A man is the sum of his misfortunes ; Albert



 

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Ezekiel Haesen

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MessageSujet: A man is the sum of his misfortunes ; Albert   Dim 31 Mar - 9:39


  A man is the sum of his misfortunes.  
One day you'd think misfortune would get tired but then time is your misfortune.

Look at your watch now !
M a montre à gousset coincé au creux de la main gauche, j'avance lentement à travers Cloverfield. Depuis combien de temps ? C'est ce que j'essaie de comprendre, les sourcils froncés alors que le temps file, puis se défile, incapable de rester en place et de s'écouler correctement. Je sens que la journée sera pénible. Le temps faisant des siennes, je n'aurais pas d'autre choix que d'en faire de même. Si seulement mon prince m'avait gardé auprès de lui, si seulement il ne m'avait pas jeté comme une vieille chaussette pour s'occuper de choses plus 'importantes', peut-être que je craindrais pas autant les caprices du temps. Bien entendu, j'aurais pu supplier Lucifel de me laisser rester avec lui et Alix, que je saurais me montrer discret, invisible même, comme le temps -mon vieil ennemi-, mais justement le temps m'a rendu inapte à tenter ce genre d'approche. Je ne suis pas dans un état de soumission lorsque les aiguilles reculent et avancent tour à tour, ma tête est trop pleine, mon coeur déborde aussi, comme si mes mécanismes internes s'étaient déréglés. Au fond, je ne suis peut-être qu'une horloge moi aussi, ça m'arrangerais presque en ce moment, car s'il y a une minute je pivotais en direction de la cuisine, je me retrouve maintenant dans le bureau du directeur.

Je déteste lorsque le temps me joue des tours pareilles et c'est un fauteur de trouble, croyez moi. Je grogne donc en découvrant mon nouvel emplacement. Est-ce la faute de mes pieds ? Est-ce la faute de ma tête, du temps ? Je ne sais pas. Je me passe la main droite contre le front, au dessus de mon oeil droit, au dessus du bandeau et alors que je pivote, je le remarque. Avoir un oeil en moins, ça n'a pas de réel avantage, c'est comme être contrôlé par des aiguilles folles, ça vous rater certaines choses, ou presque. Car je le vois bien maintenant que j'ai le bon angle : Albert. Installé confortablement, il travail sur une feuille de papier. Est-ce qu'il écrit ? Est-ce qu'il lit ? Aucune idée, de toute manière je suis déjà occupé a ranger ma montre dans la poche de mon veston, mon oeil fouillant la salle du regard. Il n'y a personne d'autres en vu et à cette heure, les chambres doivent être vides. C'est parfait ! Si j'ai atterris ici, seul avec Albert, c'est que le temps le veut bien. De plus, le temps à rarement pour défaut de se montrer hypocrite avec moi, je savais déjà que je ferais une bêtise, maintenant je sais précisément laquelle.

Est-ce que mon vieil ennemi m'a remarqué ? J'en doute, du moins il n'en montre aucun signe, alors calmement, sans me presser, sans faire de bruit plus que nécessaire, je me retourne et attrape une chaise. Là, elle se retrouve coincée sous le bouton de la porte, la seule sortie de la dite pièce, afin d'empêcher quiconque d'entrer. Évidemment ce n'est pas le temps qui me chuchote quoi faire, mais je sais qu'il m'encourage depuis la poche de mon vêtement, les aiguilles folles dansent et moi je m'approche d'Albert. Notre mésentente date d'il y a longtemps, enfin aussi longtemps que le temps déréglé le permette, aussi je ne considère plus avoir un quelconque besoin d'excuses pour le malmener. Normalement, j'évite simplement de le faire, car c'est l'un des ordres de Lucifel et que j'aime lui obéir. Mais pas en ce moment, pas quand le temps s'amuse et fait des bêtises, là je n'ai rien d'un bon toutou. Tant pis si je mord la main qui me nourris, mon prince à la peau dure. Malheureusement, je n'ai pas le temps de rejoindre Albert que son regard croise le mien. Je laisse tomber un petit soupire, déçu de mon petit effet de surprise raté et je parle d'une voix lente, trainante : Tu sais Albert, plus le temps s'écoule, plus je doute du fait qu'il soit mon ennemi... mais si j'étais toi, je m'inquiéterais sérieusement. Il a même droit à un petit sourire de ma part et je pose une main sur son bureau, ma tête s'inclinant sur la gauche, d'où mon oeil l'observe et fait un rapide inventaire de ses vêtements, de ce qu'il tient, bref de son matériel disponible pour répondre à une attaque de ma part. Parce que mon sourire ne laisse rien à douter à ce que je suis venu faire ici, dans ce bureau, seul avec un vieil ennemi.

Il n'a aucune chance contre moi, même s'il utilise un crayon, même s'il me balance un livre, j'ai confiance en mon agilité, en mes sens. D'ailleurs ce doit être ça l'unique atout de perdre un oeil, le reste est devenu plus alerte, plus instinctif. Ce n'est pas plus mal, car je retire aussitôt ma main, on est jamais trop prévoyant et je contourne plutôt le bureau pour rejoindre cet enfoiré d'Albert. Comment ose-t-il être un membre de l'aristocratie hein ? Comment peut-il avoir l'audace de me voler l'attention de Lucifel ? PIS, d'être l'un de ses jouets favoris. Si la souffrance des autres me stimule à un très haut point, celle d'Albert entre les mains de mon prince, doit me faire presque aussi mal qu'à lui. Maintenant que ma mémoire c'est remise en marche, que le temps m'a rappelé combien l'existence même du brun était superficielle et inutile, je grogne tout bas, m'exprimant d'une même voix grave, menaçante : J'ai du temps à tuer, alors pourquoi ne pas te faire subir le même sort, hein Albert ?

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MessageSujet: Re: A man is the sum of his misfortunes ; Albert   Dim 31 Mar - 12:31

D’un geste las, il avait soufflé sur les papiers qu’il étudiait. Des listes interminables de prénoms et de noms, d’âges et de statuts, des lettres minuscules et sans sens, des existences exterminées. Il avait écrit d’une main soigneuse l’identité des disparus, pour ne pas qu’elle se perde, pour ne pas oublier. Il avait cru que cela fonctionnerait mais, aujourd’hui, c’est à l’évidence qu’il se pliait : de combien était-il capable de se rappeler ? D’aucun. Un ou deux visages, peut-être, mais aucune voix, mais aucun fait. Même dans son esprit à lui, ils avaient disparu. Il avait grimacé, un peu. Il avait pris, un temps, son visage entre ses mains. Ça n’aurait pas dû l’affecter autant. Ça aurait dû glisser sur lui sans l’atteindre. Ça aurait pu. D’habitude, il s’en serait moqué. Pas aujourd’hui. Plus le temps passait, plus il songeait à sa propre présence entre ces murs, à leurs limites, à sa capacité à tenir la distance. Plus les minutes filaient, plus il se demandait jusqu’à quand il serait assez fort pour demeurer intact. Il ne savait pas. Il en avait peur. Plus que tout au monde, il ne souhaitait pas perdre pieds.

Il avait entendu d’une oreille lointaine la clenche de la serrure et le murmure des pas dans la pièce. Il avait pensé à Lucifel ou Malice, autant d’ennuis en perspective. Il avait ignoré le bruit d’un meuble qu’on déplace, avait froncé les sourcils, avait réalisé. Le silence était pour ces deux là une vertu à laquelle il ne tentait pas même de prétendre. Aucune chance que ce soit eux. Il avait bloqué sa respiration, avait compté jusqu’à trois, les os subitement submergé de nervosité. D’un geste apparemment tranquille, il avait tourné la tête vers lui.

En d’autres circonstances, peut-être aurait-il souri.

Albert était de ceux qui restaient droit dans la tempête, de ceux qui, stoïque, regardait droit dans les yeux ceux qui causaient leur perte. C’est ainsi qu’il avait toujours regardé Lucifel. C’est ainsi qu’à présent, il regardait toujours Ezekiel.

De tout temps, il avait détesté cet être. Depuis son arrivée à l’orphelinat, sept ans auparavant. Ça avait été fondamental, viscéral, animal. Il n’avait jamais pu le supporter. Depuis l’arrivée de Lucifel, ça avait été pire. Le Valet se l’appropriait, pensait marquer son territoire, trop d’offenses pour qu’Albert puissent fermer les yeux dessus. Il ne le faisait pas. Il n’avait pas pu.

« Vous ne devriez pas être là, Haesen. » Sa bouche avait pris un pli dédaigneux. « Allez retrouver votre souverain au lieu de m’ennuyer. Je n’ai pas de temps à perdre avec vous. »

Temps. Le mot clé, l’apothéose. Le Temps est assassin, répétait souvent son père, sous la forme d’une prière pieuse. Auparavant, Albert n’avait jamais compris mais, depuis que le temps avait commencé à se bousculer à Cloverfield, la phrase lui avait semblé prendre une autre signification. Dans l’interstice immobile des minutes existaient des prédateurs que jamais il n’aurait pensé rencontrer.

« Serait-ce des menaces, Valet ? » Il le dévisageait sans la moindre pudeur. La peur lui semblait étrangère, alors qu’elle dévorait son ventre de flamme glacée. Il ne le montrerait pas. Il ne le montrerait jamais. Sa voix s’était élevée, forte et inflexible, alors qu’il restait assis : « Je n’ai pas peur de vous, Ezekiel. Allez-vous-en. Vous avez plus à perdre que moi. »

Des paroles, des paroles, et le doute, au fond. Qu’avaient-ils à perdre, chacun, au fond ? Rien. Il ne restait rien, à Cloverfield. Des ruines d’enfants dans une ruine de maison. Des ruines de sentiments dans des ruines de cœurs. Rien. Rien. Rien. La douleur au fond des yeux. D’un geste tranquille, il avait desserré le col de sa chemise. Il s’était demandé au nom de quoi Ezekiel se tenait ainsi devant lui aujourd’hui. Au nom de lui-même ou au nom de Lucifel. Au nom du Destin ou à celui, funeste, de la Fatalité. L’idée que Lucifel ait pu donner les ordres lui retourna un instant l’estomac. Il oublia bien vite.

Il avait une autre bataille à livrer.

Leste, il s’était levé, expédiant la chaise plus loin d’un coup de talons. Face-à-face, nez-à-nez. La solitude dans la pièce, la seule issue, bloquée, ses options étaient limitées. En fait, il n’en avait aucune. À part lutter. À part se battre. Il n’avait aucune raison de se livrer. Il avait relevé le menton, l’avait défié du regard. Sa voix, plate, s’était faite mielleuse :

« Que vas-tu me faire alors, Ezekiel ? Me tuer ? Faire passer cela sur le compte des Remords ? Personne n’y croira. » Un rictus déforma ses traits. « Tout le monde se doutera que tu es le coupable. Tout le monde saura et tout cela n’aura plus de sens. »

Parce que s’il voulait qu’il souffre, le tuer ne servait à rien. Parce qu’on ne souffrait plus, après, qu’on n’existait plus, simplement. Albert n’en avait que trop conscience. Albert voulait y échapper.

Il préférait souffrir qu’arrêter d’exister.

« Alors vas-y, cogne, abruti. » avait-il soufflé.

Derniers mots d'un condamné.

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Ezekiel Haesen

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MessageSujet: Re: A man is the sum of his misfortunes ; Albert   Lun 1 Avr - 3:27


  A man is the sum of his misfortunes.  
As long as there's such a thing as time, everybody's damaged in the end, changed into something else.

Look at your watch now !
S 'il y a bien un truc sur lequel on peut compter de la part d'Albert, c'est de toujours trouver les mots qu'il faut et de les offrir au moment opportun. Est-ce que j'aurais été apte à rebrousser chemin s'il ne m'avait pas accosté de cette façon ? Je n'aime pas me poser de question, mais celle-ci m'effleure l'esprit, mais elle est rapidement effacée par le tic tac de la grande horloge, postée tout près. Le temps recule et j'esquisse un petit sourire. Non, je l'aurais quand même fait, je ne reculerais pas, je dois faire une bêtise. Le temps l'exige et moi, je suis son pantin, je bouge selon les fils qu'il tire et ceux-ci me mènent jusque devant le bureau. Albert est courageux, il me fait face, il me regarde droit dans les yeux, mais je me rappelle vaguement que ma mère disait autrefois que la marge séparant le courage de la stupidité était bien plus fine qu'on pouvait le croire. Alors, Albert est-il brave ou au contrairement, simplement un imbécile fini ? Je ne sais pas, je me contente de sourire à sa question. À quoi bon répondre hein ? Il sait très bien ce que je veux dire par là, il sait pertinemment que je ne suis pas simplement venu l'effrayer, sinon je parlerais davantage. Et le temps file, me questionne et tire plus fort sur mes fils. Les aiguilles accélèrent, je le sens dans ma tête, dans mon sang, mon pouls se rythme à lui et je soupire. Oh Albert, j'ai déjà tant perdu déjà... un peu plus, un peu moins, mais je ne le pense pas vraiment. Je possède des choses que je ne désire pas perdre, comme mon poste ou encore, le peu d'intérêt que me porte Lucifel, mon esprit vient aussi parfois s'ajouter à la liste de mes possessions. Cela dit, avec lui c'est plus délicat puisqu'il fait partit de ses choses qu'on ne possède pas toujours, de ses effets personnels qui se baladent étrangement sans votre avis.

Il se redresse enfin et le temps ralentit un peu, pas beaucoup, mais assez pour que je puisse profiter du spectacle qu'il me donne, au lieu de me presser de l'approcher. Au fond, je suis venu ici dans un seul but Albert ; m'amuser et je compte bel et bien le faire. Est-ce que je souhaite le tuer ? Il me semble que ce serait amusant, je pourrais prendre tout mon 'temps' à le torturer, à faire durer sa mort une éternité, mais je ne peux pas avoir ce dévouement pour lui. Pour Lucifel je le ferais, je pourrais passer des jours à lui donner du plaisir, puis de la souffrance, mais Albert, même s'il se contente de l'un des côtés de la médaille, ne mérite pas tant d'effort. J'ai seulement besoin de faire une bêtise que me chuchote le temps. Il m'amuse Albert, à tenter de me persuader que je ne devrais pas m'attaquer à lui, accuser les remords ne me ressemble pas du tout, alors je secoue la tête et je me retrouve bientôt devant lui. Le temps file tellement vite, c'est fou. J'inspire lentement, puis ma voix enfle doucement dans la pièce, ne soit pas plus bête que moi, évidemment que personne n'y croirait... et puis c'est le temps qui le veut, tu as remarqué comment il était aujourd'hui ? Je suis persuadé que non, trop peu de gens prenne la peine de le regarder sincèrement depuis qu'il n'est plus 'parfait' et 'rythmé'. C'est à croire que même pour le temps, les gens ont de grandes attentes, dès que ce n'est plus assez 'parfait', ça ne vaut plus la peine ? Foutaise.

Je redresse une main, mon index mime le rythme d'une aiguille, puis il s'affole, revient vers l'arrière, avance vite, s'arrête et je souris à nouveau. Ce sourire n'a rien de rassurant, mais le rictus d'Albert non plus. Tout ça n'a pas de sens, tu veux dire. C'est ce que je m'apprête à faire qui lui en donne, en cognant sur Albert, en le bousculant, en l'insultant peut-être même. Le temps ne sait plus quoi faire depuis un moment, dans quel sens se diriger, alors il m'utilise, il laisse retomber la pression que tout le monde lui fiche sur les épaules et moi je m'incline sous ses bonnes volontés. Je ris sous l'invitation d'Albert, qui pareille au temps, exige que je me mette au travail.

Je lève le poing, il s'écrase contre sa mâchoire, mais je sens son corps réagir et je sais déjà que nos corps vont se mettre à danser. Il esquivera probablement le prochain coup, mais ce n'est rien, parce que je serre les dents, prêt à recevoir le premier coup de sa part, mon deuxième poing fonçant en direction de son ventre. Puis je sais que je ne vais pas le tuer, pas ce soir, peut-être même jamais, mais je sais aussi que je vais bien l'amocher. Je dois sentir son corps devenir lourd, je dois le voir perdre équilibre, je veux sentir ses os contre mes phalanges, je dois l'entendre gémir, peut-être même me supplier. Et le temps me laisse le tuer, à défaut d'achever Albert, lui il ne demande que ça. Alors je m'en donne à coeur joie.

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MessageSujet: Re: A man is the sum of his misfortunes ; Albert   Dim 12 Mai - 14:45

Pardon c'est court et en retard et pas très joli et urg.

Il avait vu le cri, comme d’autres voient le loup ; le cri qui enflent et qui s’étend, le cri qui force et qui noie, le cri qui balaie tout sur son passage.
Le cri qui s’étrangle, faiblement, dans les bras de la Douleur.

Le coup qui l’avait atteint à la mâchoire s’était répercuté dans son corps comme si tous ses os avaient été un grand diapason. La douleur avait percé sa peau de milliers d’aiguilles à vif et il avait senti tout son corps partir en arrière sans pouvoir le retenir, comme vidé de sa substance. Il avait paniqué, l’espace d’une demi-seconde, il avait perdu le contrôle. C’est ce qui, plus que la situation, lui fit le plus peur. On ne perdait pas le contrôle, lorsqu’on s’appelait Albert Gillespie. On restait maître de soi. Il avait esquivé le prochain coup presque par réflexe, s’était jeté de côté pour éviter d’avoir plus mal, pour éviter la souffrance ; il avait conscience qu’il ne pourrait pas tenir indéfiniment, il avait conscience, encore plus, qu’il ne pouvait pas fuir dans un endroit aussi restreint. Il cherchait à calculer, sans savoir bien quoi, à prévoir des mouvements qu’il peinait même à imaginer. Il aurait voulu hurler, mais il peinait même à ouvrir la bouche.

Un sanglot avait soulevé, brièvement, le haut de son corps.
Aucun son n’était sorti.
Après cela s’était éveillé l’instinct, animal et violent, brutal et dévastateur.

Ça c’était allumé comme une flamme au cœur de son corps meurtri, comme un incendie dans la terreur. Il l’avait regardé dans les yeux, encore. Il avait gravé chacune des mimiques pour mieux lui faire payer. Il allait survivre à ça, oui, évidemment. Il n’en ressortirait pas indemne, pas intact. Mais il lui ferait payer au centuple, mais il lui ferait vivre l’enfer, mais il n’aurait plus même droit de respirer. Il lui enlèverait tout ce qui comptait, se vengerait, encore et encore. Il le dépossèderait de tout, de son nom, de son titre, de Lucifel, même, peut-être, à terme.

Il le mettrait à terre.

Il s’était jeté sur lui avec l’énergie même du désespoir et de la rage, avait tout largué derrière lui, la retenue et la peur, et avait cogné, avec désordre mais passion, avec les poings, les pieds et le menton. Il avait visé son visage, ses genoux, l’avait poussé, enragé et acculé. Il était de ces proies qui avaient la passion de la vie, de ces animaux sans défense qui s’éveillent avant la curée. Il avait griffé et mordu. Il avait bataillé, avait essayé d’appliquer tout ce qu’il avait pu apprendre sur la lutte durant sa brève vie. Ça avait été rapide, violent, frontal. Il avait fini par s’écarter, aussi vite qu’il le pouvait, pour chercher quelque chose avec quoi le frapper, pour pouvoir voir les coups venir, aussi.

Il avait haleté, misérablement, avait lancé, la bouche pâteuse et le regard fou, malgré la douleur, malgré tout :

« Tu sais que je me vengerais, Ezekiel. Je me vengerais. Je me vengerais. Tu le sais, non ? Que tu vas prendre cher. » Il le défiait du regard en tâtonnant fébrilement derrière lui à la recherche d’une arme, n’importe quoi. « Tu peux me faire n’importe quoi, je te ferais pire. Je vais te ravager, te bousiller. Tu ne seras plus rien. »

Il crachait sa haine et sa fureur et tout son corps exsudait sa rage.
Ses doigts se refermèrent sur le vide. Il sut qu’il était perdu.
Que ça ne servait à rien de se débattre. Que ça ne servait à rien de lutter. Il boirait la tasse, quoiqu’il fasse. Terré dans un coin de la pièce, il attendait la contre-attaque.
Il ne savait que trop bien qu’elle ne saurait tarder.
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Ezekiel Haesen

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MessageSujet: Re: A man is the sum of his misfortunes ; Albert   Jeu 16 Mai - 21:15


  A man is the sum of his misfortunes.  
It has been said, 'time heals all wounds.' I do not agree. The wounds remain.

Look at your watch now !
I l a évité mon deuxième coup, ce n’est pas si étonnant que ça en fait, mais ça me travaille quand même. Albert est plus petit, plus jeune, moins dégourdis que moi et il passe ses journées le nez dans les livres, comment peut-il éviter mon coup hein ? C’est évidemment un affront, il me provoque, il me cherche et bon dieu, il va me trouver ! Je serre les dents, agacé et blessé dans mon orgueil, alors qu’il s’écarte. Là, nos regards se croisent et le sien est implacable, colérique même alors qu’il me voue toute la haine du monde. Parfait, je le lui rends avec une once de vexation. On n’évite pas un de mes coups sans en prendre le double en punition, tant pis si ça ne plait pas à son altesse Lucifel. Mais c’est lui qui se jette sur moi en premier, qui percute mon corps, se débat, cogne avec tout ce qu’il possède. C’est une attaque étrange, loin d’être normale, les gens n’attaquent pas ainsi sauf quand ils sont désespéré ou fou de rage. Ses gestes ne sont pas précis, mais tellement nombreux qu’il arrive à cogner mon nez, qui émet un craquement sinistre, avant de me barbouiller la bouche de sang. Je me retrouve sur les fesses, à même le sol, hébété et cramoisie. Pas de colère, parce que la surprise et la douleur surpasse mon sentiment premier, mais de sang, qui goutte sur ma chemise de plus en plus vite. Il veut donc se battre hein ? Tant mieux ! Je grogne et je me redresse d’un seul bond, un peu maladroit, mais mes bras, bien qu’ils tremblent légèrement, m’offre suffisamment de stabilité.

C’est à mon tour de me jeter à la gorge d’Albert, c’est à son tour de saigner et de souffrir, c’est sa chemise qui sera la plus abîmé, le temps me le chante à l’oreille. J’entends ce que mon ennemi marmonne, mais ses menaces ne font pas le poids face à moi et je continue d’avancer, alors qu’il recule, qu’il tâte le vide en vain. Je finis par sourire, le sang s’infiltrant dans ma bouche, barbouillant mes dents, se logeant contre ma langue alors que je m’allonge, que mon torse trop maigre se bombe et que mes poings se serrent si fort que mes jointures blanchissent. Ah oui ? Tu feras pire ? Ha ha ha ! Attend de voir la gueule que tu auras quand j’en aurais finis avec toi et LÀ, oui là nous verrons si tu peux faire pire ! Détestable morveux, je vais t’apprendre qui est le plus fort de nous deux ! Nouveau grognement de ma part et voilà, ma main lui attrape sa chemise, mon sang l’éclabousse même et mon poing rencontre son ventre. ENFIN ! Je sens son souffle s’échapper, je sens les organes se crisper de l’intérieur et mon poing s’abat contre sa tempe. Là, il doit avoir mal. Très mal. Et je ne m’arrête plus, je cogne encore et encore. Son ventre, sa mâchoire, son nez quand il redresse la tête par réflexe. Le rouge émerge, explose et bientôt il saigne comme moi, mais il a encore l’avantage, il a deux yeux. Alors mon poing s’abat sur son arcade sourcilière droite et appelle le sang. Voilà ce qui peut m’apaiser : le sang. Mon genou s’enfonce dans son entre-jambe et je couine de satisfaction.

Là, un peu engourdis, les poings douloureux et tous les muscles pesants, je me penche à son oreille ; Alors… tu crois toujours que tu vas me ravager, Albert ? Hm ?! Tu crois que.. , je m’arrête pour cracher du sang à côté. J’en ai plein la bouche, c’est assez désagréable, mais je ne regrette pas. Tu crois que tu peux m’anéantir ? Sans les monstres, sans l’affection que te porte mon prince, tu ne peux rien. RIEN ! Tu ne mérites même pas ta place, tu ne mérites que ça ! , je le repousse et lui indique son état, surtout le sang que ses vêtements aspirent avec soif. Du rouge. Oui, ça te va bien, alors je vais t’en recouvrir. Je suis loin d’en avoir fini avec toi. Oh ça non, je vais faire de lui un joli paquet cadeau tout enveloppé de rouge et de violet, pour que mon prince ait enfin une bonne raison d’apprécier ce prétentieux. J’ai soif de sang, je vois rouge et ça n’a rien à voir avec le sang, je veux simplement nourrir la bête en moi, le temps semble d’accord. Je cherche déjà à quel endroit je vais terminer l’humiliation d’Albert, parce que le battre ne me suffit pas. Je dois aussi le souiller, le rabaisser plus bas que le sol. Si le prince y a survécut il y a quelques années, je doute fortement que son cher Bertie soit de la même trempe. Il n’a qu’à disparaitre, ici il n’y a de place que pour les plus forts.
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MessageSujet: Re: A man is the sum of his misfortunes ; Albert   Ven 24 Mai - 22:33

Effondrement.

Ses os s’étaient entrechoqués, ses muscles, déchirés. Tout son corps avait semblé subir un repli sur lui-même, un hoquet déchirant, un tremblement de terre. Ezekiel parlait, et il n’entendait rien.

Il n’était plus.
Il n’était
rien.

Son souffle s’était saccadé, coupé, entrecoupé, et un spasme brutal avait étendu la moindre part de son corps. La douleur vrillait son visage, son ventre, sa colonne vertébrale. La douleur l’assommait, l’étouffait. Il s’était senti mourir à petit feu, s’était demandé, du fin fond de sa conscience meurtrie, s’il reverrait, un jour, la lueur du soleil, le sourire moqueur de Lucifel, les yeux furieux de Caprice, les rails de train du couloir de l’Orphelinat, le verger rouge et le bureau empoussiéré du directeur. Il s’était demandé s’il s’inclinerait à nouveau devant le Sycophante, s’il craindrait un jour de plus les Remords. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Le bruit effrayant de ses os brisés résonnait entre les parois de son crâne. Ses doigts s’étaient crispés, en un dernier réflexe fébrile, sur le parquet, faible et haletant. Ca avait claqué au creux de ses omoplates, à bout de force, il s’était effondré face contre terre, entre conscience et coma, aux frontières du sommeil.

Dans un dernier sursaut fébrile, un filet de voix, douloureux et hoquetant, avait percé la barrière de ses lèvres :

« Je te détruirais. Ne me crois pas si ça peut te rassurer. Mais le dernier qui rira ce sera » Un gémissement pitoyable franchit ses lèvres alors qu’il tentait, faiblement, de reprendre contenance. « Ce sera moi. »

Faiblement, les bras tremblant, il tenta d’utiliser ses dernières forces pour se redresser. Sans succès. Hoquet violent. Heurt. Le visage qui s’écrase sur le parquet et les forces, qui s’évaporent. L’envie de pleurer. Réduit plus bas que terre, à cracher du sang comme on crache sa haine, à serrer les poings. D’un mouvement sec de la hanche qui lui arrache un geignement de douleur, il se renverse, s’expose, dos au sol, face à lui, face au diable et à ses déraisons. Et les vagues de douleur enflent et refluent, lui font perdre la tête, tordent et distordent ses sens. Il ne sait plus quoi faire. Il ouvre grand la bouche, comme une menace moqueuse d’hurler à l’aide ; il n’en fait rien. A la place, il lui crache au visage.

« Tu ne peux pas me briser. »

Une rebuffade, une moquerie, une fierté supplémentaire. Personne ne le briserait. Ni Ezekiel maintenant, ni personne plus tard. Il demeurerait, droit, fiable, il marcherait, il écraserait tout, il asservirait chacun. Plus jamais il ne se retrouverait en position de faiblesse. Plus jamais, il ne laisserait une situation pareille arriverait. D’un geste provocateur, il avait renversé la tête en arrière, offrant au regard sa gorge déjà blessée. Et sa tête tournait, et il n’avait plus peur, à crever ou à vivre, il trouverait satisfaction.

Il reviendrait se venger. Il reviendrait le hanter. Il reviendrait le blesser. Il reviendrait le briser.
Il reviendrait le tuer.

Demain, dans dix ans ou dans cinquante, même s’il devait attendre un siècle pour. Il serait au détour d’un couloir, au-dessus d’une porte, dans son dos, dans son ombre, à guetter, à attendre, à fomenter. Il bâtirait les plus beaux complots pour le faire chavirer, frapperait au moment même où il s’y attendrait le moins.

Jamais il n’oublierait.
Jamais il ne lui pardonnerait.

Il avait claqué mollement de la langue. Sa voix était rauque et épuisée lorsqu’il avait soufflé :

« Tu n’es qu’une tâche dans mon existence, Ezekiel. J’aurais Lucifel quand toi tu n’auras plus rien. »

Et tout irait bien.
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Ezekiel Haesen

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MessageSujet: Re: A man is the sum of his misfortunes ; Albert   Mar 28 Mai - 4:14


  A man is the sum of his misfortunes.  
There's catastrophe in everything I'm touching, as I sweat I crush you.

Look at your watch now !
D étestable et agaçant, voilà ce qu’Albert m’inspire en ce moment, alors qu’il se trouve au sol, mais qu’il trouve encore la force de me menacer. Il se moque de moi, il me sous-estime, pire même, il se surestime. Mes mains me font mal à force de serrer les poings aussi forts et tout ça, c’est de sa faute à lui. Il sera le dernier à rire selon lui, foutaise ! Le seul qui puisse rire ici, c’est moi ! Alors je grogne et je lui enfonce mon pied dans les côtes, l’aidant dans son élan, pour se retourner sur le dos. C’est là que mon rire fuse, trainant, un peu essoufflé. Parce que si je suis le meilleur combattant de nous deux, je n’en suis pas non plus un grand habitué. Je suis valet, pas chevalier et encore, même chevalier je ne me battrais pas tout le temps. Alors je m’épuise un peu, mais l’adrénaline me suffit. Ha ha ha ha ! Tu entends ça ? Tu entends ?! C’est MOI qui ris, c’est MON rire qui résonne ici ! ÉCOUTE ! HA HA HA HA! Et je le laisse résonner dans la pièce, j’en tapisse mes oreilles comme les adultes laisse le bon vin hanté leur palais, lorsqu’il déguste une bonne bouteille. Je savoure ma victoire oui, je m’enroule dans le manteau de la satisfaction et je sais déjà que je serais le grand gagnant de ce combat nous opposant. Je n’ai peut-être pas encore gagné la guerre, celle qu’Albert rêve tant d’obtenir, mais cette bataille ci, elle est mienne.

Puis, il m’arrache même ça l’insecte. Il se retourne, me regarde, souffre devant mes yeux et décide qu’il ne peut pas se tenir tranquille pour une fois, évidemment que non. Il ouvre grand la bouche, la mienne s’étire dans un sourire un peu angoissant au fur et à mesure, sauf que ce ne sont pas des cris qui fusent de sa bouche. Il me refuse mon prix, il remet en cause ma victoire et m’annonce que je ne peux pas le brisé. Oh, il est si fier, allongé là devant moi. Il a mal, mais il continu de se battre le brave petit soldat. Sauf qu’Albert n’est qu’un enfant, personne ici n’est réellement un soldat, nous n’avons qu’un prince, le reste n’est que des illusions et des jeux d’enfants, des cauchemars vivant. Je grimace donc sous sa remarque, dégouté et fâché à la fois. Ma voix est rauque, enroué par la colère, mais teinté d’un avertissement bien réel : si tu ne la boucle pas Bertie, je vais te massacrer. La ferme Albert… la ferme. Sauf que j’avais déjà prévu de le massacrer non ? Alors au fond, il ne fait que s’assurer que je tienne ma part du contrat : lui faire mal. Très mal. Mon pied retourne contre son flanc, cogne fort et je sens son corps vibrer. Là, souffre salaud ! Cri, pleure, grimace, ne bouge plus et surtout, ferme-la ! Mais il n’arrête pas, il me provoque encore, comme si soudain il avait cette envie urgente de mourir. Après tout, c’est peut-être le cas, parce qu’il ose me parler de Lucifel. Nuance, de MON Lucifel et là, ma colère se transforme en rage froide. Fini la pitié, j’ai perdu assez de temps.

J’ai dit LA FERME ! FERME-LÀ, FERME-LÀ ! FERME TA PUTAIN DE GUEULE BERTIE ! Cette fois je lui grimpe dessus, à califourchon et je lui attrape le visage a deux mains, la droite s’enfouissant dans ses cheveux pour les lui tirer, l’autre se referme contre sa nuque alors que je lui cogne le crane contre le sol. Le plancher est dur, mais je ne peux pas le faire bien longtemps, les gens en dessous s’inquiéterait. Alors je me contente de trois bons coups et je grogne, me penchant pour lui enfoncer mes dents dans le cou. J’espérais trouver la jugulaire, mais sincèrement, je ne connais rien en la matière, donc je la rate. Mais je mords fort et comme un animal, je trouve le sang, je m’en barbouille la bouche comme les petites filles qui vivaient sur ma rue aimaient essayer les bâtons de rouge de leur mère. Saigne, souffre… crève même. Lucifel est à moi… Et je gruge la plaie, je m’assure qu’elle soit vilaine, que sa blessure ne puisse pas guérir sans un pansement. Peut-être que sa plaie s’infectera tien, peut-être qu’il va mourir à petit feu, fiévreux et inutile. Parce que si je suis certaine d’une chose, c’est que Lucifel n’acceptera pas de garder son cher Bertie près de lui, une fois qu’il ne servira plus à rien, sauf à donner du boulot aux responsables des fosses.

Puis il y a trop de sang dans ma bouche, le goût métallique me soulève le cœur et je suis forcé d’abandonner sa blessure. Je l’observe donc, alors qu’il respire vite, comme un petit animal et ça lui va plutôt bien. On dirait une petite souris souffrante et ça me fait sourire un peu, ma main droite glissant contre ma bouche pour l’essuyer du revers de la main et du bras. Tu as mal… bien. Très bien même, mais je n’en ai pas encore fini avec lui et là, je tire sur mon pantalon et le déboutonne. Il réalise ce que je sous-entends ? J’observe attentivement son regard, je veux qu’il écarquille des yeux, je veux qu’il se débatte, mais je ne compte pas trop sur l’idée qu’il puisse me supplier. Albert ne fait pas le poids, mais ce n’est pas une fillette, pas entièrement du moins. Il me tiendra tête, du moins j’ose l’espérer. J’adore jouer avec ma nourriture. Je me lèche donc les lèvres et je tire sur sa chemise, faisant sauter quelques boutons sous la violence de mon geste. Le goût de nos sangs se mêle dans ma bouche et je crache à nouveau sur le côté, pour me pencher au-dessus de son visage et lui sourire, cruel comme seul je peux l’être avec ce garçon ci. La haine, c’est comme la peur, c’est souvent viscéral et difficile à expliquer.

Et maintenant… je vais mettre mon odeur partout sur toi… parce que finalement, la mort ce serait trop bien pour toi Albert. Il vaut mieux que tu vives… amoché, souffrant et peut-être même fiévreux, mais surtout… Ma main droite lui tourne le visage pour qu’il plante son regard dans le mien et je souris un peu plus, soufflant de l’air à la légère odeur de sang contre son visage. Surtout marqué par moi. Maintenant tout est clair dans ma tête, je veux que chaque fois qu’il ferme les yeux, il ne puisse être en paix. Qu’il me sente même quand je suis absent, qu’il ne puisse oublier l’affront subit, que sa haine pour moi devienne douloureuse. Pas comme j’aime faire le mal pour ou sur Lucifel, l’humiliation que je lui réserve n’a pas une once d’amour ou d’admiration, elle ne contient que de l’amertume et de l’animosité. Je veux gagner et je gagnerais. Ma main libre se pose donc contre sa gorge, je le clou au sol, l’un de mes doigts s’enfonce même dans sa blessure et je ris tout bas, alors que je me soulève lentement de sur lui. De mon autre main, je tire sa chemise et voilà, je me penche et je lape son estomac.

Il est jeune, comme mon prince, mais sa peau n’a pas le même aspect satiné, elle est blanche et appétissante, mais elle n’a pas son parfum à LUI et de ce fait, ce n’est pas aussi bien. Je lèche donc avec attention, mordille la peau jusqu’à faire rougir la peau et me montre particulièrement sauvage avec son mamelon droit, sur lequel je fais perlé un peu de sang. Aussi bien dire que je m’amuse bien. Ça n’a rien à voir avec la première fois de Lulu, lui il avait démontré une certaine inclinaison pour le sujet alors qu’Albert n’aurait jamais fait ça. Ce sera pire. Lucifel ne s’en est pas remis en quelques heures, j’ose donc espérer que son cher duc prendra tout son temps pour encaisser le choc. Je vais te souiller Albert… je vais te briser et tu vas saigner… comme les filles. Pourquoi prendre la peine de lui parler ? Pour lui faire peur, pour l’angoisser, parce que lui faire du mal ne sera jamais aussi délicieux que de le torturer.
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Albert Gillespie

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MessageSujet: Re: A man is the sum of his misfortunes ; Albert   Mar 8 Oct - 10:09

Pour la beauté du geste, ce rp fait tout pile 666 mots. Voilà voilà.

Se la fermer, c'était bien une chose qu'Albert Gillespie n'avait jamais su faire. Il avait besoin de parler, de cracher, d'avoir le dernier mot, parce que c'était tout ce qu'il avait, tout ce qu'il lui restait. Parce qu'il savait, aussi, qu'il savait trop bien. Qu'il avait raison et que l'autre avait tort, qu'il était dans son bon droit, qu'Ezekiel lui-même méritait la mort. Il aurait aimé qu'il le tue, qu'il l'achève, qu'il se stoppe. Il avait imaginé son cerveau répandu sur le parquet, son crâne, fendu, les arrêtes discontinues des os de son crâne, dispersés, sanguinolent, sur le bois brut du bureau. Il s'était demandé si Lucifel garderait son crâne, une fois qu'il serait mort. S'il serait un Hamlet, un acteur de théâtre, enfin, plus qu'un metteur en scène. Il espérait qu'il le garderait près de lui. Inconscient, il l'entendait à peine, entre deux brumes de rêve. Il savait pourtant qu'il ne s'arrêterait pas là.

Mourir était trop facile ; Ezekiel était un prédateur, une bête. Il avait besoin de jouer. Cela, le Baron l'avait bien compris. Il s'était concentré, pour rouvrir les yeux, incapable, pourtant d'articuler un mot. Il ne l'avait pas lâché des yeux, lorsqu'il lui avait fait tourner la tête vers lui. Il ne lui ferait pas ce plaisir. Même si sa situation était désespérée, Ezekiel ne lui faisait pas peur, jamais. La Mort lui faisait peur, disparaître, lui faisait peur, oublier, lui faisait peur. Ezekiel, pas. Ezekiel n'était que l'instrument de sa propre vie. Il ne décidait de rien, ne faisait rien par lui même. Il était l'artisan de ses pulsions, l'esclave de son propre esprit ; il n'avait rien à craindre de lui.

La force brute n'était que la démonstration indécente de sa folie.
Albert ne craignait pas la folie.

Il avait senti les mains se glisser sur lui, il avait senti la douleur, et le sang, toujours le sang, le sang encore. Au creux de son estomac quelque chose s'effondrait. Il avait hésité, n'avait pas détourné les yeux. Il méprisait Ezekiel, de croire s'en prendre à lui, quand c'est son corps qu'il blessait. Son corps n'était pas lui, il n'était pas son corps. Le corps était un instrument, le corps n'était qu'un moyen. Il souffrirait un temps, n'oublierait pas, se vengerait. Mais il ne vengerait pas ses blessures. Il vengerait son ego, il vengerait l'humiliation, il vengerait l'impuissance. Rien de plus. Rien de moins.

Au fond de ses yeux, c'était une haine sans borne qui brûlait. Il le détruirait. Il le réduirait en miette. Il le ferait lui même, pas en main propre, c'était trop d'importance lui accorder. Mais il le ferait. Et il s'arrangerait pour qu'il sache d'où le retour de flamme venait. Il s'arrangerait pour que pas une fois, Ezekiel n'ait de doute sur son identité. Il deviendrait son cauchemar, ramperait dans ses craintes les plus noires, enfoncerait ses mains dans la boue noire qui le composait jusqu'à lui arracher cœur et cerveau pour mieux les réduire en miettes.

Il le ferait, il le ferait. Il le ferait souffrir comme il le faisait en ce moment-même.
Il le rendrait malade au point même que plus rien n'aura de sens.

Sans lâcher Ezekiel des yeux, Albert pleurait et gémissait, éperdu de douleur et de révulsion. Entre deux hoquets de souffrance, il avait répété :

« Tu ne peux pas me détruire. »

Les sanglots affluaient de plus belle.

« Tu ne peux pas. Tu ne peux pas. Tu auras mon corps, pas ma tête. »

De violents spasmes secouaient ses muscles pour mieux rejeter l'intrus, pour mieux le repousser.

« Tu n'auras rien. Tu ne m'auras pas. Tu ne peux pas, tu ne peux pas, tu ne peux pas. »

Il avait tenté de se redresser avant que ses blessures ne l'électrisent des pieds à la nuque. Comme une poupée de chiffon, son corps s'effondra sur le sol.

Il n'y avait plus rien.
Plus rien à faire.
Plus rien à dire.
Plus rien à défendre.
Plus rien à sauver.
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A man is the sum of his misfortunes ; Albert

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