur le dos. Ça ne me gène de te prendre dans mes bras, tu sais. »

    J’enfouis ensuite ma tête dans son cou. Sans raison particulière. Certainement par habitude, lorsque mon père me portait de la même manière et que je faisais cela pour mieux sentir son odeur… une odeur que j’avais totalement oublié. Un sentiment nostalgique remonta en moi, les larmes me montaient aux yeux sans pour autant couler. Non, ce n’était pas le moment de repenser à ces souvenirs perdus… Cela ne m’avanceraient en rien. Je ne pus cependant pas m’empêcher de serrer un peu plus le bras de mon lapin, comme pour faire passer ce petit pincement au cœur que je ressentais.

    « C’est bon… »

    J’essayais de me concentrer sur autre chose. Tiens, l’odeur du garçon. Je fermais les yeux, et la humai sans grande discrétion. Sous plusieurs parfums caractéristiques de Cloverfield, je pus détecter un arôme plus léger, mais bel et bien présent. Hm… c’était… l’herbe sauvage ? Oui, cela devait être quelque chose comme ça. L’herbe sauvage, les feuilles des arbres, la forêt… c’était l’odeur que je lui trouvais.

    Ah. Je me souvenais, maintenant.
    C’était presque la même odeur que celle de mon père. Lui, il sentait les fleurs sauvages. Pas l’herbe sauvage. Mais ces deux parfums se ressemblaient beaucoup… Mes paupières se soulevèrent à moitié, révélant toute la mélancolie de mon regard.

    « Tu sens comme mon papa… » murmurais-je doucement.

    Je n’avais pas pu m’empêcher de le dire. Je n’avais pas pu me renfermer dans mon mutisme alors que de tels vestiges du passé remontaient en moi. Un tel comportement allait sûrement l’intriguer. Mais je n’avais pas pu m’empêcher de réagir de la sorte. Bouffée de nostalgie, quand tu nous tiens…
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Dim 28 Avr - 0:03

Heureusement qu’il s’était accroupi de façon à ce qu’il puisse camper sur ses positions. Lorsque Lune s’effondra sur son dos, il tint bon et ne bougea pas, restant immobile pour qu’elle ne soit pas davantage déséquilibrée. Il avait eu le bon réflexe. Au moins avait-elle pu se placer correctement. Il l’avait senti bouger, derrière lui. Il n’osa pas faire le moindre mouvement, ne sachant pas s’il l’aiderait ou si, au contraire, il lui ferait mal.

Il s’interrogea encore une fois sur les agresseurs de la fillette. Qu’est-ce qui avait bien pu les pousser à agir de manière aussi sauvage ? Et surtout, à s’attaquer à plus faible que soi ? A ses yeux, ce n’était que la preuve d’une immonde lâcheté, il ne comprenait pas qu’on puisse tomber aussi bas. Cette pensée le rendit légèrement nauséeux. Pauvre petite, servir de souffre-douleur à des êtres tellement assoiffés de pouvoir qu’ils ne se rendaient plus compte de la cruauté de leurs actes.

A peine quelques minutes en sa compagnie et Alistair s’était déjà attaché à la jeune enfant, prenant ses intérêts à cœur. Lorsqu’il s’en rendit compte, il fronça légèrement les sourcils. Pas trop, pour ne pas l’effrayer : il sentait que sa méfiance ne s’éteindrait probablement pas de sitôt. C’était un nouveau sentiment, qu’il éprouvait. Plus que de la fierté. Il se sentait utile, un peu. En fait, il compatissait et ne voulait plus qu’elle souffre, voilà tout. C’était rare qu’il agisse comme ça, cela dit. Qu’il soit aussi gentil et aussi prévenant. Mais elle avait titillé la fibre fraternelle, il fallait croire.

« C’est bon… »

Il glissa ses mains sous les genoux de Lune, histoire de la soutenir et de lui éviter un trop grand effort. Il assura sa position, lentement. Il se figea lorsqu’elle reprit la parole. Il s’était attendu à tout, sauf à ça.

« Tu sens comme mon papa… »

Ces cinq petits mots le ramenèrent plusieurs années auparavant, quand son propre père était encore en vie, quand sa sœur était encore là pour lui raconter des légendes, quand sa mère l’aimait encore. L’image de la famille heureuse qu’il composait s’imposa à lui avec une telle clarté qu’il eut l’impression que rien n’avait changé, que Cloverfield n’était qu’un rêve et qu’il se réveillerait dans son lit, auprès de ses parents. Il sentit son cœur se serrer à cette pensée.

Il chassa brusquement ces souvenirs de son esprit. Non. Cette famille n’était qu’un mensonge. Il fallait qu’il se concentre sur le présent. Sur la petite fille délicate qu’il portait sur son dos. Et sur le fait que, comme tous, elle regrettait les temps passés. Il ne sut comment réagir. Au fond, il était presque flatté. Il voulait être une figure de protection. La personne qu’elle irait voir si jamais elle avait besoin d’aide. Celui qu’elle n’aurait pas peur d’appeler car elle saurait qu’il l’aiderait du mieux qu’il pourrait. En fait, il aurait aimé être une sorte de grand frère. Oui, voilà.

Il n’en restait pas moins qu’il était aussi gêné. Il n’était pas vraiment doué pour consoler les gens dans les moments difficiles. Oh certes, il savait écouter, mais il utilisait plus ses poings que les mots pour régler les conflits. Et ça se faisait cruellement ressentir en ce moment même. Qu’aurait-il bien pu lui dire ? Il… il n’avait jamais consolé qui que ce soit. De toute façon, avant son arrivée à l’orphelinat, les enfants venaient le vor en pleurs pour qu’il aille frapper leur agresseur, pas pour les calmer. Il décida de faire un effort. Elle avait plus besoin de paroles gentilles que de la promesse d’en faire baver à… à qui d’ailleurs ? Il ne savait rien de son père ou de sa famille. Après une courte hésitation, il prit enfin la parole.

« Je… je suis désolé que tu te sois retrouvée à Cloverfield. Je suis sûr que ton père serait fier de ton courage. »

Il s’était senti idiot en disant ces mots. Il pensait chaque mot qu’il venait de prononcer, ne vous méprenez pas, mais il ne parvenait pas à déterminer si c’était ce qu’elle attendait de lui. Ou peut-être n’attendait-elle rien de sa part ? Il n’aurait su le dire. Il raffermit sa prise sur ses jambes, simulacre de câlin et de réconfort. C’était tout ce qu’il pouvait lui offrir dans cette position. « Tu sais, tu ressembles un peu à ma sœur. Elle avait les yeux bleus, elle aussi, et elle adorait les lapins. » Il sourit d'un air un peu penaud.

Enfin, il appuya sur ses jambes et se leva lentement, tentant de ne pas perdre l’équilibre. Il resta debout un moment, sans bouger, le temps de s’habituer au poids sur son dos. « C’est parti. », murmura-t-il. Prudemment, il se dirigea, pas après pas, vers la sortie de la chapelle, faisant bien attention à ne pas trébucher.
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Lun 29 Avr - 17:56

    J'étais plongée dans les souvenirs constituant les vestiges de mon passé. Tous ces moments heureux, révolus en une nuit... Je détestais repenser à tout cela. A ma famille tranquille, sans histoire, morte tragiquement dans un incendie. Cliché ? Oui, totalement. Mais cela restait tellement douloureux. Perdre les êtres que m'étaient le plus chers dans ce monde, si rapidement, sans que j'aie le temps de comprendre... Le Destin pouvait se montrer bien cruel, par moment. Et ce même Destin n'avait pas fini de m'en faire baver. Mes parents, Cloverfield, mon rang, et tous ces enfants qui me maltraitaient à la fois physiquement et moralement... J'étais fatiguée de souffrir. J'étais fatiguée de vivre. Si j'en avais eu le courage, j'aurais mis fin à mes jours, plutôt que d'affronter chaque jour ce calvaire et de risquer à chaque instant de croiser le Sycophante et les Remords... Dans quel monde étais-je atterri ? Pourrais-je sortir d'ici un jour ? Je l'ignorais. Honnêtement, j'en doutais. Je serais sûrement morte depuis longtemps lorsque cette étrange malédiction qui s'était abattue sur nous serait levée. A moins d'avoir beaucoup de chance... et des amis de poids.

    « Je… je suis désolé que tu te sois retrouvée à Cloverfield. Je suis sûr que ton père serait fier de ton courage. »

    Un sourire triste se dessina sur mon visage. Mon père... je voulais vraiment qu'il soit fier de moi. Mais le serait-il en voyant ce que j'étais devenue ? La petite dernière de l'orphelinat, muette, battue ? Je poussais un petit soupir. Quelle que soit la situation, il ne cessait jamais de m'encourager... Il n'avait jamais cessé de m'encourager. Il avait toujours été là pour me remonter le moral, pour me pousser à dépasser mes limites, pour me surpasser. Je le voyais comme un héros. Même mort.
    Je sentais la prise qu'Alistair avait sur moi se resserrer doucement. J'en fis de même avec mes bras, comme je le faisais autrefois avec mon père, quand il me consolait. Lui... il était un peu comme mon papa. Aussi gentil que lui. Mais les enfants d'ici étaient-il réellement capable de se montrer aussi innocent ? J'avais eu tellement de preuves du contraire que je ne savais plus trop ce que je devais croire ou non...

    « Tu sais, tu ressembles un peu à ma sœur. Elle avait les yeux bleus, elle aussi, et elle adorait les lapins. »

    Ah... A son ton, à la manière dont il avait choisi ses mots... Je compris assez aisément que sa sœur ne devait plus être de ce monde. Ou qu'il n'espérait pas la revoir un jour, du moins. Je soulevais mes paupières, les yeux dans le vide, la tête dans les nuages. Sa sœur... elle avait de la chance d'avoir un grand frère comme lui. Moi aussi, j'aurais bien aimé avoir un frère. Ou une sœur. Qu'importe, les deux m'auraient rendu heureux. Mais j'étais fille unique, et je n'aurais plus jamais l'occasion de devenir grande sœur.

    « C’est parti. »

    Je restais un petit moment silencieuse, perdue dans mes pensées, sans vraiment faire attention à ce qui m'entourait. Tant que je sentais la chaleur du corps du garçon, je me sentais en sécurité. Je savais qu'aucuns Remords ne pointaient le bout de leur nez, je savais que personne ne venait nous déranger. C'était bien comme ça. Être tranquille, sans que personne ne vienne se défouler sur moi, c'était apaisant.
    Je pris finalement la parole au bout de quelques minutes sans rien dire, sentant une fois de plus le rouge me monter aux joues :

    « Je… je pourrais être ta petite sœur ? »

    Phrase courte, qui omettait bien des détails que j'aurais pu préciser. Comme le fait que je ne le forçais pas à me considérer comme ceci, que je comprendrais qu'il refuse à cause de sa classe, et de mon rang bien bas. Tout en bas de l'échelle, à dire vrai. J'omettais également de dire que je ne voulais pas remplacer son ancienne petite sœur, loin de moi une telle pensée, mais que je souhaitais plutôt être une nouvelle petite sœur pour lui. Comme la petite dernière de la famille, en fait. Je ne me rendais pas vraiment compte à quel point j'avais besoin d'une famille, à quel point j'avais besoin de personnes pour me soutenir. Inconsciemment, je commençais à me sentir vraiment bien avec lui. Même si cette pointe de méfiance ne se décidait toujours pas à partir, aussi surprenant soit-il. Après tout, il pouvait encore m'abandonner à tout moment, dès qu'il en aurait assez de me protéger et de s'occuper de moi.

    M'abandonner.
    Je comprenais soudainement que c'était de cela que j'avais le plus peur. Au dessus du Sycophante, au dessus des Remords, au dessous de tout cela, subsistait une peur bien plus grande : être abandonnée. Je pris conscience que j'avais peur qu'on me laisse une fois encore seule, comme mes parents l'avaient fait dans cet incendie. J'étais si méfiante parce que j'avais peur d'être trahie et de me retrouver seule. J'avais peur d'accorder une fois de plus ma confiance à quelqu'un et que cette même personne m'abandonne sans raison apparente. Et puis, n'importe qui pouvait mourir ici, à n'importe quel moment. S'attacher à quelqu'un, c'était risquer de le perdre un jour. C'était cela que je craignais autant... et certainement d'ici que je provenait ma méfiance. Je prenais enfin conscience de tout cela.
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Alistair L. Knight

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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Jeu 2 Mai - 15:19

Il s’immobilisa. Encore une fois. Décidément.

Il ne savait que répondre. Pourquoi… pourquoi cette question, pourquoi ce moment et même pourquoi lui ? Il hésitait, vraiment. Oh, ce n’était pas elle, le problème, bien sûr que non. Il l’appréciait. Il était même surpris de voir à quel point il s’était attaché à ce petit bout de fille. Il avait eu envie de partir à la poursuite des trois garnements quand il avait vu l’étendue des dégâts, pour leur faire payer toute cette douleur. Alors oui, il éprouvait un intérêt sincère pour Lune.

Mais… Mais ça impliquait tellement de choses. Grand frère. Au fond, c’est ce qu’il avait toujours rêvé. Protéger les autres, se battre sans hésiter, c’était ce qu’il aimait. Mais le souvenir de sa sœur lui revenait à l’esprit. Une nouvelle fois. Il se rendit compte qu’il ne s’était jamais pardonné de sa mort. Comment le pourrait-il ? C’était de sa faute, s’il l’avait tiré de l’eau plus rapidement, elle ne serait pas tombée malade, elle n’aurait pas succombé… Et voilà qu’elle lui demandait d’être sa petite sœur. Il avait peur, peur de ne pas pouvoir tenir les promesses qu’il lui ferait, peur de ne pas pouvoir la protéger en temps voulu.

Et il était Chevalier. Si jamais on lui demandait de la punir ? Que devrait-il faire ? S’en prendre à celle qui lui a fait suffisamment confiance pour lui demander d’être son frère ? Il ne pourrait plus jamais se regarder dans un miroir après ça. Et… Et il se doutait également que l’Aristocratie ne verrait pas d’un très bon œil qu’il s’attache à un rang 7. Il faudrait qu’ils restent discrets. Il ne pourrait pas prendre ouvertement partie pour elle. Est-ce que ça valait la peine de dire oui à sa demande s’il risquait de trahir cet engagement ?

Il soupira doucement. Il ne voulait pas lui faire peur, il ne voulait pas qu’elle soit meurtrie par ses paroles ou par ses actes, mais il ne voyait plus quoi faire. Il… Il voulait protéger, ça oui. Il ouvrit la bouche pour prendre la parole.

Et la referma aussitôt. Il ne savait pas quoi dire. Il était pris au dépourvu. Malgré ses doutes et ses réticences, il voulait dire oui. Surtout qu’il sentait que ça importait beaucoup pour elle. Elle avait perdu sa famille, comme tout le monde, ici, mais forcément, la chaleur familiale n’était plus au rendez-vous. Avait-elle peur de se retrouver désespérément seule ? Possible. Lui aussi se sentait assez isolé, dans l’orphelinat, du fait de son statut. Alors, que dire d’elle, qui se faisait probablement persécuter à tour de rôle ? Avait-il le droit de la laisser tomber, avec pour seule consolation, quoi, le souvenir qu’il l’avait protégé dans la chapelle ?

Il resta silencieux et baissa la tête, avant de raffermir la prise sur ses jambes et de se remettre à marcher. Il arriva à la porte de la chapelle et ouvrit prudemment la porte. Un vent frais s’engouffra aussitôt, le faisant frissonner. Il jeta un regard aux alentours et ne voyant rien de suspect, s’engagea à l’extérieur. Direction, l’infirmerie. Elle avait besoin de soins. Et le trajet lui donnerait le temps de réfléchir à… tout ça.
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MessageSujet: Re: Cours petite souris, cours ! [ Pv Alistair ]   Dim 5 Mai - 9:24

    Le silence qui suivit ma question pour le moins osée me rappela à la réalité. Non, évidemment que non, il ne pouvait pas devenir mon grand-frère... Cela lui attirerait trop d'ennuis, de toujours me protéger, veiller sur moi,... Il finirait par être exclu de la Lower Class, renié de ses fonctions de chevalier... Je poussais un petit soupir, dans un sourire presque moqueur envers moi-même. Ce que je pouvais être naïve des fois. Après tout, Une rang 7 comme moi ne pouvait pas se permettre d'avoir de bonnes relations avec les rangs supérieurs, et encore moins avec les classes supérieures.

    Je me mis soudainement à rêver d'être membre de la Lower Class, voir même de la Raffined Class. C'était stupide, d'imaginer une chose qui n'arriverait jamais. Mais c'était plus fort que moi, maintenant. Si j'étais élevée à un tel niveau, je serais plus respectée, plus crainte peut-être, on ne se servirait plus de moi comme d'un défouloir... Tout serait tellement différent. Je ne connaîtrais pas cette misère. Oh, j'en aurais certainement une autre à ma portée, les fardeaux qui pesaient sur les gens de cette classe, mais j'ignorais encore totalement le genre de fardeau que cela pouvait être. Éventuellement, le simple fait de devoir garder une bonne attitude en tout circonstance, garder ce masque d'excellence sur soi, rien que cela pourrait être lassant à la longue. Mais j'étais peut-être bien loin de la vérité. Qui sait ?

    Le silence, toujours présent dans la Chapelle, me rappela soudainement à quel point j'avais envie de dormir. La fatigue s'abattit sur tout mon corps, mes paupières devinrent lourdes. Je tentais de rester éveillée, pour voir si Alistair allait quand même me répondre, en vain. Je fus presque contrainte de fermer les yeux. Ma respiration devint plus régulière et profonde, tous mes muscles se décontractèrent malgré la douleur, et ma tête reposa sur l'épaule du garçon.

    Au fond, c'était mieux que je m'endorme. Je n'aurais pas à m'inquiéter des Remords et des monstres qui pourraient surgir à cette heure tardive de la soirée...
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