Tout le temps de vous aimer, nous irons nous déguiser ▬ Lucifel.



 

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 Tout le temps de vous aimer, nous irons nous déguiser ▬ Lucifel.

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Alix V. McAndrew

Princesse du Trèfle
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♣ Princesse du Trèfle ♣


Rang : Princesse.
Totem : Lynx.
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Pseudo : Poppy.

Once upon a time
Âge du personnage: 13 ans.
Date d'arrivée à Cloverfield: 4 Octobre 1940

MessageSujet: Tout le temps de vous aimer, nous irons nous déguiser ▬ Lucifel.   Jeu 15 Nov - 22:48

Tout le temps de vous aimer, nous irons nous déguiser.


    Les yeux d’Alix pétillaient. S’il existait bel et bien une pièce où elle se sentait dans son élément naturel, c’était sans aucun doute le théâtre. Bien sûr, la petite adorait passer des heures et des heures dans la bibliothèque de l’orphelinat, mais contrairement à ici, elle ne pouvait pas s’y donner en spectacle. Mais la représentation de l’Aristocrate était bien différente des pièces auxquelles on pouvait s’attendre. Non, elle n’allait point réciter le fameux « Être ou ne pas être » d’Hamlet, et n’allait pas non plus jouer une quelconque scène. Non. Même si, à ce moment là, elle était la reine du théâtre, ce n’était pas pour jouer la comédie. Tout du moins, c’est ce qu’on pouvait imaginer.

    Depuis son plus jeune âge, la famille McAndrew avait initié leurs enfants aux arts nobles ; que ce soit la danse, la musique, la peinture, l’art oratoire, le théâtre, les jumeaux avaient tout appris, et étaient à présents de parfaits ambassadeurs de la culture artistique de tout le Royaume Uni. De toutes ces disciplines, Alix s’était trouvée quelques vocations. Il y avait bien entendu la danse, où elle excellait et la musique où elle faisait des merveilles, mais parmi tous ces enseignements, il s’était avéré que Blanche Neige avait un don naturel pour l’élocution. Très tôt, dans sa jeune enfance, elle avait tout de suite commencé à gazouiller, avant d’enchaîner rapidement sur des mots de plus en plus complets. Ses parents auraient peut être dû interpréter ça comme un signe, mais quoi qu’il en soit, Alix était plus brillante pour ce qui était de se faire entendre.
    C’était peut être cette aisance qui avait d’elle ce qu’elle était à présent : une hypocrite. Même si elle voulait cracher des vipères, les moindres mots qui s’échappaient de ses lèvres étaient d’une douceur mielleuse, et sucrée. Alix avait appris à manier sa langue et ses paroles, afin d’enrober la moindre phrases d’une épaisses couches de mensonges. Ses moindres pensées, ses moindres mots, aussi calomnieux soient ils, étaient transformés inexorablement en un petits bonbons mièvres et doucereux, qui vous empoisonnaient peu à peu.

    C’était aussi un peu pour ça qu’Alix aimait le théâtre. Elle savait s’y prendre, voilà tout. Elle savait convaincre, elle savait hausser le ton, elle savait parler. Si bien qu’on ne savait plus dissocier le vrai du faux. Jouait-elle la comédie, ou était elle sincère ? Voilà ce qu’elle aimait ; brouiller les pistes, perdre son vis-à-vis. C’était comme un jeu pour elle, un jeu où elle avait constamment le dessus. Un peu comme le lynx qui joue, donne des coups de pattes, à sa proie, déjà fébrile, avant de la dévorer.

    Quoi qu’il en soit, la jeune écossaise avant pénétrer les lieux du petit théâtre, l’air confiant. Mais pour une fois, elle n’était point seule. Lucifel, chose rare, l’accompagnait cette fois-ci. Pourtant, peut être que cela allait devenir une habitude ? Un sourire rayonnant s'étirait sur le visage de poupon de l'enfant. Et pour cause, la mort d'Amity ne l'avait point chagriné, elle n'avait retenu que le meilleur : la voilà enfin Princesse. Depuis le temps qu'elle attendait ce couronnement, qu'espérer de plus à présent ?
    Elle posa son regard pétillant et malicieux sur Lucifel, avant de fendre le silence.

      « Imagine toi : tu découvres cette pièce, en état d’origine, pour la première fois. Comment réagirais-tu ? »


    Le jeu commençait pour de bon, la partie était lancée. Maintenant, c'était elle, c'étaient eux qui tiraient les ficelles. Et ce n'était pas pour lui déplaire.
    Un sourire lui fendit son visage de poupée, laissant apparaître quelques quenottes blanches. Ce n’était pas ce sourire carnassier qu’elle pouvait parfois avoir, non. Celui-ci était plus doux, presque rieur. Elle se délectait de cette nouvelle situation. Elle s’amusait d’ors et déjà de la partie à suivre.
    La jeune enfant jeta un bref coup d’œil autour d’elle. Même si elle connaissait parfaitement les lieux, elle ne put s’empêcher de les imaginer autrement. De longues tentures, de grands rideaux rouges, du velours sombre, des sièges brodés, des coulisses pleines de parures… Son esprit entier foisonnait d’idées nouvelles. Alix se précipita alors vers la scène, faisant claquer sur le vieux parquet, la semelle de ses chaussures cirées. Elle gravit à toute vitesse les escaliers, et se retrouva au milieu de l’estrade. La vision d’ensemble était plus intéressante et complète, d’ici. Là où elle déposait ses yeux bleus, tout commençait à prendre vit, à recouvrer ses couleurs d’antan. Les rires des enfants résonnaient, tandis que les applaudissements sourds des adultes envahissaient peu à peu son imagination.
    Blanche Neige ne put à cet instant, s’empêcher de se souvenir de ce fameux jour. Son premier gala de danse, là où, pour la première fois, elle fût réellement confrontée à la scène, et aux regards des autres. Ce soir là, elle avait briller, et avait parfaitement porter son nom de danseuse étoile. Et là, elle revoyait les gens se lever de leur siège, l’applaudir, lui lancer quelques jolies fleurs, et sourire jusqu’à s’en décrocher la mâchoire. Elle revoyait aussi son père, fier de lui et surtout d’elle, dire à toutes les personnes autour de lui « C’est ma fille, bon sang ! Ma petite fille ! » De mémoire, elle n’avait jamais vu son père aussi fière.

    D’un geste de la tête, elle chassa ses vieux démons de son esprit. Lucifel réapparut devant lui, et contrairement aux fantômes de son passé, lui était bien vivant. Un sourire se dessina sur ses lèvres, comme pour prouver au garçon que tout allait bien. Tout allait bien, oui.
    La jeune fille fila dans les coulisses, d’un pas déterminer, comme si elle savait précisément ce qu’elle voulait. Un vrai capharnaüm s’offrait devant elle, et des quantités impressionnantes de vieux costumes et accessoires s’entassaient devant elle. Elle se saisit d’une vieille robe, trop grande pour elle, et réapparut sur scène. Elle plaqua le bout de tissu contre elle, enleva les quelques grammes de poussières, et tournoya.

      « Imagine. Une grande robe rouge, avec plein de dentelles, une salle pleine à craquer, avec une foule de personne venues pour nous voir ! »


    La fillette gloussa à cette idée. Après tout, retrouver les planches de la scène ne lui déplairait pas plus que ça.

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    Et au sud de mes peines j'ai volé loin de toi,
    Pour couvrir mon coeur d'une cire plus noir.
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