7 jours avant le déluge [Ezekiel]



 

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 7 jours avant le déluge [Ezekiel]

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Ed Flat

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MessageSujet: 7 jours avant le déluge [Ezekiel]   Ven 12 Avr - 12:13

Ed Flat regarda par la fenêtre d'un air anxieux : comment si un quelconque dieu (ou l'inverse) avait décidé de lui jouer un tour, le temps était passé tout d'un coup du beau digne de l'été, avec ses rayons du soleil qui éblouissent le matin, au tout crado, avec sa pluie et ses escargots. Au moins, le point positif, c'était qu'elle n'avait plus à se fatiguer à mouiller l'herbe pour qu'elle pousse bien. Ce qui était moins satisfaisant, en revanche, c'était qu'il ne s'arrêtait pas de pleuvoir. D'habitude, elle faisait bien son travail – du moins le mieux possible – elle s'occupait de couper l'herbe et d'entretenir le chemin pour qu'il n'y ait pas trop de mauvais herbes et qu'il soit praticable. Là, l'ensemble était devenu un tout boueux dans lequel il aurait été impossible de mettre le pied sans s'en mettre partout.

La petite fille souffla, observant de la fenêtre où elle se situait le ciel, et puis les quelques escargots qui se baladaient sous ses yeux. Était-elle vraiment obligée de travailler aujourd'hui ? Serait-ce vraiment productif, étant donné qu'elle ne ferait que être plus sale et abîmer encore plus le jardin ? À son humble avis, il fallait attendre que les choses deviennent plus stables pour arriver à faire quelque chose pour ce foutu jardin – et en particulier qu'elle puisse y voir à deux mètres devant elle, parce que là, elle était capable de se paumer rien qu'en marchant droit devant elle, et Ed ne voulait pas se perdre dans cet endroit démoniaque – et surtout rencontrer un des monstres. Elle considéra les gants qu'elle tenait à la main droite et les reposa sur le bord de la fenêtre, puis y monta et s'y assit. Dans le temps, lorsqu'elle habitait dans la rue avec ses complices, ils se réfugiaient dans les égouts lorsqu'il pleuvait. Là-bas, l'odeur n'était peut-être pas très agréable mais ils étaient en partie protégés, et lorsqu'on connaissait bien le coin, on découvrait des caches secrètes plutôt douillettes aménagées par des gens comme eux. C'était en général de bons moments et, de ce fait, elle regardait la pluie avec un œil un peu nostalgique...qu'étaient-ils tous devenus ? Étaient-ils en orphelinat, ou morts, ou encore dans la rue, à présent ?

« Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille... »

Le temps ne s'améliorait pas : comme j'ai déjà pu le mentionner, elle pouvait voir de l'intérieur le sol boueux, les herbes hautes qui pliaient sous la force du vent. Si on la forçait à aller dehors à ce moment, elle attraperait sûrement un rhume ou pire encore, et ce n'était pas forcément dans ses prévisions. Ed était quelqu'un qui voulait survivre, elle s'acquittait du mieux possible de ses « missions », et ce pour sortir de ce merdier le plus rapidement possible. Ô, ce qu'elle se maudissait, d'avoir un jour franchi ce portail. Mais en même temps, n'importe qui aurait fait de même : la chose était ouverte, il y avait une pancarte attractive devant, alors...elle était rentrée à l'intérieur. N'importe quel enfant seul et laissé pour contre aurait fait cela, et elle pensait aussi que les personnes qui l'avaient laissé à ce point précis de la route voulaient qu'elle aille en orphelinat.

Globalement, la vie ici n'était pas dure : pour s'en sortir, il fallait travailler, ce qu'elle faisait. Elle était plutôt discrète, sauf lorsqu'on lui cherchait des noises et s'étaient bagarrée plusieurs fois sans que cela ait très d'incidence sur son rang, surtout quand de petits rangs 7 la cherchait. Mais certains rangs 7 cherchent tout le monde, Ed a juste plus le sang chaud que le reste de l'orphelinat, et tout le monde se fout de ce qu'on peut leur faire, à eux.

« ...Et quand il ne pleuvra plus, ce sera la fête à la cagouille, que l'on mangera toute cru ! »

Elle regardait pas la fenêtre régulièrement pour voir si la pluie ne s'arrêterait pas, mais celle-ci n'était pas décidée à le faire. Comme si elle était vivante, elle paraissait vouloir atteindre un quota de remplissage de sol et tout inonder. Ed se foutait de cela, tant qu'elle pouvait dormir, manger les pieds au sec...mais puisqu'elle s'occupait de l'extérieur, ça, ça la faisait bien chier. Pendant un instant, elle envia les enfants qui travaillaient à l'intérieur avant de se rappeler qu'elle avait voulu ce travail justement parce qu'elle ne supportait pas de rester coincée dans un lieu fixe. C'était une enfant qui avait plutôt la bougeotte.

En parlant de bougeotte, elle ne tarda pas à descendre de la fenêtre, faisant quelques étirements et se grattant sa tête – sale. Ed n'était pas quelqu'un de particulièrement propre, une simple toilette à l'eau lui convenait particulièrement et elle ne désirait pas le devenir. Certains orphelins n'évitaient d'ailleurs à cause de ça : ses cheveux commençaient à devenir très gras, ces derniers temps, et des rumeurs avaient circulé comme quoi elle aurait des poux. Ed avait frappé le responsable.

« 'Fin bon. Pour ça, faudrait d'jà qu'il s'arrête de pleuvoyer. »

Ah oui, moi, narrateur, avait oublié de le préciser. Ed est une enfant, de puis, elle a grandi dans la rue. Elle avait donc parfois tendance à inventer des verbes ou terminologies qui n'existaient absolument pas.
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Ezekiel Haesen

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MessageSujet: Re: 7 jours avant le déluge [Ezekiel]   Dim 21 Avr - 6:04


  7 jours avant le déluge  
Il mouille, il pleut. Moi je ris, je suis heureux.

Look at your watch now !
L a tête baissée, j’observe attentivement la course paresseuse des aiguilles de ma montre de mon œil valide, debout dans un quelconque couloir du rez-de-chaussée. Aujourd’hui le temps se porte bien, il est d’humeur égal et c’est presque un soulagement pour moi. Depuis qu’Alix a été nommée princesse, j’avais l’impression que le temps n’allait pas bien, qu’il n’acceptait pas la chose en quelque sorte. Après tout, si le temps peut nous jouer des tours, il peut très bien s’insurger de savoir Alix au pouvoir, peut-être qu’il ne l’aime pas ? Peut-être que c’est lui qui a permis que je l’approche, que je lui fasse un peu de mal. Je m’en rappelle vaguement, mais je préfère oublier, comme ça les remords ne viendront pas se venger, comme ça je n’ai rien à craindre, parce que je n’ai rien fais. Je fronce donc les sourcils, me convainquant de la véracité de ce que je me répète depuis déjà deux jours je crois, à savoir que je ne suis innocent de quoi que ce soit. Et puis même, c’est le temps qui m’à forcer la main, c’est entièrement de sa faute à lui, moi je suis innocent. Je soupire, range ma montre dans ma poche et observe l’extérieur à travers la fenêtre lorsqu’un bout de comptine me parvient aux oreilles : Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille... Ah tien, je la connais cette comptine et un petit sourire en coin, je décide de laisser mes pas me mener vers ladite chanson. Parce que si aujourd’hui je ne fais pas de bêtise, je m’ennuie quand même. Lucifel n’a pas besoin de moi, pire, il m’a demandé de sortir de la pièce où il se trouvait et de me perdre quelque part. Il en a assez que je le regarde, mais moi je ne me lasse pas. Tant pis.

La comptine me change les idées, m’assure que je vais bientôt avoir de quoi m’occuper, quelqu’un avec qui parler peut-être, un nouveau si ça se trouve. Ah ça, ce serait intéressant ! C’est cette idée qui me fait accélérer légèrement le pas, la lueur terne de l’extérieur illuminant avec difficulté le couloir que je quitte pour atteindre le hall. Puis je remarque la petite silhouette, qui souffle le reste de la comptine depuis son poste, sur le bord de la fenêtre. ...Et quand il ne pleuvra plus, ce sera la fête à la cagouille, que l'on mangera toute cru ! Ah tien, je ne connaissais pas cette version, je fronce légèrement les sourcils, amusé et m’avance lentement. Je ne suis pas bruyant, en partie parce que le sol étouffe mes pas, mais aussi parce que c’est devenue une deuxième nature pour moi. À 16 ans, on ne doit plus courir dans les couloirs comme un excité, on est sensé devenir un homme, on doit marcher lentement, avoir un port de tête fier et confiant, moi c’est pour Lucifel que j’ai appris à ne pas faire de bruit. Il n’y a rien de pire que de déranger son prince en marchant tout simplement, alors je m’approche maintenant sans bruit du petit garçon qui descend de son poste pour se gratter la tête. Mes mains glissent dans mes poches et je m’arrête à environ dix pas de lui, alors qu’il souffle une phrase qui ne fait pas de sens. Bon ça y est, cette fois je ne me retiens pas, je ris.

La petite tête se tourne vers moi, une petite tête bien sale. Je lui accorde un sourire chaleureux, je suis de bonne humeur, j’oublie tous les soucis et je me racle la gorge pour incliner la tête sur la droite. Puis, je continu la chanson telle que je la connais, de ma voix rauque d’homme en devenir : Il mouille, il pleut. C'est la fête au poisson bleu. J’incline la tête pour saluer le jeune garçon, puis je l’observe rapidement. Il ne doit pas être très âgé, mais il n’y a qu’à voir les gants de jardinage qui traine sur le bord de la fenêtre et sa façon de se tenir, pour comprendre qu’il n’est pas un nouveau venu. Dommage. Bonjour, tu aimes les escargots ? C’est une approche très naturelle, évidemment et je m’avance sans plus attendre, rejoignant la fenêtre qu’il vient de quitter. Il n’y a pas à dire, il tombe des cordes et ça ne semble pas prêt de s’arrêter. Je redresse donc l’œil, j’observe le ciel, mais j’attends la réponse de ma nouvelle occupation : monsieur cheveux gras. C’est bien dommage qu’il ait les cheveux aussi sales d’ailleurs, s’il était propre il aurait pu jouer au remplaçant de mon cher prince et m’occuper davantage. Bon, heureusement le temps est de son côté, alors je ne le trainerais pas de force dans la toilette pour lui offrir un petit luxe que je peux me permettre sans trop de danger. Je pose mes avants bras sur le bord de la fenêtre, les croisent devant moi et tout en gardant mon sourire, relance la conversation. Tu es jardinier, n’est-ce pas ? Ce qui veut dire, que tu devrais en ce moment être à l’extérieur, mais que tu ne le fais pas, parce qu’il pleut, c’est ça ?

Évidemment, je n’ai pas besoin qu’il me donne raison, nous savons tous les deux qu’il est bel et bien jardinier et qu’en ce moment, il sèche l’heure de travail, une faute relativement grave. Sauf qu’il pleut et puis, je m’ennuie. Je ne compte donc pas faire mon tyran, pas avec ce temps si docile, si raisonnable, non je vais être gentil tien ! Alors je tourne la tête vers lui et lui souris à nouveau, plus gentiment encore, pour chantonner : Après le coq de l'église, un nuage s'est déchiré. Le vent lui fit une reprise, mais il s'est mis à pleurer. C'est pourquoi sur une borne; trois escargots bien dodus, montrant leur douzaine de cornes chantaient comme des éperdus : Y pleut il mouille, c'est la fête à la grenouille, allons à la fontaine pour, célébrer ce beau jour ! Et je me redresse pour l’observer à nouveau. Il pleut, c’est un fait, mais s’il ne se bouge pas, qu’il reste planté là, il sera punit, ça aussi j’en suis conscient. Est-ce que j’ai envie de l’aider ? Pas forcément, mais je n’ai pas envie qu’il soit punit, parce que Lucifel s’occupe déjà trop peu de moi pour donner son attention à un autre. Alors je cherche quelque chose à l’extérieur et bingo, j’aperçois le sceau plus loin, près d’un arbre. Si tu restes à l’intérieur, pluie ou pas, tu seras punie. Viens, allons chercher des escargots pour le diner, je vais même t’aider !
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MessageSujet: Re: 7 jours avant le déluge [Ezekiel]   Dim 28 Avr - 22:37

Un étranger. Il y a un étranger qui arrive. La tête de Ed se tourna vers lui lorsqu'il entendit un rire résonner dans la pièce. Il...ou plutôt la petite fille le fixa, droit dans les yeux, pendant quelques secondes : il s'agissait d'un adolescent roux, un truc qui lui cachait un œil. Il n'avait pas l'air spécialement gentil, ni spécialement méchant, et Ed aurait été bien incapable de dire dans quelle classe il se trouvait. Certainement pas dans la dernière en tout cas, sinon, il ne serait pas ici. Tout le monde travaillait à cette heure-là, et il devait y avoir une bonne raison pour que cet individu se trouvât avec lui à ce moment précis dans le hall. L'autre reprit la chanson qu'elle était en train de chanter et d'inventer, et lui fit part d'une fin qu'elle ne connaissait pas. Jouait-il à inventer, lui-aussi ?

Ed ne savait pas trop comment se tenir devant ce nouvel interlocuteur. Il lui semblait un peu trop curieux pour être gentil, et son enfance dans la rue lui avait toujours appris qu'il ne fallait pas faire confiance aux plus grands : ils essaient de profiter des enfants pour ensuite les escroquer. C'est pourquoi elle se recula d'un demi-pas en arrière, heurtant la fenêtre et montrant les dents. Pour un peu, elle aurait presque grogné, son air sauvage prenant le dessus, mais ce n'était pas de circonstance. Ed a le poil qui se redresse : il fait froid, et puis les paroles de cet abruti frappent leur cible en plein cœur. Évidemment qu'il est jardinier et qu'il doit cultiver ses plantes ! Mais...mais là il pleut, c'est pas sa faute, si il le fait, ça ne marchera pas ! La petite fille a envie de lui hurler tout ça, très vite, à toute vitesse, mais elle sent que ce type est l'un de ces hauts gradés et n'a envie d'avoir plus d'ennuis que cela avec la hiérarchie. Elle a déjà tant de mal à monter les grades et ne pas se faire remarquer...

Heureusement, il fallait le dire, Ed était une petite fille courageuse pleine de ressources. Si elle avait été un peu plus couarde, plus « fille », elle se serait probablement enfuie en pleurant. Mais non, Ed n'était pas comme ça, elle n'avait jamais été comme cela, et ici, seuls Jezabel et les monstres réussissaient à lui faire peur. Jezabel parce qu'elle savait qui elle était, et les monstres tout simplement parce que tous les enfants ont peur des monstres. Elle resta donc digne, immobile, le fixant de ses grands yeux d'enfant un peu intrigués par tout le monde, se demandant si elle était tombée sur un taré ou juste sur quelqu'un qui s'ennuyait. Un taré, se dit-elle lorsqu'elle l'entendit chanter cette chanson tellement étrange qu'elle ne connaissait pas, mais elle fit l'effort de l'applaudir, à la fin, pour lui montrer qu'elle faisait des efforts et qu'elle voulait bien l'applaudir si il était gentil.

Et puis ce type chantait faux.

Elle sourit tout d'un coup. Vu comme ça, la chasse aux escargots, une escapade dans le jardin, tout lui paraît bien plus amusant. Elle regarde une nouvelle fois pas la fenêtre et se décide enfin : oui, ils vont aller dehors, non, ce n'est pas grave si ils attrapent froid ! Tout cela a l'air d'être amusant, et puis elle n'a jamais chassé les escargots sous la pluie ! Son sourire s'élargit, elle regarde le garçon comme si il était un héros alors que quelques secondes auparavant, elle le qualifiait de taré. Voilà comment sont les enfants, à changer d'avis tout le temps, selon ce qu'ils aiment.

« On dirait qu'il va jamais s'arrêter de pleuvoir ! Hahaha !!! »

Voilà qu'elle riait aux éclats, maintenant. Ed sortit en toutes fanfares de la maison, sous la pluie, sans protection. Elle attrapa cependant un parapluie posé contre la porte d'entrée, dehors et l'ouvrit en grand fracas. Là, dehors, le ciel était maussade comme si quelqu'un avait posé une fine pellicule gris dessus. Son sourire s'effaça pendant quelques secondes où les frissons lui reprirent, et puis elle courut prendre le seau sous l'arbre, et revenir à l'entrée « cueillir Ezekiel ». Malgré le parapluie, ses vêtements étaient trempés et lui collaient à la peau. Elle vit soudainement un escargot, attrapa son petit corps gluant avec ses doigts et le décolla de sa pierre.

« J'AI TROUVÉ ! ED A TROUVÉ !* »

Elle rigola fort encore, puis vint mettre cette drôle de bête dans la main de son compagnon de fortune.

* La référence à Cowboy Bebop, j'étais obligé:/
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Ezekiel Haesen

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MessageSujet: Re: 7 jours avant le déluge [Ezekiel]   Dim 5 Mai - 6:21


  7 jours avant le déluge  
There is no salvation in becoming adapted to a world which is crazy.

Look at your watch now !
J e ne m’attendais pas du tout à ce que le jeune garçon me montre les dents, lorsque je l’ai approché, mais je ne m’en formalise pas. Je regarde obstinément dehors. Après tout, ce n’est pas le premier enfant étrange que je croise, ici tout le monde est un peu toqué, un peu étrange, un peu méfiant, tout le monde est fou en quelque sorte. Alors qu’il me montre ses dents ne me fait ni chaud, ni froid. En fait, c’est même presque mieux, parce que la folie est plus claire chez les gens qui ne se formalise plus de rien, non ? Peut-être. En attendant, la pluie s’accumule, les rafales de vent la promènent même dans un mouvement très clair au sol, un peu semblable à celui des vagues sur la mer. Je me rappelle vaguement y avoir été une fois, enfant. Je chantonne, l’enfant applaudit et je souris, tournant l’œil vers lui. Je suis de bonne humeur aujourd’hui, presque autant que ce jour bénis où j’avais enfin connu l’océan. Mais c’est loin, tellement loin et ça me fait un peu mal d’y penser. Comme si une partie de moi me manquait, ma tête me vrille un peu, alors je me concentre sur le présent : la chasse à l’escargot, un sport sous-estimé, évidemment.

Je ne sais pas si l’idée plait à mon jeune voisin de fenêtre, mais à moi oui. Non seulement parce que je tiens à ce que mon prince ait l’esprit libre, de toute autre chose que moi évidemment, mais aussi parce qu’il me semble que de batifoler dans l’eau m’occuperait l’esprit à moi. Il y a tellement de changement ici dernièrement, Alix qui devient princesse, les feuilles à retrouver à travers l’orphelinat, franchement une activité banale me fera le plus grand bien. Je prends quand même le temps de me pencher et de rouler le bas de mon pantalon, comme si ça allait protéger le reste de mon corps, alors que le garçonnet se jette déjà à l’extérieur, emportant avec lui le seul parapluie. Eh bien, tout compte fait je laisse mon pantalon retomber et je retire simplement ma chemise, que j’abandonne près des gants de jardinage. Si je rentre totalement trempé, haut et bas, je risque une punition, or si j’aime bien être châtié, j’aimerais ne pas l’être trop et me retrouver hors courses pour satisfaire tous les désirs et ordres de mon prince.

L’eau est fraîche, le vent me fouette un instant la peau, mais puisqu’il se joint à nous par vague, ça peut aller. Je ne crains pas la pneumonie, au pire j’aurais une bonne grippe, rien de bien terrible, après tout je suis un coriace moi. De plus, la bonne humeur de mon partenaire de chasse est contagieuse, tellement que Lucifel perd de son intérêt dans mon esprit, j’oubli le prince un petit instant et je me contente de sourire alors que je redresse le visage vers le ciel. Puis mon partenaire cri, de joie encore, alors je souris et je baisse les yeux vers lui. Ah tien, il a trouvé un escargot, c’est donc à mon tour d’applaudir. Ouais ! Un escargot bien dodu, bien joué Ed ! Maintenant, remplissons le sceau et ce sera parfait. Oui, remplissons le sceau et ton manque d’effort à l’extérieur sera oublié, pas pardonné évidemment, les enfants ça ne pardonne jamais vraiment, mais Ed évitera les punitions. J’observe un instant la bestiole posée dans ma main, elle refuse de sortir de sa coquille et mon rire se joint à celui d’Ed. C’est amusant tout de même ! Je laisse donc retomber la coquille dans le sceau, qui commence déjà à se remplir d’eau. Faisons vite, avant que nous tombions malade ou encore, que le sceau soit totalement noyé par la pluie, viens Ed.

Et voilà, je l’entraine un peu plus loin, près du jardin, là où quelques escargots trottent calmement. J’en attrape un et souris, le brandissant fièrement en direction de mon partenaire. Nous ressemblons déjà à deux grenouilles, même si je me considérerais davantage comme un crapaud, à sautiller partout, à nous pencher pour attraper les pauvres bestioles et les jeter dans le sceau, qui se remplit peu à peu de pluie. Je fouille sous les feuilles du jardin, j’essaie de faire attention à là où je pose les pieds, il ne faudrait pas écraser la récolte, sinon les remords s’en mêleraient sans aucun doute. Évidemment, la tâche n’est pas aussi facile qu’il y parait, non seulement les escargots semblent avoir compris que nous en avions contre eux, ils se cachent de mieux en mieux, mais en plus le sol est glissant, sans parler du vent qui se lève un peu plus fort à chacune de ses nouvelles vagues. J’essaie donc de rester près d’Ed et même, je lui attrape un bras alors que nous avançons dans la terre, là le sol est devenu très glissant, me faisant regretter l’herbe, pour nous approcher de gros rochers où plusieurs escargots trottent gaiement. Regarde, par-là Ed ! Il y en a plein ! On va remplir ton sceau, tu vas voir ! Un autre éclat de rire m’échappe, parce que malgré le froid et la pluie, cette chasse reste un moment de pur plaisir. Maintenant je m’en rappelle, c’est amusant d’être un enfant.
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MessageSujet: Re: 7 jours avant le déluge [Ezekiel]   Sam 11 Mai - 15:59

[HRP : j'ai fait un peu de rp forcé, puis fait évolué la scène. Si tu n'es pas OK, fais-moi signe, y'a aucun problème pour que je change !]

Ezekiel était un bien drôle garçon. Si elle était un peu plus âgée, Ed aurait sûrement rougi. Là, elle rougit, mais l'atmosphère causée par la pluie et sa peau sombre cachèrent cette légère pigmentation de sa peau. Elle n'avait jamais été aidée de la sorte. Vivant de la rue depuis son plus jeune âge, elle était habitué à tout faire toute seule : certes, il venait un moment où ils s'entraidaient tous, mais chacun avait ses propres missions, et pour la bonne réussite du groupe, il fallait que tout le monde les exécute normalement. Lorsqu'elle y pensait, Ed se demandait pourquoi Ezekiel avait ce drôle de bandana sur la figure...elle lui poserait sûrement la question, tout à l'heure. Étant donné qu'elle avait pris le parapluie en premier, il semblait bien trempé : alors, elle ne tarda pas à le rejoindre, lui tendant l'engin. Étant donné qu'il était plus grand qu'elle, elle se serait fait mal au bras à tendre le plus haut possible le parapluie, et en plus, son nouvel ami aurait vraiment été mal protégé.

En échange, il prend le seau d'Ezekiel. Ses cheveux – ils étaient roux ? – sont trempés et Ed a un peu peur qu'il attrape un mauvais truc en restant trop longtemps sous la flotte. Dès que possible, ils rentreront, parce que même avec ce parapluie, le vent n'arrête pas d'envoyer l'eau dans tout les sens, et ils sont tout de même trempés. Mais là, voilà qu'Ezekiel a découvert une cachette d'escargot toute fraîche : la petite fille met alors son seau sur le sol et les prend, un à un, pour les jeter dedans. Pendant ce temps, le vent, cruel joueur, leur joue des tours, et le parapluie, comme tout parapluie subissait le vent, est malmené. Il se retourne, revient normal, se retourne encore, et il lui semble qu'une de ses arêtes se cassent tandis qu'ils cherchent encore les cagouilles. Les deux enfants courraient d'un bout à l'autre du jardin...la pluie n'effraie pas plus que cela les drôles, et s'ils étaient déjà mouillés, autant se mouiller jusqu'au bout. Et Ed n'était pas vraiment le genre de fille à être raisonnable : tout ce qui aurait pu l'inquiéter, ç'aurait été de devoir se déshabiller devant Ezekiel, et, s'il ne s'agissait que du torse, cela pourrait encore passer. Ils sont fous, ces enfants, fous, ils chassent les escargots. Dans le jardin déserté résonnaient leurs cris de joie, lorsqu'ils en trouvaient, un, deux, trois, mais malheureusement assourdi par le vacarme de la pluie.

Alors qu'elle courait sous le parapluie, elle sentit un gros « crac » sous son pied. Lâchant Ezekiel, elle s'arrêtait quelques secondes, voyant ce qu'elle avait causé...elle avait écrasé une cagouille ! Sa coquille était en morceaux, éclatée et transperçant de part et d'autre le frêle corps de limace de la bête. Elle eut un bref hoquet d'horreur, se disant que, finalement, pour la Sycophante, ils n'étaient que des escargots lorsque le tonnerre retentit. Un coup de tonnerre aussi brusque que le fut l'éclair, s'abattant sur un des arbre à proximité. La petite Ed se mit à gueuler, effrayée : si elle n'avait jamais été effrayée par le tonnerre, ce qu'elle venait de voir la choquait au plus profond de son être. Et si la foudre était tombée sur eux, et non sur cet arbre ?

« Ez...Eze...Ezekiel... »

La silhouette de celui qui l'avait accompagnée était juste à côté d'elle. Elle avait lâché l'anse du seau, pétrifié par la peur, observait l'arbre qui brûlait plus ou moins, la pluie étant tellement dense que le feu ne se propageait pas. Elle avait peur, elle avait les chocottes. Et si c'était un nouveau monstre qui arrivait et qui voulait les punir ? Dans sa petite tête, tant de questions se confrontaient, et pourtant, elle n'arrivait pas à trouver de réponse. Alors, Ed se mit à faire quelque chose que n'importe quel enfant à peu près normal fait quand il a peur : elle se mit à gueuler, à pleurer et à courir vers l'orphelinat.

Elle entra à toutes trombes dans le hall, complètement trempée, ses chaussures faisant de grande traces de boue. Là-bas, si Ezekiel ne les avait pas ramassés, les cagouilles devaient apprendre à nager. Pendant ce temps, la petite fille était essoufflée. Elle s'était recroquevillée dans un coin, priant de tout son être pour que ce satané orage passe...si elle n'avait peur de la pluie, l'orage causait par contre une frayeur insoutenable. La flopée de question revint sur ses lèvres lorsqu'elle vit une silhouette franchir de nouveau la porte.

« C'était eux...hein, c'était eux ? Ils pensaient qu'on voulait sortir ? Ils pensaient ça ? Mais ça fait demi-tour automatiquement, on peut pas sortir ! Je veux pas mourir, je veux pas mourir ! Pourquoi on est là...pourquoi ce monocle, je...je j'ai peur ! J'ai peur de l'orage ! »

Et elle fondit en sanglots.
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MessageSujet: Re: 7 jours avant le déluge [Ezekiel]   Lun 13 Mai - 20:57


  7 jours avant le déluge  
Life isn't finding shelter in the storm. It's about learning to dance in the rain.

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N otre chasse aux escargots se déroule très bien, mieux que ça même, puisque nous nous sommes partagés les tâches; Ed promène le sceau, moi je hisse le parapluie au-dessus de nos têtes et nous attrapons des escargots. La récolte est bonne, le plaisir est au rendez-vous, donc je ne m’ennuie pas du tout, je m’amuse même plutôt bien, soutenant le petit garçon dès qu’il semble prêt à glisser. Puis, il y a le « crack ». Bien sonore et arrêtant net mon compagnon de jeu, je m’arrête aussi, pour le regarder. Il se passe quoi ? Je baisse les yeux, cherche le problème et voilà, j’aperçois l’escargot à la coquille en miette. Il s’inquiète pour la bestiole ? Je souris déjà, amusé et prêt à lui annoncer que c’est bête de s’en faire, qu’on va manger les autres et les torturer en les faisant bouillir, que celle-ci ne connait donc pas pire sort, lorsqu’un autre « crack » se fait entendre. Il est plus sonore celui-là, assez pour me faire sursauter, sans parler de l’éclair qui nous éblouit en transperçant l’arbre. Je plisse les yeux, retient mon souffle et observe l’arbre aussitôt. Nous ne sommes qu’à une trentaine de pas de là, c’est assez impressionnant.

Ed gueule à côté de moi, il relâche son saut, bafouille mon prénom et je lui jette enfin un regard. Le sceau tombe au sol, son contenu sauvé par miracle, l’eau s’y accumulant. Je ne serais pas surpris qu’Ed mouille son pantalon en ce moment, mais vu la pluie qui tombe, aucun risque que ça se voit. J’incline la tête sur le côté, un petit sourire au coin des lèvres. Le feu tente de survivre sur l’arbre près de nous, il combat aussi fort que Ed le fait, un instant seulement, avant de fuir en gueulant. Je soupire en regardant la petite silhouette s’engouffrer dans l’immeuble. Il ne doit pas vivre ici depuis très longtemps, parce que l’extérieur est beaucoup moins effrayant que l’intérieur. Ce n’est pas tellement l’orage qu’il faut craindre, mais ce qui se terre dans l’orphelinat, ça je l’ai compris au fil du temps. Ed fera de même. En attendant, j’observe un moment le feu qui s’éteint sur les branches, j’écoute la colère de la nature, puis je me penche, attrape le sceau et me décide à suivre mon jeune « ami » à l’intérieur.

Je pose le sceau près de la porte, à l’intérieur et je m’incline, le temps de retirer mes chaussures. Si je mets de la boue partout, je serais puni, or je suis déjà trempé et j’ai fait assez de bêtise dernièrement. Aujourd’hui je suis le gentil Zeke, le bon petit soldat, le valet connaissant les règles de ce monde, un modèle à suivre quoi. Mes chaussures sont donc abandonnées près du sceau et je n’ai pas le temps de faire trois pas, que déjà le petit garçon reprend la parole. Empressé, paniqué, effrayé oui, il ne fait plus aucun sens. Est-ce que je comprends sa peur ? En partie, alors je soupire et je m’approche lentement, laissant le parapluie dégouté près du sceau. Planté devant Ed, je le regarde se pelotonner dans son coin, se faire minuscule alors qu’il sanglote avec force. L’orage gronde à l’extérieur, des flashs de sa colère illumine de temps à autre la frêle silhouette qui me fait face, mais même les rugissements de l’orage n’arrivent pas à mettre en sourdine les pleurs de l’enfant.

Je m’assois donc près de lui et tend une main, lui effleurant une épaule. C’est un orage, petit. Ça n’a rien à voir avec les remords… dont je prononce le nom en chuchotant à peine plus fort que nécessaire, afin de ne pas être couvert par l’orage. Mais Ed tremble, Ed pleure et j’ai pitié. Oui, ça m’arrive et ma main passe dans son dos, le lui frottant comme on le ferait à une petite fille. Je fais de lent cercle avec ma main et j’appuie ma nuque contre le mur contre lequel nous sommes adossés. Une fenêtre se trouve tout près et j’observe les éclairs déchirés le ciel, un spectacle fascinant. Tu ne vas pas mourir, pas aujourd’hui, peut-être même jamais… cesse de pleurer, ce n’est pas digne d’un garçon. Mais dire ce genre de chose ne change rien, jamais. Il y a une différence entre pleurer de tristesse et pleurer de peur, or si le premier m’est inconnu, le deuxième pourrait très bien me tomber dessus. Alors je console encore Ed, je l’attire presque gentiment contre moi, afin qu’il dissimule son petit visage crasseux dans mon épaule ou mon cou et j’attends en fixant l’extérieur. Le tonnerre roule avec force, les éclaires tombent sans pitié et je sens le petit corps sursauter contre le mien à chaque nouvel élan de rage naturelle.

Je souris donc gentiment et enfouis une main dans les cheveux sales du garçonnet, lui enfouissant moi-même la tête dans mon cou, là où je suis chaud, où je sens bon le savon, où il laissera probablement des traces de son visage et je souffle tout bas : Là, calme toi, personne ne crois que nous tentions de fuir. Ils savent tous que je ne ferais jamais ça et tu étais avec moi… de plus, si le chemin tourne en rond, c’est parce que tu n’as pas à partir. Ici, se trouve notre maison, ici se trouve notre tombe. Il faut rester ici, Ed. Toujours. Ça ne le consolera pas, mais j’utilise quand même un timbre de voix doux, je me montre rassurant, ma main lui cajole la tête, comme je le ferais avec Lucifel, comme je le prendrais contre moi s’il devait un jour se sentir mal, effrayé ou triste. Je soupire tout bas, pose ma joue contre le sommet de sa tête et recommence à parler tout bas ; Ce n’est pas l’orage qu’il faut craindre… c’est le temps, Ed. Le temps qui a perdu la tête, qui se joue de nous, qui emmêle les horloges et les esprits, qui se presse dans les moments de bonheur et ralentit sa course lorsque tu as mal ou peur. Mais tu peux être rassuré, aujourd’hui il va bien. Aujourd’hui, il n’y a rien à craindre.
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Ed Flat

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MessageSujet: Re: 7 jours avant le déluge [Ezekiel]   Mer 15 Mai - 20:47

Ed est toujours là, aussi essoufflée que peu l'être n'importe quelle gamine après un orage. Si elle était dans le dortoir, elle se serait probablement caché sous son lit, si...D'habitude, elle n'a pas si peur que ça de l'orage : aujourd'hui, c'est le fait de l'avoir vu se figer dans cet arbre, si proche, qui l'a emplie d'horreur. Un arbre...et ça aurait pu être elle ! Ezekiel, lui, jouait bien le rôle du grand frère : gentil, proche, le jeune homme qu'elle connaissait à peine semblait trouver les mots pour la faire reprendre contact avec la réalité. Elle sentit la poitrine de son compagnon se blottir contre son corps bloqué dans le temps, ses formes pas encore femmes, plus enfants, ses vêtements mouillés qui transpiraient la pluie sur le sol rendu boueux par ses chaussures. Et elle pleurait. Elle le serrait aussi très fort, le plus fort possible, s'accrochant à lui comme si elle avait peur qu'il disparaisse, tout d'un coup, comme les autres.

Mais Ezekiel ne disparut pas. Au contraire, il resta, il continua à la rassurer...Ed commença à se calmer lorsqu'il lui dit qu'un garçon n'était pas censé pleurer : à ce moment-là, elle hoqueta, se mordit les lèvres comme pour se persuader de ne plus pleurer. Elle n'était plus un bébé, elle avait douze ans, et à douze ans, on ne pleure pas. Elle commença alors à respirer plus lentement, se demandant s'il fallait, ou non, révéler à Ezekiel le terrible secret qu'elle cachait – enfin, terrible, pas de son point de vue. Changerait-il sa manière de la voir ? Commencerait-il à la traiter comme un bébé, s'il s'avait qu'elle était une fille ? En face, on aurait pu penser qu'elle était irréfléchie, qu'elle menait à bien ses actions sans trop savoir pourquoi, mais il était rare que Ed Flat ne réfléchisse à ce qu'elle faisait. Au contraire, elle pesait souvent le pour ou le contre, se différenciant de cette manière des plus jeunes ou des impulsifs qui faisaient toujours tout quand ils le voulaient. Aller chercher les escargots ? Point positif : comme ça, nous allons dehors, je ne serais pas punie, nous aurons à manger, point négatif ? Je risque d'attraper un rhume. Voilà qu'elle était souvent le raisonnement d'Ed.

Les lèvres pincées, elle prit donc la décision de révéler à ce Ezekiel son secret, et puis mouillés comme ils étaient, elle serait très mal si ce garçon l'amenait prendre un bain. Les mains d'Ed bougèrent ses cheveux de ses yeux, lui permettant de mieux scruter Ezekiel, et donc ses réactions. Des prunelles noires qui ne cessaient de bouger de gauche à droite, et de bas en haut. Elle aimait qu'il ait sa main dans ses cheveux, elle aimait être collée à lui, comme si, enfin, elle avait un papa. Sa voix était rassurante, elle l'hypnotisait, en quelque sorte, même si les propos qui sortaient de sa bouche étaient un peu effrayants. Elle se mit à le serrer de plus belle, effrayée par l'idée d'un dieu temps qui pouvait viser tout ce qu'il voulait pour leur faire peur. L'imaginaire d'un enfant est très grand, en particulier lorsqu'il est stimulé par une atmosphère comme celle qui régnait à Cloverfield.

« Je veux pas mourir, Ez'. Je veux pas mourir ! », malheureusement, elle avait vécu dans la rue, et elle savait pertinemment que l'on ne choisit pas l'âge où on meurt. « Je veux sortir de là...on peut vivre ensemble, mais je veux sortir de là ! Et...il n'y aura pas Jezabel...elle me fait peur, elle. Mais on vivra en ville, avec beaucoup d'argent, et on sera heureux ! »

Elle hoquetait, des sanglots venant parfois entrecouper ses paroles.

« Je sais pourquoi il nous a attaqué, le temps...J'ai...j'ai menti. Je voulais te le dire. J'ai menti à tout le monde. Je...je suis pas un petit garçon. Mais ça veut pas dire que j'ai le droit de pleurer. »

Elle renifla un peu la morve qui lui coulait au nez, et, suite à ses actes bien peu ragoûtant, passa sa main sur celui-ci afin d'essuyer le reste avant de se cramponner de nouveau à Ezekiel.

« Quand j'étais bébé, il y a eu un orage comme ça. J'étais toute petite. On vivait dans les égouts et...l'égout a failli déborder ! On a couru, mais y'a Rufus qui s'est pété la gueule et on a dû l'abandonner ! Il est resté dans les égouts et on a jamais retrouvé son...son corps. Après, on a toujours fait gaffe au temps qu'il faisait avant de squatter les égouts. »

Suite à cette histoire mélodramatique digne d'Oliver Twist, Ed renifla de nouveau.

« Tu...tu as un mouchoir ? »
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Ezekiel Haesen

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MessageSujet: Re: 7 jours avant le déluge [Ezekiel]   Lun 27 Mai - 8:14


  7 jours avant le déluge  
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S i Ed était plus fort que ça, s’il avait fait son apparition ici à un âge plus avancé, au mien plus précisément, peut-être qu’il m’aurait briser un truc en se serrant comme ça à moi. Parce qu’il a beau être un petit garçon, il se presse si fort contre moi en ce moment, que je pourrais croire qu’il a envie de partager ma peau. Cela dit, il vaut toujours mieux qu’il se cramponne à moi, que de pleurer, je sais combien c’est douloureux pour l’orgueil de pleurer donc quand il se calme, je suis un peu soulagé aussi. Ma main se fait plus pesante contre son crâne, comme pour le féliciter de ses efforts. Pleurer ne sert à rien, tenté de se faufiler sous ma cage thoracique non plus, mais une leçon à la fois. Je marmonne même quelques mots, étouffé par l’orage et sa respiration encore trop rapide ; C’est bien, respire à fond maintenant… Et ma main continue son petit manège, éparpillant les mèches humides et grasses. Ouais, bah un bain ne lui ferait franchement pas de mal. Après tout, il traine dehors tous les jours lui, il devrait visiter la baignoire plus souvent que pas mal de gens, mais les choses sont ce qu’elles sont ici. Je ne remets pas la politique de la « maison » en doute, jamais. J’obéis simplement, du moins lorsque le temps s’y prête.

Puis je remarque que mon jeune compagnon gigote un peu et je baisse les yeux pour croiser son regard : deux billes foncés qui ne savent pas où se concentrer. Ça me fait sourire un peu plus et je tourne légèrement le visage dans sa direction, signe qu’il a toute mon attention. Sauf que je suis le seul à être détendu en ce moment, même qu’il se met à me dire qu’il ne veut pas mourir et cette fois je ris tout bas en hochant la tête. Je viens tout juste de le rassurer à ce sujet non ? Mais non, il continue, il va plus loin en parlant de sortir d’ici, de s’enfuir et le pire : il m’inclut. J’écarquille aussitôt les yeux, mon cœur rate un battement et je me secoue, sauf qu’il se remet à pleurer et ce qu’il dit est plus ou moins intelligible. Il sait pourquoi le temps nous a punis ? Il a mentit. Ce verbe me coupe le souffle, infiltre un peu de doute en moi, beaucoup de crainte et un soupçon de méfiance. Quel genre de mensonge ? Je fronce les sourcils et ma main cesse tout mouvement contre ses cheveux. Je retiens mon souffle et voilà, la vérité éclate au grand jour : Ed n’a pas un hameçon, mais une palourde. Ça me secoue encore un peu. Merde, c’est quoi ce retour dramatique ? On était bien là dehors à attraper des escargots, ça ne pouvait pas rester comme ça ? Simple quoi. Mais non, évidemment.

Elle pleure, fort, elle renifle mais aussi bien dire que le bruit à lui seul, m’informe que son nez est trop plein pour tout contenir. Alors je soupire simplement et je la laisse terminer, de toute manière elle se serre à moi et parle sans me laisser une chance de la faire taire. Elle me raconte son histoire, la mort d’un type que je ne connais pas et voilà le joli moment dramatique se termine sous sa question. J’inspire un bon coup, fouille dans la poche de mon pantalon et attrape celui que j’ai toujours sur moi pour Lucifel. Tant pis, là tout de suite il n’en a pas besoin. Sauf que je ne le tends pas à Ed, au contraire. Ma main se referme dans ses cheveux et ma main libre se plaque contre sa bouche alors que je le fixe avec sérieux, les sourcils froncés et la mâchoire crispée. Je me penche rapidement et souffle tout bas, mais avec urgence, dans son oreille : Je vais te le donner ce mouchoir, mais en échange tu arrêtes de dire des conneries ! S’enfuir d’ici ? Vivre ailleurs ? Tous les deux ?! Putain, Ed ! Tu veux passer la nuit avec les remords ?! Moi pas ! Alors tes petits fantasmes, tu les gardes dans ta tête ! Il est partit le gentil Ezekiel, mon regard vrille le sien avec colère et aussi inquiétude. Voilà ce que je déteste avec les plus jeunes habitants de Cloverfield, ils disent des bêtises sans le réaliser et lorsque la punition doit tomber, elle happe tout le monde. Or, moi je n’ai pas envie d’être coincé dans ce genre de plan foireux.

J’attends quelques secondes, que la peur brille dans ses yeux foncés, que l’angoisse s’y loge, histoire qu’elle ne recommence pas de sitôt, puis je soupire. Je range le méchant Ezekiel, celui qui fait la morale et je lui mouche le nez moi-même, en secouant la tête de droite à gauche. Les murs ont des oreilles ici… les tapisseries des yeux… tu ne peux pas dire tout ce que tu veux, sans être prête à assumer les possibles conséquences et ici… Je plante mon regard dans le sien, ma main faisant glisser lentement le mouchoir sur le bout de son nez, maintenant propre. Je suis sérieux, moi aussi je dis parfois de grosse bêtise, mais je les assume toute. Enfin, le jour où on me fichera dans un trou avec une des filles de la démone en chef ou de ses remords chéris, je chanterais surement un autre refrain, mais en attendant, voilà je peux jouer le fier, le brave. Ici, les conséquences sont plus terribles qu’à l’extérieur. Tu es une fille intelligente… tu le sais, non ? Oui, je suis convaincu qu’elle est intelligente cette petite et donc, je range mon mouchoir et je m’adosse à nouveau, observant les environs, m’assurant que personne n’a écouté, que rien n’a bougé. Ça ne changera rien au fait, mais je me rassure comme je peux. Ma main reprend alors sa place dans les cheveux de la petite fille et tout en scrutant les environs, je soupire pour reprendre un timbre de voix normal, gentil même : Alors dit moi, depuis combien de temps fuis-tu la baignoire ? Elle te fait peur aussi ?…
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Ed Flat

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MessageSujet: Re: 7 jours avant le déluge [Ezekiel]   Sam 13 Juil - 17:29

Spoiler:
 

La fille tentait de respirer normalement, reniflant de temps à autres pour aspirer toute cette morve qui coulait de manière un peu dégoûtante. Elle se fit toute petite lorsque Ezekiel l'engueula, se mordillant les lèvres et grognant comme seul un petit animal l'aurait fait. Non, elle n'avait pas envie de passer la nuit avec les remords, elle était désolée, désolée que ça se passe comme cela. Par ailleurs, Ezekiel avait accepté le fait qu'elle soit une petite fille, et non un petit garçon. C'était passé comme une lettre à la poste !

Le mouchoir contre la bouche, elle étouffait vaguement. Lorsque la main de l'autre garçon s'enleva de sa bouche, elle toussa, prit une grande respiration. Quelques larmes perlaient encore dans ses yeux, mais elle faisait tout pour les retenir...plus que tout, Ed Flat voulait montrer qu'elle n'était pas couarde, et que même si les Remords lui faisaient peur, elle pouvait tout de même se retenir de pleurer. Les bras de Ezekiel étaient chauds, eux. Sa poitrine d'homme était découverte, mais cela ne lui faisait pas peur, et puis il était gentil, lui : il lui mouchait même le nez. Dans le temps, elle aurait rejeté un garçon comme ça : dans le temps...mais ici, à Cloverfield, si on ne s'entre-aidait pas et n'avait pas des alliés, on était vite perdu, et cela, Ed avait eu le temps de s'en apercevoir, depuis le temps qu'elle errait dans l'orphelinat sans autre connaissance que cette mégère de Jezabel qui, en plus, connaissait sa réelle identité.

Pendant qu'il parlait, elle hochait la tête, presque religieusement, écoutant ses conseils. Elle avait encore un peu de mal à vivre ici, malgré tout ce que son attitude pouvait laisser penser. La musaraigne était quelqu'un qui faisait ce qu'on lui demande, et, au fond, elle espérait sortir le plus rapidement possible d'ici. Par contre, ayant vécu dans la rue, elle était quelqu'un de très pragmatique et avait eu beaucoup de mal à croire à tous ces trucs bizarres, horrifiques, avant de les voir et de se mettre à crier et pleurer comme une enfant de trois ans.

« Je suis un garçon intelligent. », rectifia-t-elle car, même si elle lui avait avoué une fois, elle ne cesserait de vouloir se comporter en garçon. « Et un garçon ne pleure pas ! »

Elle avait vécu comme une humiliation ce moment de son enfance où ce noble l'avait pompée de différentes couleurs, robes à rubans, rubans dans les cheveux. Selon elle, elle ressemblait plus à une guenon habillée qu'à autre chose, dans ces frusques. Pour l'histoire de la baignoire, elle reconnaissait avoir sursauté...tout simplement parce qu'elle détestait les bains, particulièrement ici. Souvent, ils étaient groupés, et elle ne tenait pas spécialement à ce qu'on devine d'office sa vraie nature. Ed était quelqu'un de volontairement secret, qui ne se mêlait pas trop aux autres enfants parce qu'elle avait peur de les voir s'effacer, comme avait pu disparaître les amis de son enfance. Mais tout de même, la baignoire...bien sûr, il y avait une autre raison ! Plusieurs même ! Elle aurait pu sortir qu'elle était allergique à l'eau que l'autre ne l'aurait pas cru : après tout, elle n'avait pas eu de réaction bizarre, tout à l'heure sous la pluie.

« Ha...mais non ! Je...quand j'étais petit, j'ai failli me noyer dans une baignoire ! Maintenant, j'en ai super peur, je vais pas m'en approcher ! »

Elle servait un mensonge différent à tous ceux qui lui demandaient quand elle s'était lavée la dernière fois...

« Je ne me suis pas lavée depuis... », elle fit signe de compter avec les doigts, « Un, deux...deux semaines je crois ! ». Enfin, elle adressa à Ezekiel un sourire de toute la splendeur de ses dents jaunes, comme pour se faire pardonner.

« En fait c'est pas que j'en ai peur, c'est juste que j'aime pas ça, et puis ça me tient chaud ! »

Un agréable rire sortit de sa gorge ; celui d'une petite friponne qui vient de faire une bêtise, elle reprit le mouchoir et se moucha de nouveau. Les remords, l'éclair, tout était oublié. Désormais, elle rigolait bien et ne pensait qu'à bien s'éclater. Elle lança un regard autour d'eux, pensant à ce qu'ils avaient fait avant et au seau...Mince, les escargots, ils avaient oublié les escargots ! Elle regarda les fenêtres, pensant à son travail, à la punition qu'elle devrait recevoir si elle se ramenait bredouille...à l'orage qui sévissait dehors et regarda de nouveau Ezekiel.

« On a oublié le seau...Je vais le chercher ! »
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